Dark Horse |
Un très bon casting porte ce drame décalé qui pourtant peine un peu à s'envoler du nid, à l'image de son personnage principal.
Abe, la trentaine, s'accroche à son adolescence et notamment à la collection de jouets qui décore sa chambre. Il vit toujours chez ses parents, travaille pour son père qui le considère comme un loser et passe ses soirées à jouer avec sa mère au backgammon. Lorsque Abe rencontre Miranda, trentenaire déprimée revenue vivre chez ses parents, il entrevoit la possibilité d'une grande histoire d'amour et parvient à la convaincre de l'épouser. Alors que le couple prépare cette nouvelle vie, Abe est en proie au doute et au manque de confiance en lui qui le minent depuis l'enfance.
C'est d’abord l'histoire d'un personnage coincé dans l'enfance. Jordan Gelber interprète à merveille ce « Dark Horse », véritable reflet d'une génération dans l'incapacité de passer à l'age adulte. Là où certains longs métrages vantent la rêverie, comme un joli conte, Todd Solondz ne ménage pas son personnage. Attachant il l'est surement agaçant aussi. Il possède cet aspect puéril d'un enfant trop gâté, à toujours trouver des excuses à son échec personnel, rejetant la plupart du temps la faute sur les autres. Christopher Walken interprète son père et ainsi ajoute un personnage inhabituel à sa filmographie, une personne banale, un agent immobilier et père de famille. Pas d'étrangeté ici donc, il prouve une fois de plus son talent à jouer n’importe quel personnage et forme avec Mia Farrow un couple crédible face à ce fils infantile.
C'est également une histoire d'amour, mais une histoire désespérée. Lorsque Abe rencontre Miranda, sous les traits de Selma Blair, c'est le coup de foudre dont il a toujours rêvé. Et c'est sur cela que repose toute l'intrigue. Ces deux personnages ont besoin l'un de l'autre et tentent de vivre ensemble. De façon assez pitoyable ils vont s'accrocher à cette relation. Comment cette union va t-elle progresser ? Au fil des scènes le réel croise le fantasme. Tout comme un enfant Abe se perd entre le jeu et la réalité, le spectateur aussi. Car à trop jongler le film peine à se conclure. C'est dommage car cette riche palette de personnages promettaient un meilleur final. Notamment Donna Murphy, collègue de travail qui pousse son jeu un peu plus loin que les autres. A la fois douce et résolue, elle sera le guide dont Abe a désespérément besoin.
Par Laura Terrazas
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