Se connecter | Créer un compte



L'Odyssée de Pi

Ajouter à mes films favoris
 

L'Odyssée de Pi : choisissez de croire L'Odyssée de Pi - 4,0/5 (4,00)

L'Odyssée de Pi - Suraj Sharma Ang Lee profite de l'adaptation du roman de Yann Martel, La vie de Pi, pour célébrer le pouvoir de l'imagination et la vie tout simplement. Une fable qui en met plein les yeux et plein le cœur, par ses messages qui émerveillent bien plus grandement que ceux trop simplistes d'un Avatar de James Cameron.

 

L'Odyssée de Pi - Suraj SharmaAprès un fade et plutôt insignifiant Hôtel Woodstock, Ang Lee revient dans l'émotion et le trouble profond qu'on avait connu avec Le Secret de Brokeback Mountain ou encore Raison et Sentiments. L'adaptation littéraire dont était déjà issu ce dernier, semble plutôt bien réussir au réalisateur, qui après Jane Austen s'attaque à un roman de Yann Martel, jamais repris, contrairement à ceux de l'écrivain britannique, car réputé inadaptable. Mais impossible n'est pas Ang Lee et de cette Odyssée insondable il sort un récit clair, au chemin rigoureux et maîtrisé. C'est la marque d'un grand cinéaste, que de nous emmener avec lui au bout de l'illusion, à travers un chemin qui n'est pas escarpé et Ang Lee l'est assurément et nous le prouve encore une fois ici.

 

L'Odyssée de Pi - Suraj SharmaLe pouvoir de l'illusion est au centre du film, de ses images d'abord et de son récit ensuite. L'univers visuel construit les bases solides de cette illusion. Le monde est vue à travers les yeux d'un enfant, ceux de Piscine Molitor Patel, alias Pi, qui vit ses premières années dans une Inde rêvée, féerique et magique, par ses couleurs, ses sons, ses senteurs qui arrivent presque jusqu'à nous. C'est lorsque la dimension onirique se brise, que le personnage est rattrapé par la réalité, plus terne et plus cruelle aussi, que tout tournera mal. C'est alors lorsque Pi luttera pour sa vie, seul rescapé d'un naufrage, que le recours à l'imaginaire, qui l'a aidé à grandir, se fera plus essentiel que jamais, salvateur surtout. En même temps qu'il s'invente sa propre odyssée, Ang Lee invente son imagerie, celle d'une eau fluorescente en pleine nuit, d'une mer d'huile en plein jour, de poissons volants, ou encore d'une île vert flashy et carnivore la nuit. Celle d'un tigre du Bengale surtout, féroce quand Pi a besoin de force et plus calme quand la fatigue et la lassitude s'installent.

 

L'Odyssée de Pi - Suraj SharmaSans jamais vraiment nous délivrer les réponses, mais en nous donnant à voir ce que chacun n 'a pas le pouvoir de discerner, Ang Lee soulève le voile de l'illusion, pour la questionner et surtout l'instituer en processus vitale. C'est grâce au pouvoir de l'imaginaire que la vie gagnera. La question n'est jamais de savoir si tout ce qui s'est déroulé est le fruit de la réalité ou non, mais plutôt de savoir si l'on choisit de croire ou non. L'Odyssée de Pi devient alors métaphore de la volonté humaine à travers son pouvoir d'imagination et également son rapport à la nature et aux animaux. On est émerveillé, apeuré, époustouflé et bouleversé en même temps que le périple avance et se fait conte sur le respect de l'humain envers toute forme de vie, celle de la nature, des animaux qui la peuplent, qui ne sont finalement que prolongations de lui-même. Celle produite par l'imagination, essentielle car elle permet à l'autre, tangible, accessible aux yeux de tous, d'exister.

 

Par Camille Esnault

 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook

Zoom Avant

Zoom Avant