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L'Ivresse de l'argent

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L'Ivresse de l'argent : le soap-opéra décapant d'Im Sang-soo L'Ivresse de l'argent - 3,0/5 (3,00)

L'Ivresse de l'argentErotisme et lutte des classes étaient déjà au coeur de son précédent film, le décomplexé et emballant The Housemaid, présenté il y a deux ans en compétition officielle. Suit cette année L'Ivresse de l'argent, une réflexion sur l'ivresse du pouvoir enrobée dans un soap-opéra grandiose à l'humour décapant.

 

Young-jak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d'un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s'occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Young-jak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois...

 

L'Ivresse de l'argentL'Ivresse de l'argent s'ouvre sur des couleurs chatoyantes et s'achève sur une scène d'enterrement. Entre les deux, une spirale infernale dénonçant la cupidité d'une société coréenne rongée par l'argent, la corruption et la luxure. Au centre, ce bellâtre va tenter de trouver sa place et retrouver un semblant de dignité dans ces grands espaces au décorum flamboyant. On est bien loin de la poésie narrative de Hong Sang-soo, autre aspirant sud-coréen à la Palme d'or. Ici, point de soju, ni de divagations autour de la vie, l'amour, le cinéma... Chez Im Sang-soo, on se prend des coups, on saute dans le vide, on s'épie de tous les côtés, et surtout on s'enivre au vin rouge et au champagne.

 

L'Ivresse de l'argentDepuis The President's Last Bang, ce cinéaste audacieux nous avait déjà montré son art de la mise en scène, grandiloquente souvent, improbable parfois et surtout sans limite. Car, dans cette société corrompue attirée irrésistiblement par l'argent, «Si tu n'es pas fou, tu crèves». Et c'est à ses dépends que Young-jak va l'apprendre, pourchassé par une vieille bique possédée par l'argent le pouvoir. Ajoutant une ironie et un humour noir salutaire à ce vaste jeu, Im Sang-soo ose tout, fait le grand écart entre cette élite qui se délite et les serviteurs méprisés de cette classe, ajoutant une note délicieusement baroque et barrée à cette sélection cannoise.

 

Par Laure Croiset

 
 

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