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Même pas peur.
Un parti pris original de relecture du film catastrophe.
Tout ça pour ça : c'est Le Projet Blair Witch mal réchauffé.
C'est toujours amusant de voir un monstre piétiner une grande ville.
Le procédé horripilant de la fausse caméra vidéo portée par un imbécile.
Un principe de narration assez original...
... mais privilégiant le spectaculaire au suspense.
La mise en scène façon docu-réalité orchestrée au détail près.
Le monstre en gros plan à la fin pas beau et inutile.
J'aimerais avoir la grosse bête pour relancer les mauvais payeurs.
Les vingt premières minutes, trop remuantes, donnent la nausée.
Une nouvelle référence en matière de film de monstres.
Vite balayé par la critique américaine, exaspérée par le buzz créé autour du film, Cloverfield est bien mieux reçu par la presse française. Marc Toullec de Ciné Live ne cache pas sa joie devant la découverte du résultat : « Cloverfield est un film catastrophe, qui ne se dévoile que pour le bonheur du téléspectateur ». Il salue aussi la contemporanéisation du genre, tant formellement (le film est filmé en caméra subjective, pour former « un témoignage brut à la Blair Witch ») que thématiquement (il s'agit d'une représentation des peurs de l'Amérique post 11 septembre). L'Ecran fantastique n'y va pas par quatre chemins : « Cloverfield est le meilleur film de monstre géant depuis The Host et le meilleur film de science-fiction depuis La Guerre des mondes de Spielberg ! » Même son de cloche dans Les Inrockuptibles qui souligne l'efficacité de ce premier « home-blockbuster de l'époque YouTube » : « En 80 minutes sèches comme un coup de trique, nous assistons à la remise à zéro d'un genre qui traverse le cinéma depuis ses origines. » Télérama confirme l'efficacité de l'attaque : « Le procédé cinématographique a beau être systématique, il se révèle riche et efficace. » Un peu plus ironique sur l'importance du métrage, les Cahiers du cinéma souligne tout de même le bon rapport qualité/prix d'un « blockbuster astucieux, où New-York est détruit pour la modique somme de 30 M$, soit un peu plus de la moitié du budget des Bronzés 3. » Le Monde se rapproche par contre de la critique américaine, en saluant le marketing « viral » intelligent de J. J. Abrams, mais en descendant le film de Matt Reeves, considéré comme une « nouvelle espèce de film jetable, un remake de Godzilla réalisé avec des moyens techniques d'une petite caméra numérique. Le résultat est un instant intrigant mais sombre très vite dans le conformisme. » Libé est pareillement émoustillé par la « promo sous forme de jeu de piste sur le Net », mais s'avoue déçu par « ce film d'action trop attendu. » Loin de se faire détruire, Cloverfield intrigue dans l'ensemble la critique hexagonale, qui voit en lui le prototype d'un nouveau genre de film hollywoodien, tant économiquement qu'artistiquement.







