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After

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After : oui mais et après ? After - 2,0/5 (2,00)

After - Julie Gayet, Raphaël PersonnazVéritable concept du film romantique, la rencontre impromptue et la nuit blanche ont tout pour séduire le public. Le film reprend également d'autres poncifs pour mettre quelques bâtons dans les roues de ses personnages motorisés : écart d'âge, de situation sociale et par là d'intérêts et d'envies. Péripéties et opportunités de couper court qui doivent permettre de poser la sacro-sainte question – l'amour est-il toujours plus fort ? Eléments de réponse.

 

After - Julie Gayet, Raphaël PersonnazLe rêve de la bourgeoise bon teint, sophistiquée et débraillée comme une page de magazine, qui veut rester jeune fille : se trouver un biker aux allures de Roch Voisine ? Si ce n'était quelques maladresses et quelques stéréotypes un peu trop grossiers, After jouerait tout du long la partition fine qu'il semble vouloir suivre. Mais il n'en est pas tout à fait ainsi. Le désespoir qui conduit à la rencontre de ses deux individus fait office, peut-être plus que l'amour et le coup de foudre, de prétexte secret du film qui mène l'enquête au fil de la nuit. L'union entre Guillaume et Julie n'est nullement évidente, il faut en chercher les causes ailleurs. Carrière ratée pour l'un, vie trop parfaite pour l'autre, les deux héros de Géraldine Maillet sont à la dérive. Romantisme mélancolique et même tragique ? Idée intéressante restée en l'état, d'idée, car la réalisation peine à offrir plus.

 

After - Raphaël PersonnazAinsi donc de la nuit blanche que passent nos personnages et du film auquel assiste le spectateur : quelques moments touchent justes, frôlent la justesse plutôt, d'autres vous font sortir de cet instant qu'on étire sur la longueur, juste pour ne pas se quitter. Quand l'amour est là d'accord, quand il s'agit de captiver le spectateur, il eu fallu commencer par le convaincre. Raphaël Personnaz frise par moments le ridicule, pas celui de son personnage mais celui de son interprétation sûrement bridée par un scénario par moments trop ou pas assez écrit. Quant Julie Gayet, sa moue de mutisme séduit et frise quant à elle de susciter l'agacement et un point de non-retour chez le spectateur. Pourtant le carton jaune ne semble pas revenir aux acteurs. Car l'équation perdante est celle de l'écriture : trop de mutisme engendre le ridicule, trop de ridicule engendre le mutisme.

 

After - Julie GayetExercice de style classique donc mais non sans difficultés dont After se sort plutôt bien que mal, disons plutôt moyen que mal, notamment grâce à une photographie un brin léchée mais efficace et envoûtante. Mais l'art ou la technique cinématographique du film s'arrête là et tente de se rattraper dans ses personnages et leur histoire trop dévoilée. Les acteurs ont pris des risques, certes convenus mais honorables, Géraldine Maillet beaucoup moins pour ce premier long-métrage, ce qui finit par déshonorer un film qui aurait pu récolter un peu plus que ce qu'il sème s'il s'en était donné les moyens. Trouver le ton juste entre le fantasme et l'imaginaire d'une rencontre improbable et son inscription dans la plus dure et plus morne réalité, jouer sur la corde en funambule n'est pas donné à tout le monde. After ne tombe jamais mais ne fait pas non plus de prouesses. L'économie, la retenue, croit-on, à contre-courant de l'emphase habituelle devrait mécaniquement engendrer la qualité. Il n'en est rien. En quête d'un divertissement prenez le temps de considérer une petite halte qui vous fera passer un agréable moment que vous aurez tôt fait d'oublier. Amateurs exigeants de films romantiques et un tant soit peu mémorables, passez votre chemin.

 

Par Léo Pinguet

 
 

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