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Une idée de départ intéressante.
Une série de leçons de morale insupportable...
Quelques uns des plus grands cinéastes internationaux réunis...
...pour un collectif pesant, théorique et rébarbatif.
Pourquoi se priver des images de six vrais auteurs-filmeurs en quête de sens et de sensations ? Aucun ne nous parle vraiment de l'état du monde et c'est tant mieux. Chacun nous parle de l'état de son monde et c'est cela qui est passionnant.
C'est parfois trop court ou parfois trop long : le propre des films collectifs. Mais c'est la loi du genre et il faut voir avec.Six cinéastes mondialement reconnus comme d'importants auteurs « radicaux » (Chantal Akerman, Wang Bing, Pedro Costa...) ont la lourde tâche, commandée par la Fondation portugaise Calouste Gulbenkian, de présenter leur vision du monde contemporain dans une série de courts métrages, réunis ici dans L'Etat du monde. Les Cahiers du Cinéma souligne l'absurdité d'une telle démarche : « L'état du monde en six fois quinze minutes ? Tâche impossible à laquelle toute tentative de scénarisation donne des accents maladroitement comiques ». La revue est pourtant plus qu'impressionnée par la force de Luminous People du thaïlandais Apichatpong Weerasethakul et la perfection de Tarrafal du portugais Pedro Costa.Pour Les Inrockuptibles, c'est le dernier segment, signé Chantal Akerman, qui sauve ce « film victime de l'inégalité inhérente aux projets collectifs ». C'est aussi le préféré de Libération, qui s'étonne de ne voir aucun américain au casting de cette Mission Impossible. D'autres sont moins sensibles aux sommets particuliers d'une œuvre condamnée pour ses défauts d'ensemble. CinéLive rappelle ainsi que, « souvent séduisants sur le papier, les films à sketches le sont rarement à l'écran » : ici, « le résultat est insupportable plutôt que radical ». Le Monde reproche de même au film de « donner l'impression d'avoir servi aux plus célèbres à recycler des rushes ou à financer de petites expérimentations en vue de travaux à venir ». Même son de cloche dans Studio, qui considère que L'Etat du monde rate le constat sur l'état de notre civilisation mais permet d'en dresser un sur celui d'un certain cinéma d'auteur : mis bout à bout, celui-ci devient indigeste. Le Figaro se fait plus direct : « On s'ennuie vite », déclare de manière lapidaire le quotidien. Mieux vaut donc découvrir les films des cinéastes ayant participé à ce projet, jugé globalement raté, de manière indépendante, plutôt que d'aller voir ces courts samples de leur œuvre.