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Main dans la main

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Main dans la main : l'amour est déclaré Main dans la main - 4,0/5 (4,00)

Main dans la mainAvec Valérie Donzelli rien ne se passe vraiment comme on l'avait prévu. Pourquoi ? Parce que Main dans la main a de la suite dans les idées, qu'à la différence de la production ordinaire, le film ne se réduit pas à son pitch sans que tout soit évident non plus.

 

Main dans la main - Valérie Lemercier, Jérémie ElkaimHélène Marchal ( Valérie Lemercier) et Joaquim Fox ( Jérémie Elkaïm), ça leur tombe dessus, sans crier gare. Entre le miroitier de province et la parisienne directrice de l'école de danse de l'Opéra Garnier rien de franchement commun. C'est le coup de foudre, le plus arbitraire qui soit, presque mécanique, sans passion. Ils ne peuvent soudain plus se séparer l'un l'autre et se suivent en miroir. Joli prétexte à un film qu'on flaire ''écrit pour'' – l'actrice qu'on admire, qu'on veut à contre-emploi ou simplement inattendue etc. Certains veulent déjà reconnaître là une comédie étiquetée ''plus facile'' et des signes d'une jeune réalisatrice qui s'essouffle, pire, qui s'enrégimente dans la maîtrise et dans la gratuité pour laisser de côté les débordements polémiques, critiques et cinématographiques qui étaient sensés la qualifier. L'élan vital n'y serait plus. Les personnages ? Des inventions largement stéréotypées, on sent l'application d'une formule. Donzelli serait-elle tombée dans la comédie de moeurs à la française où les riches rencontrent les modestes et ça fait des étincelles : la lèvre pincée de Valérie Lemercier, la famille plus grassement populaire de Jérémie Elkaïm... L'ombre de La Guerre est déclarée plane dans le coeur des spectateurs et de la critique.

 

Main dans la main - Serge Bozon, Valérie DonzelliImpression juste et néanmoins vision très courte de Main dans la main. On a envie de prendre les choses à l'envers, de se dire que les conventions par lesquelles passe Valérie Donzelli servent justement à son renouvellement, quelque chose d'improvisé, une manière de ne pas rester en place, parce qu'il faut bien être en fuite quand notre image menace de se pétrifier. Et elle se pétrifie aussi dans la marge que dans les grands courants. Le parti pris est donc de danser sur la corde, jouer, jouer la voix off qui conte façon Nouvelle Vague ET jouer le romantique un peu boulevard. Le tout pour chambouler de l'intérieur le film de chambre à la française et son intrigue plan-plan d'appartement. Donzelli, elle, ouvre grand les fenêtres. Comment ? Parce que la fiction aura beau être le crédo de son dernier film, ses personnages y gardent toujours la même saveur et la même hauteur morale qui manque si cruellement à l'école de ceux qui prétendent ne pas juger leurs personnages alors qu'ils oublient seulement d'être exigeants envers eux sous prétexte qu'ils prennent le réel comme il vient. Main dans la main tourne un peu atour de son idée mais prend le temps de la creuser, de lui donner, comme à un thème musical, ses variations. Exigence artistique qui fait, au bout du compte, toute la différence et un très bon film.

 

Par Léo Pinguet

 
 

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