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Je fais feu de tout bois (le troisième frère)

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Je fais feu de tout bois : Dante Desarthe sauve le cinéma Je fais feu de tout bois (le troisième frère) - 3,0/5 (3,00)

Je fais feu de tout bois (le troisième frère) Dante Desarthe, dans Je fais feu de tout bois, parle du cinéma et il le fait bien en utilisant le ressort de l'humour et du second degré. Résultat, il construit une comédie décalée et politiquement incorrecte.

 

Je fais feu de tout bois (le troisième frère)Daniel Danite, après Je me fais rare, revient cette fois pour sauver le cinéma français de la crise qu'il est en train de traverser. Crise généralisée, qui touche, aussi bien l'économie, le cinéma, que son monde à lui, autour duquel tout gravite, qu'il croit en tout cas. Dante Desarthe, nous emmène dans le délire de cet égotiste ersatz de lui-même, qui abandonne femme et enfant sans aucun scrupule, pour se lancer dans « ses projets ». Le film excelle quand il se fait critique acerbe du petit monde du cinéma français et des habitants qui le peuplent, D.D en tête, des projets à ne plus savoir qu'en faire, des réponses aussi à apporter à ceux qui l'entourent, surtout aux jeunes défavorisés à qui il fait cours. Il se fait burlesque, à l'image d'un Buster Keaton, à qui il fait directement référence, avec l'accumulation de scénettes gaguesques, et de personnages complètement décalées, menés par le héros, dandy singulier et politiquement incorrect.

 

Je fais feu de tout bois (le troisième frère)Dante Desarthes construit un long-métrage qui ne prend jamais un autre ton que celui de l'ironie et n'est qu'une accumulation de répliques et de situations savoureuses, dans lesquels on peut entendre un réalisateur dire le plus sérieusement du monde que si son film sur Alzheimer a fait des entrées, c'est grâce aux personnes atteintes de la maladie qui sont venues « 10 ou 15 fois » car elles avaient oublié l'avoir vu. Si le film s'essouffle par moments, un peu noyé sous le second degré, il sait se relever grâce à la réflexion sur le cinéma et l'art qu'il engage et qui en est finalement le sujet principal.

 

Je fais feu de tout bois (le troisième frère)Réflexion menée à travers un jeu avec les codes qui se manifeste dans le système narratif du patient racontant l'histoire à son psy, tronquée par la possibilité de ce dernier d'agir dans le déroulement de celle-ci ou encore les scènes de poursuite, « celles qui manquaient aux films de Bergman », revisitées encore et encore. Dante Desarthe pose finalement les questions que tous les artistes se sont posées, quel est l'utilité de l'art ? Pourquoi filmer et à quel point l'artiste doit-il donner de soi ? L'acte de création est-il un acte égoïste ? Finalement ni Dante Desarthe, ni son alter-égo, Daniel Danite, n'apporteront de réponses à ces questions, peut-être pour nous dire que l'important ne se trouve pas dans les réponses, mais peu-être dans les questions elles-même.

 

Par Camille Esnault

 
 

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