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Wadjda

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Wadjda : le portrait d'une femme saoudienne Wadjda - 3,0/5 (3,00)

Wadjda Wadjda est le premier film saoudien, fait par une femme sur les femmes. Un récit d’initiation délicat sur une petite fille qui, à travers la convoitise d’un vélo, découvrira le monde auquel elle est prédestinée.

 

WadjdaSi personne extraordinaire il existe, Haifaa Al Mansour en fait partie. La réalisatrice de Wadjda l’est pour plusieurs raisons, d’abord elle est celle grâce à qui existe le premier film saoudien tourné sur place, à Riyad la capitale, elle est aussi la première femme à avoir eu le courage de le faire, malgré les menaces de mort qui l’attendaient au tournant (elle fut d’ailleurs souvent obligée de se cacher dans un van et de réaliser à distance durant le tournage), malgré aussi les difficultés financières et les différents obstacles qu’on lui a mis sur la route. La grandeur d’Haifaa Al Mansour s’exprime également dans le sujet qu’elle a choisi pour ce premier film emblématique, les femmes. Plutôt une femme en devenir, la petite Wadjda 12 ans, qui écoute de la pop américaine, en rêvant de pouvoir s’acheter un vélo. Rien d’extraordinaire et pourtant tout un symbole en Arabie Saoudite, où les vélos sont réservés aux hommes, comme tout le reste d’ailleurs, et où les femmes n’ont le droit de vivre à condition qu'elles ne le fassent pas trop fort.

 

WadjdaPlus riche pour son contexte de production, que par ses qualités cinématographiques à proprement dit - l’image rappelle un peu celle délavée des feuilletons télévisés, le jeu des acteurs aussi d’ailleurs et la mise en scène est assez conventionnelle et didactique - Wadjda n’est pas qu’un film «nécessaire» pour autant. Le propos est amené de façon assez fine, car s’il possède un matériel tragique, la condition féminine en terre islamiste, le film lui ne l’est pas. Haifaa Al Mansour réussit, par on ne sait quel moyen, à insuffler à son film un vent d’optimisme là où les évènements ne s’y prêtent pas : brimades quotidiennes, humiliations publiques, mariages précoces arrangés, répudation… Pourtant si toutes ces choses sont montrées sans aucun fard et si on sait ce à quoi la petite Wadjda est destinée, le film ne tombe jamais dans le pathos et laisse une porte ouverte à des choix personnels, malgré le poids des traditions toujours plus fort.

 

WadjdaWadjda est un joli récit d’initiation dans un des contextes les plus difficiles qui soient. La réalisatrice nous montre avec délicatesse comment le regard innocent de l’enfance commence petit à petit à capter ce qu’il ne voyait pas jusque là, ce qui conditionnera sa vie d’adulte. Pourtant malgré ça, elle nous montre que ce regard, même si changé, peut être celui grâce auquel d’autres routes s’ouvriront à la personne qui grandit, au travers d’un vélo ou bien d’autres choses encore.

 

Par Camille Esnault

 
 

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