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Les Chevaux de Dieu

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Les Chevaux de Dieu : une chevauchée détonante Les Chevaux de Dieu - 4,0/5 (4,00)

Les Chevaux de Dieu Nabil Ayouch avec Les Chevaux De Dieu nous met face à un sujet sensible en nous racontant l'histoire d'enfants des bidonvilles qui seront plus tard les auteurs des attentats de Casablanca, survenus en 2003. Comment peuvent-ils en arriver là ? C'est à cette question que nous confronte le réalisateur en s'attardant sur deux frères, deux futurs terroristes, deux âmes perdues mais par-dessus tout, deux êtres humains qui auraient pu avoir un tout autre avenir...

 

« La vie est injuste »

« La vie est injuste », ce n'est pas nouveau mais c'est ce qui nous vient à l'esprit dès les premières minutes de Les Chevaux de Dieu, des gamins jouent au foot puis retournent dans leurs bidonvilles, on découvre deux frères : Yachine et son grand frère, Hamid, petit voyou qui vient souvent à la rescousse de son frère, ce qui ne l'empêche pas d'être dur avec lui, comment ne pas l'être quand votre réalité l'est tout autant ? Les Les Chevaux de Dieudeux jeunes garçons ont déjà des soucis d'adultes et des comportements en décalage avec leur âge, le principal pour eux n'est pas de bien vivre mais de survivre. Ainsi, nous sommes un peu outrés d'entendre la mère des enfants, lorsque Hamid lui offre une bouteille de parfum, dire « J'ai un homme à mes côtés », c'est peut-être ça le problème justement, être homme à même pas 13 ans. Parce que finalement la mère ne fait pas grand chose mais les enfants eux se doivent de rapporter de l'argent. C'est révoltant de se dire que finalement ils seraient nés autre part, leurs vies auraient été différentes. Un concours de circonstances qui entraîne des issus tragiques, les situations qui nous font bondir de nos sièges, hélas, ne manquent pas.

 

Un sujet délicat

Nabil Ayouch met en scène un sujet très délicat, se mettre à la place des meurtriers, de ce qu'ils peuvent ressentir et penser, n'est pas une tâche aisé, encore moins lorsque les protagonistes sont morts. Le réalisateur aborde surtout la montée du radicalisme islamiste dans les quartiers pauvres Les Chevaux de Dieudont l'accroissement quand on y réfléchit n'a rien d'étonnant. Les dirigeant islamistes vont donner un « sens » à la vie de ceux qui sont lassés de vivre de petits boulots et de mener une vie dont personne ne voudrait, ils leur donnent même à voir des choses qui étaient pour eux inconnus. Moment marquant est celui quand ils rentrent dans la ville de Casablanca et que l'un des jeunes hommes, les yeux écarquillés esquissant un sourire déclare que c'est la première fois qu'il va en ville. On aurait envie de les faire sortir de cette voiture pour leur montrer tout ce qu'il y a de beau. C'est encore plus consternant puisque les dirigeants islamistes savent que la pauvreté de ces jeunes est leur faiblesse et ils en profitent, ils promettent beaucoup à ceux qui n'ont rien.

 

Au-delà du fait d'être choqué et outré, notre réflexion se meut tout au long du film, dans le cas des attentats, rien n'excuse tant de monstruosité mais ce serait tellement facile de les considérer comme des êtres qui avaient une soif de sang à assouvir, ici ce n'est pas le cas. Le face à face entre frères est Les Chevaux de Dieud'ailleurs très intéressant puisque c'est le grand frère qui entraîne le petit dans cet embrigadement, paradoxalement c'est aussi lui qui est en proie à des doutes. Malheureusement les doutes n'ont pas vraiment leur place dans ce genre de situations, une fois rentrés dans l'organisation, ils sont condamnés à y rester. Nabil Ayouch arrive a capter des moments touchants et déchirants, à nous montrer des images qui nous explosent en pleine figure.

 

Si vous avez aimé La Zona, propriété privée, Gomorra ou encore La Cité de Dieu, vous aimerez Les Chevaux de Dieu.

 

Par Anne-Laure Thirion

 
 

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