My Best men |
Comme sa mascotte, le réalisateur de My Best Men a décidé de faire le mouton et de réaliser une énième comédie sur le mariage mais pas vraiment romantique, plus potache, c'est-à-dire bien grasse et qui tâche mais qu'il a essayé de travestir en lui ajoutant un peu de fard, quelques déguisements...
David, tout juste la trentaine, a quitté sa ville natale, Londres, pour faire un grand voyage autour du monde, pour se découvrir. Sur un île, il a découvert Mia, une australienne. Ils ont passé quelques semaines de rêve ensemble et ont pris la décision de se marier. De retour dans la capitale british David annonce la grande nouvelle à ses trois meilleurs amis qui doivent l'accompagner au mariage pour être ses témoins. C'est sans compter sur la série de catastrophes qu'ils vont déclencher...
Le mariage, les préparatifs, les invités, la famille, le stress... Toute une série de codes partagés et connus de tous sur lesquels le cinéma peut rebondir en nous offrant sa catharsis. Le fonctionnement est simple. Le rire libérateur viendra au terme d'un crescendo de tension et de gêne injectés dans le film à l'aide de confrontations de classes et de conventions sociales et relâché à l'aide de gags efficaces.
Viendra ensuite le soulagement et vous êtes fin prêts à vous laisser aller aux mièvreries du romantisme. Trois genres donc : la critique sociale, le burlesque et le film romantique. Tout se fait à l'envers, vous avez déjà la morale : l'amour triomphe toujours. Mais pour dramatiser il faut des péripéties, des obstacles auxquels il faut une motivation. La puissance des gags sera donc articulé à leur mobile social. Exemple type : l'écart entre un marié et sa famille ou ses amis de milieu populaire et la mariée et sa famille de milieu très aisé. Du suspens et une dose de romantisme au menu, puisque les deux tourtereaux en viendront à se demander s'ils sont vraiment fait l'un pour l'autre au vu d'un mariage qui révèle leurs antagonismes. Mais c'est ici que le bas blesse pour My Best Men. La confrontation de beaufs à des bourgeois guindés ne fait pas office de contenu mais seulement de prétexte à un édifice trop factice qui s'écroule avant de s'être érigé.
Parce que comme quand vous voulez faire une bonne blague au milieu d'une discussion, vous prenez plusieurs éléments déjà évoqués, vous les sortez de leur contexte, les assemblez et la phrase absurde et biscornue que vous sortez a toutes les chances de susciter un fou rire («Tu veux dire que c'est un peu comme si Superman était une femme de ménage à Tombouctou» etc.).
Mais pour cela, il faut savoir créer de l'inattendu et My Best Men ne fait que nous réchauffer au micro-onde les sketches et la trame de Very Bad Trip : des amis se réveillent d'une cuite avec un énorme trou noir. Quelles bagatelles et autres gaudrioles en tout genre ont-ils bien pu accomplir durant la nuit ? Les éléments délirants s'assemblent le lendemain au fur à mesure qu'on les découvre, le tout va s'empiler et s'empiler comme un Tour de Pise, pencher dangereusement à gauche puis à droite avant de s'écrouler dans une scène d'apothéose où un personnage, ignorant tout ce qui se trame, découvre le pot aux roses. Le système fonctionne à ce moment avec My Best Men mais par pur automatisme puisque le crescendo de tension sociale est raté, les artifices qui amènent à ce climax sont lourdingues, vulgaires et déjà-vu : du scato, du sexe, de l'herbe et de la cocaïne...
L'animal, le mouton aurait pu être intéressant par contraste pour renforcer l'aberration des conventions sociales humaines mais il n'en est rien puisque l'humour n'est jamais grinçant, ironique, mais suffisant, auto-satisfait de sa cuistrerie gratuite mais un brin timide. A cette enseigne il eut fallu, pour marcher, que My Best Men voit les choses en grand, qu'il se débarrasse de la finesse certes mais pour la démesure et l'outrance. Rien de ça, à aucun moment par exemple on n'écorne vraiment le mythe du mariage. On le respecte, on ne le remet jamais en cause. On est à peine profanateur de ce culte, surtout on ne profère jamais aucun propos athées, mécréants à son propos. Dommage.
Par Léo Pinguet
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| oenCViJI | wbKnUgyK |
| yaPMYtfqQcaXaCpysEI | ChuckCheese |
| OrlWFGMcVqZEKdx | Clelxjzr |
| Loterie de Vidéos, avez-vous essaye... | KygO |
| LdHQcGlKKcRrAVqG | Apowjxwu |
| hjnOkwaSA | cEKgtHtUqSOUiwe |
| NuAbpESNgXeKMYoeyT | Mdbtpqzh |
| ¯`·._.-L'AntRe dEs JereM-._.·`¯ | Jerem |
| ypMBLeTUP | Kdgsteyn |
| OVvJGCxMiIYnddlu | YxTdeIeqJvOp |