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The Brooklyn Brothers

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The Brooklyn Brothers : faux road-movie, vrai puérilité The Brooklyn Brothers - 1,0/5 (1,00)

The Brooklyn BrothersL'acteur et scénariste Ryan O'Nan signe son premier film. Son ambition : parler de la difficulté de l'artiste à vivre et à pratiquer son art en l'occurence la musique. Entre désillusions, rencontres improbables et décisions irrévocables, The Brooklyn Brothers nous dresse un portrait du marginal américain moyen : blanc, trentenaire, infantile, raté, toc. Un film qui comme son personnage n'aurait pas dû franchir les frontières.

 

Alex Logan ( Ryan O'Nan) est le stéréotype du looser : largué par sa copine ; largué par son groupe ; largué par son travail ; largué tout court. Sur le point de larguer son rêve de devenir musicien, en pleine dépression, il rencontre Jim ( Michael Weston) qui lui propose de partir en tournée improvisée avec lui. The Brooklyn BrothersL'un avec ses textes poétiques dignes d'un élève de CP, l'autre avec ses instruments récupérés après la cour de récré, ils célèbrent une ode à la beauté simple : papillons de nuit, cygnes («I also love swans man»), étoiles dans la nuit et ils entendent bien se moquer du mépris dont il font l'objet. Ils s'estiment marginaux et entendent l'assumer. Parce que si leur musique n'est pas à la mode, elle touchera toujours quelques autres naïfs. «Est-ce que tout n'est pas là ?» : avoir la chance de faire ce que l'on aime plutôt qu'un travail aliénant s'interrogent-ils ?

 

Cette morale, ces «cui-cui» et ces «gnan-gnans» peuvent peut-être fournir la matière d'un film mais la matière brute. The Brooklyn Brothers, comme ses personnages choisit de rester geindre dans son pyjama d'émotions faciles. The Brooklyn BrothersOn a rarement vu un déni de réalité aussi affligeant, dépourvu d'énergie et d'imaginaire, à tel point que les personnages méchants, conformistes, adultes, bornés apparaissent bien plus supportables que nos deux héros hipster. Le personnage d'Alex en particulier se complait jusqu'au ridicule dans son petit moi et sa petite dépression, son infantilisme pathologique, sa rebellion impuissante, son pathétique total. Oui mais Papa et Maman ne se sont pas occupés de moi quand j'étais petit... Quelle alternative alors ? Etre un abruti réussi : le collègue bizuteur de l'entreprise où travaille Alex au début, le grand frère conservateur au possible ; ou être un abruti raté : nos deux musiciens musicalement très mainstream de la fausse originalité, ou encore leur acolyte blondasse. Derrière les stéréotypes, l'humain ?

 

On ne l'effleure malheureusement jamais. La faute à qui ? Au sujet ? Aux acteurs ? The Brooklyn BrothersAux dialogues, caricaturalement américains si vous voyez ce que nous voulons dire : des dialogues qui s'arrêtent à la moindre lueur d'intelligence, qui bégayent, buggent et scandent un blabla à l'aide de punch-lines, quelques récits et les désormais fameux «You know» ; «I mean» alors que visiblement il n'y a rien à savoir et rien qui n'est signifié sinon le creux d'une pseudo-marginalité. Leur seul fan, un gamin apathique résume bien le film. L'enfant n'a pas d'amis, il préfère écrire des histoires avec de gentils monstres parce, que dit-il, on les comprend mal : avant de faire peur, ils ont peur des autres. Simple et ravissante parole d'enfant si elle n'était pas réutilisée tel quel pour composer le propos du film.

 

Voici donc le symbole du marginal pour Brooklyn Brothers : le monstre politiquement correct, le copain des mioches qui mouillent leurs pyjamas, l'ami des faibles qui les consolent de la domination des forts (les brutes en tout genre, ces vilains qui vous terrorisent de l'école au bureau). The Brooklyn BrothersMais, ce monstre, ce marginal sont tronqués, castrés : ils ne font pas peur en retour (c'est pas bien), ils ne dérangent pas, ils ne subvertissent rien. Le moindre animateur de colonie de vacances aura autant de talent sinon plus, plus d'enthousiasme, plus de marginalité sans pour autant se prétendre quoique ce soit. Les forces vives sont ailleurs, ce n'est pas un diktat de la vie adulte, simplement une doléance du public.

 

Par Léo Pinguet

 
 

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