Le Premier venu |
DrameCamille cherche à donner un peu de lumière et de légèreté à sa vie, qu'elle voit comme très insuffisante et inutile. Elle veut échapper à la laideur du réel. Son appel aveugle rencontre Costa, expert en errances et en inconséquences : mauvais père, mauvais fils, mal aimant et mal-aimé qui ne peut susciter que de la suspicion, de la crainte et surtout pas de l'amour. Et ce premier venu peut être le premier salaud venu, a priori pas digne du moindre intérêt, ni du moindre attachement. Entre elle et lui, ça se cogne tout de suite, une histoire de violence et aussi un élan d'elle vers lui
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Presse :
(3,50)
Les plus
Les moinsLe retour de Jacques Doillon, après une longue période sans tournage (5 ans, après Raja en 2003) et la maladie, est salué par une vague d'enthousiasme non dissimulé. Pour Le Monde, «le nouveau film de Doillon est une histoire de miracle, de résurrection».
Pour beaucoup de critiques, Le Premier Venu apparaît comme un film somme, un «précipité de tout ce qui fonde l'art de Doillon», selon le Nouvel Observateur. Le Monde pousse cet analyse, énonçant «la demande éperdue d'amour d'une fille têtue, la mue d'un invalide du sentiment, l'irruption d'un intrus, le déni de paternité et la culpabilité qu'il engendre, l'impulsion et la paralysie des corps, l'inflation verbale et le silence infirme». Les Inrocks ne sont pas en reste: «ce titre pourrait symboliser le projet que Jacques Doillon est enfin parvenu à concrétiser dans un contexte global qui tend à marginaliser les cinéastes de sa catégorie et de sa génération», portant «en lui la jubilation malicieuse du cinéaste de pousser les choses jusqu'au risque qu'elles se cassent la gueule». Pour les Cahiers du Cinéma, il s'agit de définir une des nouvelles formes du cinéma français, s'éloignant de la «tradition narrative», pour privilégier l'immédiat, le moment présent, «guetter l'instant où un récit se fait monde».
Si Studio ne sait pas trop quoi en dire, à part du «cinéma terriblement vivant!», Cine Live semble perplexe, trouvant «étrange...» les relations ambiguës des personnages, «comme laissés pour compte», qui «finissent par s'entrechoquer dans des rapports artificiels». Le magazine va jusqu'à qualifier d'«errance mollassonne» la rencontre entre Clémentine Beaugrand et Gérald Thomassin. Ce dernier, révélé voilà 18 ans dans Le Petit Criminel de Doillon, est encensé par Première, fasciné, par ce «bloc de nervosité empêtré dans une romance équivoque». Le Monde en profite pour appuyer la filiation avec Le Petit Criminel, dans le «même profil du héros, inconséquent voyou, même obsession tardive chez lui de se reconstituer une famille». Quand au personnage de Camille, c'est jusqu'à La Drôlesse (1979) et Mado que le quotidien et Positif remontent: «la relation entre Camille et Costa (...), la rapidité avec laquelle l'agressée a fait sienne ce qu'elle appelle «notre histoire», en se forgeant une autre éthique que la morale commune dont elle se moque». En effet, ce sont, avant tout, les acteurs qui portent le film. Eric Libiot, pour l'Express, le caractérise comme «accroché aux baskets de (ses) personnages (...) porté par (ses) trois acteurs magnifiques». Il rejoint sans le savoir l'affirmation de Doillon lui-même dans le Nouvel Observateur, sur son cinéma porté par les personnages et leurs interprètes: «les films sont ce que les personnages en font». Aux Inrocks, avec Positif, on tire son épingle du jeu, en découvrant de l'inédit dans ce nouveau Doillon: de la comédie, décelée dans de «véritables moments de cocasserie dans la façon de bouger de Thomassin, de la franchise (...) ou encore de l'enchaînement tragi-comique de certaines situations un peu rocambolesques». Cela rejoint ainsi ce qui, pour les Cahiers du Cinéma, fait la force de Doillon dans ce dernier film en liant intimement «le cinéma de genre et la justesse, c'est-à-dire les stéréotypes éternels et les préjugés sociaux». Au Figaro, on a remarqué la légèreté du film, sachant «tirer d'une réalité lourde, voire grossière, des vibrations étrangement délicates». On retrouve ces sensations dans Télérama, où on parle de «marivaudages légers et tragiques (...) où la caméra semble perpétuellement dessiner une chorégraphie sinueuse». Cette vivacité se caractérise, aux Cahiers du Cinéma, par «un rythme de chien fou, tour à tour indécis et décidé». La seule critique entièrement négative reste celle du Nouvel Obs, le film restant à l'état de «projet», les dialogues, si encensés plus haut, tournent «à vide».
Ainsi, tout le monde s'accorde pour qualifier ce dernier film d'intéressant et fort, si l'on réussit, un temps soi peu, à passer la barrière «auteuriste» qui l'entoure.
Détails techniques
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Forum
Habitué des sélections internationales dans les festivals, Jacques Doillon se retrouve avec Le Premier venu à Berlin, dans la sélection Forum. Il s'agit d'une sélection parallèle consacré à « l'art et l'essai et aux nouveaux talents », soit l' (...)
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