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Star Wars : Episode IV - La Guerre des étoiles

 

30 ans de bonheur ? Oui, mais pas seulement...

Il faut avouer qu'un tel succès ne se fait pas sans conséquences, ou sans quelques casseroles. Nous en avons recensé quelques-unes. 30, pour être précis. Evidemment. Des médisances récoltées par Marc Toullec.

 

Question de confiance

Avant de trouver en la 20th Century Fox un géant hollywoodien prêt à le financer, George Lucas présente Star Wars à d’autres studios. De tous, Universal étudie le projet avec la plus grande attention. Dans une note interne, un lecteur de scénario le juge en des termes élogieux. Tout va bien, du moins jusqu’à la conclusion : « M. Lucas possède-t-il vraiment les compétences pour mener à terme une entreprise pareille ? » Universal doute, Fox aussi, mais accorde tout de même sa confiance au réalisateur d'American Graffiti.

 

Bonne mine

Au fil des semaines, puis des mois, l’écriture du premier épisode de Star Wars se transforme en supplice pour George Lucas. A ce point obsédé par l’histoire qu’il essaie de raconter, le réalisateur n’arrive plus à aligner deux mots s’il ne travaille pas avec un certain type de papier et de crayon. Des mois plus tard, sur le plateau, il se rend soudain à l’évidence que cinquante hommes de troupe qui tirent sur trois fuyards à dix mètres, ça risque fort de tuer les trois fuyards. A lui de gérer au mieux les invraisemblances et de les rendre acceptables au montage.

 

Ce clebs de Chewbacca

En 1976, le tournage londonien du Nouvel Espoir se transforme en chemin de croix pour George Lucas. Les rapports sont si délicats avec l’équipe qu’il refuse parfois de se risquer sur le plateau. Là, le directeur de la photo, Gilbert Taylor, ne le ménage pas plus qu’il ne ménage Chewbacca dont il parle en des termes aussi peu élégants que « clébard » et « clebs ».

 

La princesse Leia défoncée !

De tous les interprètes du premier Star Wars, Carrie Fisher est celle qui connaît les pires tourments sur le plateau. Dans une situation conjugale difficile, fragilisée, elle se shoote quotidiennement à la cocaïne et au LSD. Ce qu’elle confessera plus tard, avec l’humour acide qui la caractérise : « Je crois que c’est grâce à la drogue que j’ai réussi à réciter des dialogues parfois ineptes » reconnaîtra-t-elle, pince-sans-rire.

 

Un « instant » de faiblesse

En 1978, dans un instant de faiblesse, George Lucas se laisse aller à la production d'Au temps de La Guerre des étoiles (The 'Star Wars' Holiday Special), kitschissime téléfilm où Han Solo et Luke Skywalker aident leur bon vieux Chewbacca à retrouver sa famille malgré les misères que leur font les soldats de l’Empire. Même si tous les comédiens du film répondent présents, ce Star Wars relève du spectacle de patronage aux plaisanteries particulièrement laborieuses. Conscient de son erreur, George Lucas tente, depuis, d’en empêcher la diffusion. Il y parvient côté droits TV mais, malgré sa dextérité à effacer sa bévue, des copies continuent à circuler sous le manteau… Ici, par exemple !

 

Cachez ces seins…

Carrie Fisher toujours ! Jamais en panne d’une bonne anecdote sur le comportement et les lubies de George Lucas, elle balance que celui-ci lui demande de se comprimer la poitrine sous de larges bandelettes : « Car, dans l’espace, les seins des femmes ne doivent pas ballotter ! » Une loi de la pesanteur revue et corrigée par un Lucas toujours chaste qui, ne contrôlant pas encore tout, laisse passer des photos promotionnelles où la comédienne porte un fin chemisier blanc, si fin que ses tétons trahissent leur présence. Vengeance ?

 

La guerre des Rose

Travailler avec George Lucas n’est pas toujours une sinécure. Même pour sa femme, Marcia Lucas, qui monte le premier Star Wars dont le bout-à-bout angoisse les patrons de la Fox. Dans la salle de montage, les relations sont si bien tendues, si conflictuelles entre les époux qu’elles empoisonnent aussi leur vie conjugale. A Charles Lippincott, le publiciste du film, Marcia confie que jamais plus elle ne travaillera avec son mari car cela aboutirait probablement à un divorce. Ce qui surviendra à l’issue du Retour du Jedi, en 1983.

 

Brian De Palma dégomme Star Wars

Avant que les effets spéciaux, très en retard, ne soient intégrés, George Lucas organise une projection pour quelques amis dont Brian De Palma, Steven Spielberg et Martin Scorsese. Brian De Palma émet le jugement le plus sévère du lot. Il parle du texte d’exposition en déroulant comme « d’un charabia incompréhensible », se demande à voix haute pourquoi l’un des robots est habillé sur le modèle de l’homme en fer blanc du Magicien d’Oz… Un vrai massacre. George Lucas botte en touche en faisant remarquer à son « copain » que ses premiers films n’ont jamais rapporté ne serait-ce qu’un radis.

 

The wrong trousers

Si de bonnes idées, George Lucas en a souvent, il peut également en proposer de très mauvaises, voire de totalement foutraques. A Harrison Ford pour le rôle de Han Solo, il demande d’abord de porter d’étroits pantalons Denim. « Pourquoi pas des collants roses à la Peter Pan ? » répond, horrifié, le comédien au réalisateur.

 

Dingue de lui

Tandis que Carrie Fisher appelle un voisin à la rescousse pour déloger un admirateur givré de sa cuisine, George Lucas reçoit, lui aussi, d’étranges visites au lendemain de la sortie triomphale du Nouvel Espoir. Ainsi, l’une de ses secrétaires voit-elle débarquer un type qui, se présentant comme un chevalier Jedi, lui brandit un long couteau sous le nez. Quelques jours plus tard, déboule un olibrius qui exige 100 M$ sous prétexte qu’il aurait écrit le film !

 

Délire capillaire

Dans la ruée vers l’or que suscite la trilogie, tout le monde s’y met, les détenteurs officiels de la franchise, les industriels de la contrefaçon et, aussi, les petits malins. C’est ainsi que, dans son salon de Londres, le très branché coiffeur Michael John propose à sa clientèle huppée une coupe XXIe siècle, façon Sphinx, qu’il annonce en vitrine « inspirée de Star Wars ». Prix de l’opération : 12 £ ! Considérable pour 1977 !

 

Pas de petites économies

Bien que sa fortune personnelle se monte à 100 M$ après que L’Empire contre-attaque est sorti, George Lucas ne flambe pas. Sur l’usage qu’il compte faire de son pactole, il répond au journaliste du magazine Forbes : « Le mettre en lieu sûr. » Comme pour aggraver son cas, il ajoute : « Par nature, je reste du genre à conserver précieusement les coupons de réduction ! » On ne se refait pas.

 

Pays ennemis

Contrairement à ce qui se dit, Le Nouvel Espoir ne déclenche pas des émeutes partout où il passe. Malgré une réputation plus que flatteuse et une publicité tonitruante, il sort au Chili dans l’indifférence générale en mai 1978. La critique parle « d’une bande dessinée mineure » et le public se bouscule si peu aux portes des cinémas que le film quitte l’affiche après seulement six semaines d’exploitation. Accueil tout aussi frileux en Scandinavie où le space- opéra de George Lucas laisse froids les spectateurs.

 

Propriété de George Lucas

Si, aujourd’hui, Mark Hamill cultive la nostalgie de cette épopée, il n’en a pas toujours été de même. A une époque où George Lucas fait un usage intensif de l'image de l'acteur et va jusqu’à exploiter sa voix dans une version audio des trois premiers films, le comédien fulmine : « Avec tout ça, il ne lui reste plus qu’à me marquer copyright George Lucas au fer rouge sur les fesses, comme on le fait déjà au bétail ! »

 

La rumeur court…

Des rumeurs autour de Star Wars, il en existe des milliers. Celle de Diana Rigg (Emma Peel dans « Chapeau melon et bottes de cuir ») sous le casque de Boba Fett (!) circule pendant une bonne année avant de s’évaporer. A l’approche de la sortie de La Menace fantôme, les affabulateurs s’en donnent à coeur joie sur le Net. Ainsi apprend-t-on que George Lucas verrait bien Charlton Heston dans la peau verte de Yoda et que Gérard Depardieu aurait la corpulence adéquate à l’interprétation du gluant Jabba le Hutt.

 

La musique des sphères

En pleine réflexion sur l'Episode IV, George Lucas subit l’influence de quelques-uns des grands films de science-fiction qui l’ont précédé, notamment 2001, l’Odyssée de l’espace. Suivant l’exemple de Stanley Kubrick, il compte ponctuer la BO du film de grands morceaux classiques. Sur les conseils de Steven Spielberg qui lui présente son compositeur des Dents de la mer, John Williams, il abandonne fort heureusement l’idée.

 

Le sale air du disco

Star Wars est né en plein période disco. La musique composée par John Williams a donc connu un lifting en règle. Ce ne serait rien si des émissions de télé ne s'étaient amusées à créer des chorégraphies. La preuve ici.

 

Eco pour tous !

Le budget du film n’autorisant le luxe à personne, les comédiens comme les membres de l’équipe technique voyagent de Los Angeles à Londres, lieu d’une grande partie du tournage, en classe économique. Lorsqu’elle apprend ça, la mère de Carrie Fisher, la comédienne Debbie Reynolds, appelle, furieuse, George Lucas, criant à l’humiliation. Dans la pièce au moment de l’appel, Carrie Fisher se saisit du combiné et, froidement, répond à maman : « Je tiens à voyager en classe économique ! Va te faire voir ! » Et la fille rebelle de raccrocher aussi sec !

 

Boycott

Rancunier, George Lucas boycotte la fête de fin de tournage organisée par les techniciens d’Industrial Light and Magic, l’atelier chargé des effets spéciaux. Les raisons invoquées : avoir mis en danger l’existence de son film en multipliant les retards, avoir réclamé un budget plus important que prévu et lui avoir fait perdre la face auprès des patrons de la Fox avec une séquence-test de deux secondes au terme de trois ans de labeur. Mais Lucas oublie aussi qu’il a fallu tout inventer et créer pour lui donner satisfaction…

 

George Lucas hypertendu

Si, très longtemps, George Lucas garde une dent contre John Dykstra, le responsable des effets spéciaux du premier volet, c’est notamment pour avoir contribué à l’une des grandes frayeurs de sa vie. Dans l’avion qui le ramène de Los Angeles à San Francisco, il ressent de fortes douleurs au niveau de la poitrine. Immédiatement hospitalisé à l'atterrissage, au Marin General Hospital, il s'entend dire qu’il souffre d’hypertension et d’épuisement. Qui mieux que John Dykstra, auquel il venait de rendre visite, pouvait porter le chapeau ?

 

Wookie classé X

La conception de produits dérivés battant son plein au lendemain de la sortie du premier opus en 1977, quoi de plus normal que de consacrer un livre aux créatures qui peuplent le film ? Munie d’une longue liste de questions, une certaine Valerie Hoffman s’adresse directement à George Lucas concernant Chewbacca et sa vie de famille. Le réalisateur pique un fard lorsque la dame l’interroge sur le mode de reproduction des wookies. « Mais c’est très personnel ! », obtient-elle pour seule réponse.

 

Mark Hamill défiguré

Sur le plateau, George Lucas fait l’inventaire de tous les pépins possibles et imaginables. Mais il n'avait pas envisagé le plus grave d’entre eux : Mark Hamill victime d’un accident de la route. Bilan physique : le visage abîmé, le nez pratiquement arraché. Si la chirurgie plastique redonnera à l’interprète de Luke Skywalker une allure présentable, George Lucas doit évidemment se passer de sa présence pour les derniers plans à mettre en boîte. Faute de mieux, il revoit le découpage de la séquence et emploie une doublure.

 

Han Solo sur les dents

De passage en France pour assurer la promotion, en 1978, Harrison Ford et Mark Hamill y vivent des expériences très différentes. Alors que le second trépigne à l’idée de manger du caviar dans le restaurant de la Maison du Danemark sur les Champs-Elysées, le premier recherche, aidé par l’attaché de presse, le dentiste qui mettra un terme à sa rage de dents !

 

Le père de « Star Trek » jaloux

Si Gene Roddenberry doit à George Lucas une fière chandelle, le succès de Star Wars ayant entraîné la mise en chantier de Star Trek : Le film par Paramount, celui-ci se montre particulièrement jaloux de l’ampleur du phénomène initié par son jeune émule. Poli, le créateur de M. Spock contient tout de même son amertume dans son autobiographie.

 

A grosses gouttes

Lors du Star Wars original, le tournage de la scène de la Cantina se révèle être une épreuve pour les comédiens masqués, particulièrement ceux qui incarnent les musiciens. Il fait si chaud sur le plateau qu’ils ruissellent de sueur et étouffent littéralement. Compatissant, le producteur Gary Kurtz court à leur aide, muni d’une lame de rasoir dont il se sert pour tailler un conduit de ventilation sur les masques en question, au niveau de la nuque.

 

Star Wars sur le Bosphore

Des avatars, Star Wars en génère des dizaines dans le monde, dès sa sortie en 1977. Tandis que les studios hollywoodiens misent désormais gros sur la science-fiction, des producteurs moins nantis font avec les moyens du bord pour bricoler leur Guerre des étoiles à eux. C’est ainsi qu’en Turquie, en 1982, le producteur Mehmet Karahafiz offre à l’histoire du nanar l’un de ses plus beaux fleurons avec Turkish Star Wars (Dünyayi kurtaran Adam, traduisez par « Le Sauveur du monde »). Réalisé par Çetin Inanç et contant les déboires de deux aventuriers de l’espace qui sauvent une planète de la tyrannie d’un infâme empereur, le film pousse le vice jusqu’à reprendre des plans d’effets spéciaux de l'original et piller les bandes- son des Aventuriers de l’arche perdue et du plus récent Flash Gordon. Immense

(à voir sur www.nanarland.com).

 

Steven répond « non »

Pratiquement traumatisé par son expérience de la réalisation sur Le Nouvel Espoir, George Lucas recherche un suppléant pour L’Empire contre-attaque. Après que son ami Steven Spielberg lui a répondu par la négative non sans lui avoir fait espérer le contraire, plusieurs autres cinéastes font de même, dont David Lynch ! Lucas choisit le vétéran Irvin Kershner qui, au-delà de la qualité de son travail, discute tous les mots d’ordre et n’en fait qu’à sa tête. D’où l’embauche du très malléable Richard Marquand pour Le Retour du Jedi.

 

A la Kubrick

Star Wars laisse, en 1977, sceptiques les patrons de Fox France. Avant que le succès américain ne prenne les proportions d’un phénomène de société, ils entendent exploiter le space-opéra de George Lucas selon le mode opératoire des films de Stanley Kubrick. A savoir peu de salles et ciblées art et essai, avec davantage de versions originales que de versions françaises… Evidemment, cette stratégie de sortie timorée volera en éclats sous les exigences de la maison mère et de George Lucas.

 

La religion Jedi

En créant les mondes de Star Wars d’après des éléments hétéroclites empruntés autant à la bande dessinée, qu’au cinéma et à l’Histoire, George Lucas ne s’attendait certainement pas à ce que l’ordre des Jedi devienne une religion revendiquée par certains. Le phénomène naît en Grande-Bretagne, en 2001, à l’occasion d’un recensement et, peu à peu, s’étend à l’Australie, la Nouvelle-Zélande, au Canada et aux Etats-Unis. En Grande-Bretagne, pas moins de 390 000 personnes se prétendent ainsi d'obédience Jedi, faisant de l’ordre la quatrième confession du pays !

 

Le frère caché de Dark Vador

Des parodies, pastiches et détournements, Star Wars en génère des centaines. L’un des meilleurs : Chad Vader de Matt Sloane et Aaron Yonda qui, de la télévision où seulement deux épisodes sont diffusés, passe au Net où six autres lui succèdent. Petit frère de Dark Vador, Chad occupe le poste de manager de jour dans la supérette Empire Market et n'a de cesse d'être contrarié par le manager de nuit, Clint. Amoureux d’une caissière, Chad dégaine son sabre laser pour corriger son rival qui l’envoie au sol à l’aide d’une simple peau de banane. Vraiment drôle et impertinent. Et c'est à voir ici !

Par : Laurent Cotillon (26/10/2007 19h25)
 
 

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