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Au-delà des Collines

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Au-delà des Collines : Cristian Mungiu sans concession Au-delà des Collines - 4,0/5 (4,00)

Au-delà des CollinesAvec Au-delà des Collines, Cristian Mungiu nous plonge dans le quotidien d’un monastère roumain Orthodoxe. Il nous met à l’épreuve en nous faisant endurer le poids du quotidien de ces nonnes et montre ainsi la haute exigence qu’il met dans son cinéma, qui représente la vie, sans concession, sans artifice.

 

Au-delà des CollinesMungiu revient à Cannes après avoir remporté la Palme d’or en 2007 pour son 4 mois, 3 semaines, 2 jours, portrait terrible d’une femme obligée d’avorter illicitement sous le régime de Ceausescu. Cette fois dans Au-delà des Collines, il nous raconte l’histoire d’une jeune fille qui revient dans son pays natal, après avoir passé quelques années en Allemagne et découvre que son amie la plus chère à son cœur, l’a remplacée par Dieu. C’est bien d’amour qu’il s’agit dans le film de Mungiu, d’amour terrestre pour Alina, qui se meurt sans Voichita et d’amour céleste pour Voichita, qui ne peut aimer personne d’autre si elle veut ouvrir son cœur à Dieu. Mungiu nous montre dans les deux cas auxquels extrémités, auxquels abandons de soi, l’être humain est prêt à aller par amour. Alina donne tout ce qu’elle a, oublie tout ce en quoi elle croit et sacrifie sa liberté, jusqu’à sa vie pour Voichita. Elle a renoncé à tout autre amour, à tout autre désir et liberté de penser pour tromper la solitude aux côtés de Dieu et pouvoir prononcer « papa » et « maman », mots qu’elle n’a jamais pu dire étant enfant. Les deux êtres ne sont jamais irréconciliables, elles ne cessent de se séparer pour toujours se retrouver jusque dans un dernier sourire presque divin.

 

Au-delà des CollinesMungiu est un réalisateur exigeant, il met le spectateur à l’épreuve, comme Alina le fait avec les nonnes du monastère orthodoxe, filmé pendant 2h30. Il nous fait pénétrer dans leur austère quotidien et nous fait ressentir ces heures qui s’écoulent au rythme des repas passés tous ensemble ou des prières récitées et encore des tâches ménagères à accomplir. Comment mieux nous faire ressentir ce poids des heures et du devoir à Dieu, que par cette longueur de l’histoire, cette lenteur de l’intrigue ? Par cette mise en scène dépouillée, sans artifice, couleur, ni musique, austère ? Le film exige de nous cette même patiente que les nonnes, cette même passion pour l’art, qu’elles ont pour Dieu, qui nous permettra de déceler la beauté dans les compositions de cadres absolument parfaits, du premier qui suit Voichita au dernier qui se ressert progressivement sur le pare-brise de la camionnette. Mungiu réalise un travail d’orfèvre qui trouvera dans la démesure son ennemie principal et nous montrera la vie sans concession, sans déguisement.

 

Par Camille Esnault

 
 

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