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La poésie de Wong Kar-Wai, unique en son genre.
Un scénario bancal, le film s'essouffle.
Beaucoup à voir et à entendre.
La séquence avec Natalie Portman est ratée.
La jolie photo.
Sans l'exotisme, Wong Kar-Wai n'est plus que de l'eau tiède.Premier film américain pour le asiatique Wong Kar-Wai et premières déceptions pour une partie de la presse. Peu d'avis sont complètement défavorables, hormis Le Point et Libération s'inquiètent de l'éventement du talent du cinéaste, uniquement capable de livrer un film « tarte ». Néanmoins, Première pense que My Blueberry Nights « se situe dans l'exact prolongement des chefs-d'oeuvres de Wong Kar-Wai ...mais il n'en atteint pas la splendeur ». De son côté, Béatrice Toulon de Studio parle d'un « film bancal et assez superficiel » mais qui « garde la beauté formelle qui fait la signature du maître ». Quant à Fabrice Leclerc de Ciné Live, le réalisateur « passe à côté du drame intime de ses personnages » et livre un « road movie, stylisé impeccablement ». Toujours d'après Ciné Live, la faute en reviendrait à une production trop précipitée pour le metteur en scène plus habitué à une gestation s'étalant sur plusieurs années. Pour Les Inrockuptibles, c'est le doublage qui pose problème.
Malgré ces quelques réserves, les termes sont plutôt élogieux: que ce soit pour évoquer la photographie (« Sublimement mis en lumière par Darius Khondji » nous dit Première), le savoir-faire de son auteur (« il demeure l'un des rares à savoir filmer l'intensité des silences, distillant quelques fulgurances à vous glacer le coeur » affirme Ciné Live), le dépaysement du film (« C'est une vraie invitation au voyage ... » conclu Michel Rebichon de Studio).
Première également pour la chanteuse Norah Jones qui fait ses débuts au cinéma. Là encore, tout le monde n'est pas du même avis pour évoquer les talents de l'actrice en herbe: pour ceux qui ont moins appréciés le film, elle « se révèle nettement moins à l'aise devant une caméra que devant un micro » (Studio). Un manque d'expérience qui pour d'autres se révèle une force: « la maladresse et la fragilité sont superbement utilisées par Wong Kar-Wai comme autant de grâces supplémentaires » (Première).
Parmi les temps forts, Le Monde revient sur la fameuse scène du baiser (tourné sous vingt angles différents) « Au panthéon des baisers mythiques de l'histoire du cinéma, il faudra ajouter celui que s'échangent Jude Law... et Norah Jones ».
En fin de compte, tout le monde s'accorde pour dire que My Blueberry Nights est un road-movie formellement beau, incomplet pour beaucoup, d'où « une ébauche de grand film. Et un drôle de goût d'inachevé » (Ciné Live).
En deux mot un Wong Kar-Wai mineur.