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Syngué Sabour - Pierre de patience

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Syngué Sabour : cette Pierre de Patience est un diamant Syngué Sabour - Pierre de patience - 5,0/5 (5,00)

Syngué Sabour - Pierre de patience Syngué Sabour - Pierre de Patience, l’adaptation du roman éponyme d’ Atiq Rahimi, lauréat du Prix Goncourt en 2008 sort sur nos écrans. Un film qui aborde les interrogations liées à l’identité et à la foi, à contre-courant des schémas habituels.

 

 

Une jeune femme se révèle

Syngué Sabour - Pierre de patienceAu pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l’autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l’amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes… Jusqu’à ses secrets inavouables. L’homme gisant devient alors, malgré lui, sa « syngué sabour », sa pierre de patience – cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances… Jusqu’à ce qu’elle éclate !

 

Captivante Golshifteh Farahani

Syngué Sabour - Pierre de patienceSyngué Sabour est un film qui décrit un pays, l’Afghanistan, un pays en guerre, et une ville dévastée, Kaboul. Le film dresse un beau portrait de femme, sublimé par l’interprétation, la présence et la photogénie de Golshifteh Farahani. L’actrice d’origine iranienne est de tous les plans, elle réussit à nous captiver avec de longs monologues /soliloques. Sans dévoiler le récit, elle va se libérer grâce à la parole, et évoluer. On peut y voir une allusion à la psychanalyse – sauf qu’à la place d’un psychologue ou d’un psychanalyste, la femme se confie à son mari dans le coma… et à sa tante la tenancière d’un bordel. Cette jeune femme écrasée par son mari et la religion (le mollah vient la voir, entre deux bombardements) a un lourd secret à porter, et nous sommes suspendus à ses lèvres jusqu’à la révélation.

 

Un diamant

Syngué Sabour - Pierre de patienceLe film peut faire penser à d’autres romans sur l’Afghanistan, comme celui d’Asne Seierstad, Le libraire de Kaboul et les Cerfs volants de Kaboul de Khaled Khosseini. Ceci dit, contrairement à ces romans, le récit de Syngué Sabour a une valeur de fable. Cependant, Atiq Ratimi ayant lui -même réalisé l’adaptation de Syngué Sabour, avec l’aide de Jean-Claude Carrière, on peut tout de même penser que le meilleur du livre est porté à l’écran. Au début, on pense à du théâtre filmé (unité de temps et de lieu), puis les scènes de guerre sont filmées en caméra à l’épaule … La photographie de Thierry Arbogast est très belle, notamment son travail sur les lumières et les couleurs. Ne croyez donc pas que vous assisterez pendant une heure trente à un monologue statique, c’est tout le contraire.

 

Syngué Sabour peut sembler aride, et certains passages sont très durs, mais c’est un très beau film sur l’oppression, la condition féminine, et sur l’Afghanistan. Cette Pierre de Patience est un diamant, un bijou pour qui prendra la patience de la regarder.

 

Si vous aimez les romans d'Atiq Rahimi, Syngué Sabour est fait pour vous.

 

Critique à retrouver sur le blog des Ecrans de Claire

 

Par Claire Fayau

 
 

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