A la sortie de ce film taxé de fascisme, au centre d'une polémique au Brésil et dans les festivals où il a été présenté, la critique française a mis en évidence le fait que la violence du film est comparable à celle de La Cité de Dieu mais que Troupe d'élite « représente la particularité d'aborder son sujet du point de vue des forces de l'ordre » (Le Monde). Personne n'est dupe: « le seul objet du film, comme son titre l'indique assez clairement d'ailleurs, consiste à ériger le mythe du BOPE » (Le Monde) et Troupe d'Elite « confond chronique et hagiographie » (L'Express). Mais, de toute façon, pour la presse unanime, « ce qui choque n'est pas le sujet ni même le point de vue mais tout bêtement la réalisation » (Les Inrockuptibles). Car « afin de dénoncer une police brésilienne manquant de moyens et de formation, corrompue jusque dans sa hiérarchie, le cinéaste utilise les grands moyens » (Le Figaroscope). Beaucoup n'y voient qu'un « thriller à l'esbrouffe » aux « effets faciles (flashs, ralentis) » et à la « gratuité de jeu vidéo » (Les Inrockuptibles), « avec des images saturées de couleur et une musique assourdissante » (Le Figaro) tandis que Le Monde remarque que « le manifeste esthétique du film rejoint logiquement son programme idéologique: une apologie de la force pure, un refus viril de la moindre pensée et de la moindre tentative d'analyse sociale, une mise en clip spectaculaire et particulièrement hypocrite de la violence ». Par ailleurs, remarque le quotidien, l' « intrigue est assez mince » et « les considérations psychologiques, sociales ou romanesques du récit se révèlent rapidement pour ce qu'elles sont: un vernis superficiel et inconsistant ». Troupe d'élite est, en somme, un film gonflé d'action à l'américaine, qui laisse une « impression de déjà-vu, plombée par des choix de mise en scène peu subtils » (Télérama).