La ressortie du film de René Allio, Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... passe plutôt inaperçu pour l'ensemble de la presse. Seuls Les Cahiers du cinéma et Les Inrockuptibles rendent un dernier hommage à l'affaire Pierre Rivière. Jean-Baptiste Morain des Inrockuptibles annonce un « film d'une grande sobriété sous influence bressonienne » même si le film s'écarte de la réalité, le résultat est « saisissant ». Un film « culte ». Pour le directeur de la rédaction de la revue mythique Les Cahiers du Cinéma, Jean-Michel Frodon évoque le temps d'un article élogieux, « la puissance, la vigueur de la présence, l'intelligence de la construction, l'impression de beauté et de trouble à l'écoute du mémoire rédigé en prison par le jeune paysan assassin. ». D'après le critique, ces aspects sont toujours aussi « intacts » car la force du film vient de «l'alchimie entre le placement des corps et des objets mis en relation avec le montage précis de la voix off ». En définitive, le film de René Allio doit être revu car le fonctionnement de la justice et la notion de culpabilité sont plus acceptés aujourd'hui qu'en 1968. Effet du temps oblige, le long-métrage permet de revenir sur le fait divers de 1835 grâce aux travaux de Michel Foucault de 1973 alors que la sortie de Retour en Normandie permet un regard sur Moi, Pierre Rivière... Plusieurs regards lucides sur une affaire tragique du XIXème siècle.