Synopsis
« La légende posthume d'Ousmane Sembene résiste. Il n'est fait mention que de l'homme politique, engagé, militant comme s'il n'avait jamais eu ni famille, ni femmes autour de lui, faisant de lui un homme solitaire, préservant ainsi l‘image qu'il s'était forgée. Quand je réalise cet entretien en 1992, Ousmane Sembene vient de terminer le film Guelwaar, tiré d'un fait divers, qui traite d'un conflit au Sénégal qui oppose les deux communautés catholique et musulmane à propos de la disparition d'un cadavre. Parle-moi des femmes de Guelwaar, lui avais-je demandé. Une femme ou les femmes ? m'avait-il répondu. Rétrospectivement, le plus saisissant dans cet entretien est la présence d'Ousmane, la conscience qu'il a d'être habité par l'histoire de l'Afrique et la force créatrice qu'il tire de la tradition orale. Comme artiste, il s'inscrit dans la communauté à laquelle il appartient : « Je suis un conteur, un artiste qui essaie d'exprimer à haute voix les pulsations secrètes de son peuple.