Starbuck |
Starbuck pourrait être ce qu'on appelle en ce moment le parfait « feel-good » movie. Ce qui est sûr, c'est que Ken Scott construit un long-métrage enthousiasmant, regorgeant d'humour et d'une délicate émotion.
Starbuck vous séduit dès les premières minutes. Celles qui nous montrent un jeune homme enfermé dans une pièce glauque, avec une infirmière qui l'est tout autant, lui tendant un gobelet dans lequel il doit déposer sa « semence ». Débuts prometteurs d'un film centré sur le prototype d'un parfait looser. Son nom est David Wozniak et on le retrouvera 20 ans plus tard, tentant de cacher son identité au 533 enfants qu'il a aidé à mettre au monde, grâce à ses nombreux dons de sperme. Le propos de départ est aussi loufoque que le personnage lui-même, car comme le dit si bien sa petit amie enceinte « avoir 533 enfants c'est pas normal! ». Il servira de base à une comédie à l'humour bien dosé, aux personnages irrésistibles et à l'émotion délicate et universelle, car touchant au thème de la paternité.
Avec une idée de départ telle que celle-là, tout est possible, pourtant le scénario de Ken Scott et Martin Petit ne franchit jamais les limites de l'invraisemblable, autant dans l'humour que dans l'émotion. Les gags mis en place fonctionnent parfaitement, notamment grâce aux personnages secondaires, que ce soit les frères de David, sa petite amie, ses nombreux enfants ou son meilleur ami, avocat et père de quatre enfants, totalement dépassé. C'est notamment ce personnage, qui insiste pour qu'il ne fasse pas d'enfants, qui, ironiquement, guidera le héros vers son accès à la paternité. Le chemin ne sera pas de tout repos, car c'est également en apprenant à faire connaissance avec les 142 enfants, qu'il a déjà et qui le recherchent, que le quadragénaire immature, apprendra à être adulte et à assumer ses responsabilités.
Ken Scott, en plus d'une comédie sans défaut, construit un conte délicat sur le fait d'être père et sur la recherche de ses origines. On pourrait quelques fois être tenté de l'accuser d'un excès de bons sentiment, mais les nombreuses qualités de son film nous en dissuadent rapidement. La photographie un peu vintage qui donne à l'image un teint rugueux ou encore la bande-son rock'n'roll, correspondent totalement à la caractérisation du personnage et font partie des nombreux points positifs que possède le long-métrage. Si la volonté de Starbuck est de se faire oublier pendant la totalité du film, une chose est sûre, le spectateur, lui s'en souviendra.
Par Camille Esnault
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