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Summertime

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Summertime : film d'apprentissage agréable mais un peu convenu Summertime - 3,0/5 (3,00)

A mi-chemin entre la fiction et le documentaire, Matthew Gordon nous livre un premier long-métrage dans l'ensemble réussi.

 

SummertimeNé de père inconnu, abandonné par sa mère alcoolique partie en Californie, Robbie Hendrick, un adolescent du Mississipi vit laissé-pour-compte avec sa grand-mère gâteuse et son jeune demi-frère Fess dont il s'occupe. C'est la fin de l'année et Robbie est pris la main dans le sac, en train de chiper dans les casiers de ses camarades qui l'ostracisent. Conciliant, le Principal Curtis lui propose un «Deal» : ou bien il fait un rapport et Robbie sera repéré dans son prochain lycée comme un délinquant en puissance, ou bien il écrit durant les vacances d'été un essai sur un sujet libre. Robbie choisit d'écrire pour raconter son histoire, une histoire d'espoirs et surtout de renoncements.

 

Summertime« Tom Sawyer c'est l'Amérique ! » scandait le dessin animé. Ici, « Robbie Hendrick » sonne comme le glas d'une Amérique normalisée. Du fleuve Mississipi, on ne verra dans Summertime que des marais vaseux, où disparaissent les pièces jetées pour un voeu que récupèrent nos gamins désabusés. Robbie, tout comme le personnage de Mark Twain, est l'idéal de l'enfant américain : un peu rebelle, bagarreur, fier de ses origines et de son nom, débrouillard et finalement intègre et travailleur. Comme Tom Sawyer, Robbie s'imagine des aventures avec son grassouillet de demi-frère, joue à Don Quichotte et Sancho Panza partant combattre leurs moulins : ici des bottes de foin et un mystérieux ennemi imaginaire («Gordon»). Rebelle, il ne le sera finalement que dans les limites accordées par les adultes représentants de l'autorité (le principal, le Shériff). Délateur et conformiste, on lui préférera peut-être son grand frère, sorte de Huckleberry Finn adulte.

 

SummertimeSummertime n'aurait pas pu, de l'aveu de son réalisateur, être autrement qu'indépendant. Aucun des acteurs n'est professionnel et chacun est remarquable de sincérité et de fraîcheur. On remarque particulièrement la prestation de Patrick Rutherford qu'on espère retrouver dans d'autres rôles et qui joue ici celui du grand frère Lucas Hendrick. Mais comme son héros, le film choisit assez vite une mise en scène très conforme. L'essai demandé par le Principal sert de prétexte à une narration très conventionnelle en voix-off qui appauvrit le côté décousu des séquences. La musique quant à elle est trop illustrative et semble plaquée sur le film pour imposer l'émotion à son spectateur qui est, dans la projection, tout sauf autonome. On termine sur une morale à la Gran Torino sans le talent de Clint Eastwood : – «Souffre et abstiens-toi», pourquoi pas, mais pas si l'indépendance doit retomber dans la standardité.

 

Par Léo Pinguet

 
 

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