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Bataille à Seattle

 
 
 

L'avis de notre panel Bataille à Seattle - 3,5/5 (3,40)

  • Jean-Philippe Guerand - TéléObs Bataille à Seattle - 4,00/5
  • Les plus Un sujet fort où la fiction se nourrit du documentaire.
  • Les moins La galerie de personnages fait un peu film catastrophe hollywoodien.
  • Gérard Delorme - Première Bataille à Seattle - 3,00/5
  • Les plus Vision claire d'un sujet complexe. Pas mal pour un premier film.
  • Les moins Manque (pardonnable ) de profondeur.
  • Caroline Vié - 20 minutes Bataille à Seattle - 3,00/5
  • Les plus Efficace par son message.
  • Les moins La structure en puzzle est trop classique.
  • Thierry Chèze - Studio Magazine Bataille à Seattle - 3,00/5
  • Les plus La sincérité de Townsend et la qualité de la photographie.
  • Les moins
  • Rebecca Leffler - The Hollywood Reporter Bataille à Seattle - 4,00/5
  • Les plus Un film ambitieux et dans son sujet et dans son style. Townsend réussit à dresser une carte postale vivante et violente de la ville de Seattle. Un très bon premier film.
  • Les moins
 
 

Revue de presse

Pour Bataille à Seattle, la presse s'est «engagé» avec Stuart Townsend, approuvant les louables intentions du premier effort du jeune réalisateur. Une grande majorité s'est rallié aux propos, passant souvent outre des faiblesses de réalisation. La phrase caractérisant le mieux le film vient de L'Express: «c'est du cinéma indépendant, engagé, aussi efficace qu'un blockbuster hollywoodien». On parle de maladresses mais qu'il faut voir et aimer. Tout le soucis d'un film dit «militant», comme le souligne judicieusement Le Figaro : «le défaut intrinsèque du film engagé: l'idéologie qui accompagne l'image l'affaiblit parfois par manque de distance d'objectivité». C'est bien, d'un côté, on a les «gentils» Ciné Live, Le Nouvel Obervateur, L'Express et Studio. De l'autre, les «redoutables» Inrockuptibles, Libération, et Télérama. Et au milieu, Le Figaro.

 

Chez Studio, on adhère mollement à la démarche de Townsend, surtout pour un premier film, qui «n'a pas choisi la facilité en se plongeant dans les méandres de la lutte alter mondialiste contre l'Organisation mondiale du commerce», sans vraiment rentrer dans les détails, mais nous informant qu'un engagé, c'est vachement bien («engagé mais juste»), tout comme Ciné Live, enfonçant le clou avec «son film puissant et engagé». Quid de la réalisation, de la «patte» du réalisateur? Studio et Le Nouvel Obs concèdent des «imperfections» et «quelques facilités d'écriture», mais «convaincant», mais c'est le Nouvel Obs qui parle le mieux du point de vue se démarquant des images TV, la force du film étant «dans le mélange d'images d'archives et de scènes reconstituées», en éclairant l'évènement «traité de manière simpliste par les médias tout en montrant de quel côté penche son engagement et en pointant les dérives» (Studio). Quant à Ciné Live, on est sous le charme, où on lâche les superlatifs flatteurs, le film étant «une galerie de portraits vibrants d'humanisme», se permettant une petite analyse de la mise en image, pointant, avec L'Express, «une maîtrise» omniprésente, du «scénario à la fois simple et ciselé à la mise en scène», à l'aise dans tous les registres, «des séquences d'émeute d'une violence saisissante aussi brillamment que des scènes plus intimes». Mais ce n'est rien comparé au lyrisme enflammé du Nouvel Observateur, haranguant ses lecteurs comme s'il était sur les barricades de Mai 68: «Bataille à Seattle prouve, avec verdeur, que l'héritage de Mai-68 n'est pas enterré». Il semblerait que le journal est celui qui a le mieux compris, ou pris la peine d'analyser, l'essence même du choix de la multiplication des portraits, en y admettant qu'il s'agit de la force évocatrice du film, tout en étant sa faiblesse narrative. Ici, on parle même d'«ambitieuse fiction polyphonique».

 

On ne peut pas plaire à tout le monde, surtout aux Inrocks, qui «s'ennuie ferme», et à Libération, parlant d'un «un film tendance lacrymo», de «récit gnangnan» détruisent point par point le «consensus mou» de leurs chaleureux collègues. Du point de vue au style du metteur en scène, tout passe à lessiveuse. Là où on saluait le courage de Townsend, ici on est consterné par «par son incapacité totale à mettre en branle la moindre réflexion». Là où on était impressionné par le propos se voulant une alternative à la couverture médiatique de l'évènement, on trouve qu'il se vautre dans «la logique sensationnelle et catéchisante des images télévisées sans jamais les détourner». Là où l'on voit une recherche, parfois trop complexe, de précisions dans les personnages, Libé voit plutôt «un échiquier trop simpliste pour être réaliste», alors que le modéré Figaro parle d'une «démonstration simpliste qui gâche les reconstitutions impressionnantes des manifestations, les mouvements de foule et les charges de police». Le parti-pris esthétique d'être au cœur de l'action ne prend pas chez les Inrocks: pour eux, tous ces artifices se soldent par «capter bêtement les yeux des manifestants irrités par des grenades lacrymogènes», rendant des débats politiques dignes de «dialogues d'ados rebelle». Quant à l'esprit du film dit «choral», le magazine, qui n'aime pas la mièvrerie, affirme avec dédain que Townsend ne s'intéresse qu'à «la belle solidarité qui se développe dans les situations de crise entre gens pourtant très différents». Quant à Télérama, le critique s'en prend surtout à Woody Harrelson qui n'a pourtant rien demandé, «de navet en navet, il est devenu les plus mauvais acteur du monde», et invente des mots nouveaux: Harrelson est «brandouille», et dans son ensemble, si le film est «adorable», il est surtout «clichetonneux».

 

Concrètement, si on aime les films qui disent et montrent des choses, avec un grand C, sans être rebutés par la mièvrerie et les propos trop engagés, foncez voir Bataille à Seattle! Sinon, lisez les Inrocks...

 
 

Les fiches du cinemaL'avis des Fiches du Cinéma

Les émeutes de Seattle en 1999, saisies du point de vue des manifestants altermondialistes, des forces de police comme des simples citoyens. Pour son premier film, l'acteur Stuart townsend n'échappe pas aux maladresses mais séduit par la sincérité de son propos.

 
 
 

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