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Paradis perdu

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Paradis Perdu : métaphore de la relation père-fille aux ressorts attendus Paradis perdu - 2,0/5 (2,00)

Premier long-métrage d' Eve Deboise, laquelle a déjà collaboré aux scénarios du cinéaste cambodgien Rithy Panh, Paradis Perdu possède les agréments et les gaucherie d'une première fois.

 

Paradis perduDans une pépinière isolée du sud de la France, Lucie, 17 ans, vit retirée avec son père Hugo. Lorsque sa mère, partie sans crier gare depuis un an, revient pour voir sa fille, c'est un temps suspendu, un instant de grâce presque et toutes les habitudes qui se sont nouées dans le quotidien du père et de la fille qui sont menacées.

 

Eve Deboise réunit pour Paradis Perdu tous les éléments d'un conte qui prend la forme d'un «huis-clos en plein air». Chaque personnage se trouve enfermé, incapable de communiquer et de partager ses désirs avec les autres. Le père bourru, hirsute, aux allures d'ogre fraîchement sorti de sa caverne ( Olivier Rabourdin) est enmuré dans son passé comme dans ce puits où il descend pour en sortir une mélasse bileuse. Paradis perduLa mère, hostile, sensuelle et hystérique ( Florence Thomassin) est réduite à l'impuissance par le père qui l'emprisonne de force dans un cabanon isolé. La jeune fille, naïve, pubescente et docile (Pauline Etienne) n'a que sa caravane pour pleurer et découvrir sa sexualité. Reste le journalier sans papiers, prince charmant qui sent bon le sable chaud ( Ouassini Embarek), adossé à son mur, fumant ses cigarettes. Spectateur de la situation, étranger de passage qui partira dans le matin plein de lumière, il sera l'échappatoire passive et onirique des autres personnages.

 

Paradis perdu - Pauline EtienneLa nature en été dans ce coin oublié devient le décor de l'allégorie d'un Eden perdu entre l'adolescence et l'âge adulte : perte initiatique pour la jeune fille, destructive pour le père oedipien qui refuse de ne plus pouvoir se baigner nu ou de danser un slow avec son enfant. Si la photographie du film et la composition des plans, directement inspirés de Matisse, Duffy ou Bonnard, lui font honneur, le hic est qu'il tombe vers la fin dans le lieu commun du film d'apprentissage et du film d'auteur français avare en dialogues significatifs et prolixe en musique classique expressive. A vouloir réduire une relation à ses dénominateurs essentiels, le film frise par moments le burlesque et l'ennui. Si le conte fonctionne en littérature, on sent ici, pour le cinéma, qu'il violente et impose maladroitement, à mesure que le film progresse, ses codes à un médium et une situation qui les refuse.

 

Par Léo Pinguet

 
 

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