Un parti pris de film noir au propre comme au figuré.
Les deux personnages principaux creusent chacun leur sillon.
Une vague ambition de s'élever au-dessus du standard français.
Artistiquement nul, idéologiquement indéfendable.
Un casting impeccable.
Une mise en scène ampuloée basculant dans l'outrance et le ridicule.
Catherine Marchal en flic tiraillée entre amitié et respect de sa hiérarchie.
Un commissariat à la Mad Max pas crédible, et des couches d'émotion rendent le tout indigeste. Dommage. On aimerait l'aimer !
Philippe Nahon est toujours chouette en tueur.
Une mise en scène trop maniérée.
La capacité de Marchal à créer un univers ultra cinématographique à partir de son vécu.
Auteuil alcoolisé de bout en bout, oui, mais Sautet dans une seule scène de Quelques jours avec moi avait déjà tout montré des capacités du comédien en la matière...
A un moment où le gouvernement est prêt à tout, y compris l'illégalité, pour agiter le chiffon rouge des récidivistes en cavale, ce film vient malheureusement à point nommé pour donner au dit chiffon une représentation cinématographique. C'est pour le moins gênant.Après Gangsters et 36 Quai des Orfèvres, l'ex-flic clôt avec MR 73 son triptyque policier sur le désespoir et la noirceur humaine. La presse aura-t-elle la gâchette facile ? L'ouvre va-t-elle être inculpée par les critiques pour délit de sale film ? En vérité, les jurés sont plutôt partagés à l'heure du verdict.
Premier grief communément retenu, le style ampoulé du réalisateur qui « force le trait au point de patauger dans l'emphase » (Ciné Live). Le Monde est du même avis et fustige à son tour les « effets de style pompeux », les « retours en arrière explicatifs » et « les considérations psychologiques passablement triviales. » Jamais deux sans trois, puisque Le Parisien se joint au cortège des critiques qui ne goûtent guère le travail formel d'Olivier Marchal : l'ensemble souffre d' « une abondance de pathos assez indigeste et d'invraisemblances qui nous plongent dans des abîmes... de perplexité », quand le film n'est pas carrément « plombé à mort » (Le Nouvel Obs).
Pour autant, tout n'est pas si noir pour MR 73. Bien que partagé, Le Figaro note que « le réalisateur installe indubitablement un climat », il est vrai, « exagérément sombre et oppressant » dans ce « polar existentiel mais non sans profondeur. » Dans la même veine, Studio reconnaît à Olivier Marchal « l'exploit d'être attachant et effrayant dans ce Seven à la française.« « Mélange unique de tragédie barbare et de tristesse humaine », MR 73 convainc TéléObs avec ses « noirs profonds », ses « lumières rares. »
Quant à la prestation de Daniel Auteuil, en « clone du cinéaste » (Ciné Live), les avis divergent. « A côté de la plaque » selon le mensuel, « impressionnante » selon Le Parisien. Et c'est là un enjeu majeur puisque ce film « radical incorrect et peu aimable » est d'abord « le portrait de ce mort vivant », qu'est Daniel Auteuil, comme l'écrit Télérama.
Au final, MR 73 ne sort pas indemne de cette mise en examen, et comme pour les précédents films du réalisateur, au premier rang des reproches, son style un rien trop clinquant.