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Little Bird

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Little Bird siffle la chanson de l'enfance Little Bird - 3,0/5 (3,00)

Little Bird Boudewijn Koole, réalisateur de documentaires néerlandais, s'essaie pour la première fois à la fiction avec Little Bird. Premier essai réussi, puisque son long-métrage a déjà été récompensé en tant que meilleur premier film et a obtenu le Grand Prix Section Génération, au 62e Festival International du Film de Berlin.

 

Little BirdBoudewijn Koole est un cinéaste de l'enfance. Il l'a filmé à travers ses bonheurs, ses joies, mais également se douleurs et ses difficultés à travers ses documentaire d'abord. En 1997 Caravan 2 suit le quotidien de Seyed Afrouz, petit garçon de 11 ans en attente d'une réponse à la demande d'asile politique, de ses parents. En 1998 il réalise Gilliard, le dernier volet d'une série documentaire intitulée, Pierlala, qui suit un enfant handicapé, qui, après une opération d'une tumeur au cerveau et être tombé dans le coma, renaîtra et réalisera son rêve devant la caméra : devenir un cow-boy. Cette fois-ci c'est à travers la fiction que Koole tente de saisir les balbutiements de la fin de l'enfance. Une fiction qui s'organise autour de Jojo, un petit garçon de 10 ans, qui souffre de la solitude, face à un père violent et une mère totalement absente. C'est en prenant soin d'un choucas rejeté par sa mère, qu'il apprendra à faire le deuil de la sienne et à renouer une relation avec son père, tout autant abandonné.

 

Little BirdLittle Bird est une fiction oui, mais qui transpire de l'expérience du documentaire de son réalisateur. Par son image, sans filtre, qui donne un accès directe au spectateur, par sa façon de filmer parfois le silence et ces petits rien qui une fois tous regroupés composent ce qui fait l'enfance. Par ces arrêts sur images, comme des photographies qui capturent ces riens et pour toujours servent de témoignage d'un temps qui s'envole trop vite. Pourtant le réalisateur hollandais fait de efforts pour coller au genre fictionnel. Il dirige souvent son long-métrage vers les passages obligés des films d'enfance : la rencontre avec la jeune fille pas comme les autres, dont les bulles de chewing-gum sont de couleur bleue ou encore la relation avec le père assez clichée jusque dans sa résolution finale.

 

Little BirdPeu importe, la justesse du jeu du jeune comédien, qui porte le film sur ses épaules, Rick Lens, fait de tous ses moments convenus, des réussites et de véritables instants de poésie. Là où Boudewijn innove, c'est en plaçant sa caméra à hauteur d'enfant. Le visage de Jojo, ses mains, son corps, nous guident à travers le film, ils sont nos repères, là où le visage, le regard, du père et des adultes en générale, sont absents et révélés que très tardivement, voir jamais. La réalisation trouve sa force lorsqu'elle se fait chronique quotidienne de l'enfance, dans ces petits jeux solitaires, ses bonheurs immédiats, ces moments de doutes et de solitude aussi. C'est ce qu'on retiendra de Little Bird, une jolie fiction, qui prend son envol dans ses quelques moments de poésie.

 

Par Camille Esnault

 
 

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