L'aridité du Sud du Portugal, le désert mental d'une jeunesse désoeuvrée, la techno Allemande, tout ça dans un projet qui croise le « film d'auteur hardcore » et « le film Punk » : voilà de quoi attirer l'attention des Cahiers du Cinema. Charmée par « la pure image mentale des années 80 » que propose le film, la revue est hypnotisée par la danse des « protagonistes abattus, allongés, défaits, crevant d'ennui, l'oeil mort ». Jean François Rauger du Monde nous rassure : cette description ne concerne pas le spectateur et se limite aux protagonistes, dont le « vide existentiel » crée une « fascination hypnotique ». Cette description du Spleen est selon le critique « la manifestation moderne d'une mélancolie profonde et contemporaine ». Télérama sort les références lourdes : c'est aux jeunes illuminés de La Cicatrice interieur que font penser les personnages de ce « trip immobile, volontairement décousu ». Et c'est « une image assez juste de l'Apocalypse au ralenti conceptualisé par Baudrillart » que donne ce film fragmenté. TéléObs décrit aussi élogieusement le film : « Peu de dialogues, aucune explication psychologique, une musique entêtante, Vieira da Silva filme ses personnages au plus près de leur detresse et de leur solitude. L'expérience est intense ». Libé est carrément en transe et se fait lyrique : « Body Rice est un film visuel et mental dont la toile est un drap virginal simplement tendu, accroché à quelques points cardinaux : l'exil, l'adolescence, la musique, la géographie et le regard porté ». Seul L'Express évoque un film ennuyeux. Radicalité et exigence sont donc les mots d'ordre de ce film contemplatif et Rock'n Roll, défendu par quelques critiques pointus.