Se connecter | Créer un compte



Lincoln

Ajouter à mes films favoris
 

Lincoln : portrait en clair obscur Lincoln - 2,0/5 (2,00)

Lincoln Steven Spielberg s'intéresse à Lincoln et à son rôle dans l'abolition de l'esclavage. Entre manipulations politiques et respect rigoureux de la loi, le scénario de Lincoln ne parvient jamais à nous emporter avec lui, malgré une mise en scène qui donne parfois dans le sublime.

 

Lincoln - Daniel Day-LewisLe talent de metteur en scène de Spielberg est incontestable. Et qui oserait le mettre en doute ? Assurément pas le spectateur de Lincoln, qui resterait subjugué par l'application avec laquelle le maître compose ses cadres ( la scène de fin rappelle presque le Marat Assassiné de David), par ses mouvements virtuoses de caméras ou encore par la photographie délicate, toute en clair obscur, représentative du portrait qu'il fait du 16e président des Etats-Unis. Le réalisateur fait preuve d'une élégance à toute épreuve pour ce biopic, qui l'est sans aucun doute, traitant pourtant d'un sujet qui ne l'est d'aucune manière. Spielberg se focalise sur l'abolition d'un des actes les plus indignes commis par l'être humain, l'esclavage. Et cette bataille n'a été ni très propre, ni très élégante puisqu'elle est à l'origine de quatre ans de Guerre Civile (plus de 600 000 morts), de massacres en tous genres et a été gagnée à coups de grande campagne de corruption politique. Pourtant l'écoeurante vérité se cache derrière la conventionnelle et rigoureuse mise en scène, qui se fait presque rassurante, tant on la connait, presque trop classieuse pour son sujet.

 

Lincoln - Sally FieldC'est un portrait aseptisé que construit Spielberg, celui d'une Amérique qui souffre plus que de mesure, mais qui n'est jamais vraiment montrée, sauf dans quelques moments d'émotion si balisés qu'ils glissent sur nous sans parvenir à nous toucher. Mais le sujet n'était pas vraiment cette Amérique c'est vrai, c'est Lincoln qui est dans l'oeil du cyclone, ce héros de la nation, tout en mesure, ni vraiment bon, ni vraiment mauvais d'ailleurs. C'est lui qui incarne cette classe si caractéristique du long-métrage, par sa manière d'être simplement et son verbe si éloquent, aussi bien lorsqu'il s'adresse à l'Histoire, que lorsqu'il raconte ses nombreuses petites histoires. Lui, c'est d'abord Daniel Day-Lewis, tout en retenue et en même temps si charismatique, qui nous bluffe dès les premières minutes et donne au long-métrage sa raison d'être.

 

Lincoln - Daniel Day-LewisMalgré ces efforts, on ne parvient jamais à cerner Lincoln en tant qu'homme, et on finit par se dire que ce n'était peut-être pas son but, puisque qu'avant tout le long-métrage montre Lincoln, orateur et manipulateur politique. Hormis ses quelques moments de divertissement affichés, à travers la chasse aux votes, entamée par deux arnaqueurs à la petite semaine, le film penche souvent dangereusement vers le film historique austère. Il devient alors cette grande fresque historique, bavarde et froide, espèce d'immense discours politique en lui-même qui nous laisse sur le bord de la route, quand il dissèque les textes de lois ou les mécanismes de politique internes. On en vient à désirer plus de ces moments drôlatiques, dont Spielberg connaît la mécanique sur le bout des doigts, qui contiennent ces emportements, cette passion, dont le film manque cruellement.

 

Par Camille Esnault

 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook

Zoom Avant

Zoom Avant