Assez! Semble être l'avis de la presse en général, plutôt exaspérée par cette énième suite des inventions sadiques de l'ami Jigsaw. Celui qui aime tant démembrer ses congénères ne divertit plus, pire, il ne fait plus peur. Et c'est à son tour de se faire massacrer. Allez, lynchage en vrac et pour le plaisir... Première déclare Saw 4 moins nul que le 2 et le 3, ce qui ne sous-entend pas que ce volet est réussi. Assez de ce « look caniveau chic » entend-on, une périphrase imagée qui honore Saw 4 d'une seule étoile, certainement pas décernée pour l'originalité du scénario ou le jeu des acteurs « dont même la télé ne veut plus ». Ciné Live s'ennuie devant cet opus jouant sur le maxi-gore et le mini-script. Studio vomit une intrigue poussive et des litres d'hémoglobine, assurant que « le dégoût a remplacé la peur ». L'Ecran Fantastique s'interroge, « proposer une suite à un film dont le succès repose sur un personnage mort lors de l'opus précédent était une sacrée gageure en matière de créativité » - question que pose aussi, pur la forme, Le Nouvel Observateur - puis doute. À grands renforts de flash-backs, d'intrigues biscornues, les scénaristes se perdent et nous égarent par la même occasion. Tout est emmêlé, les personnages sont multipliés. Conclusion : en faire des tonnes pour masquer l'absence d'originalité n'est pas une bonne recette et relève de l'exercice de style stérile, engendrant un hybride hideux, ni puzzle logique ni vraiment gore, où les artifices visuels et sonores produisent l'inverse de l'effet escompté. James Wan et Leigh Whannell manquent définitivement au scénario. Mad Movies éructe : « Saw IV montre à quel point Hollywood aime se remplir les poches sans trop se prendre la tête, quitte à verser dans la putasserie totale. » Le réalisateur Darren Lynn Bousman sort sous les huées, et « ne signe rien d'autre qu'un décalque complet des précédents Saw ». Abusant du maquillage gore mais pas de la direction d'acteurs, Saw IV refuse de s'affranchir des précédents opus afin de ne pas décevoir les fans, ce qui est « proprement inexcusable ». La souffrance humaine n'est utilisée qu'à des fins spectaculaires, sans aucun recul. Télérama s'acharne à son tour sur cette intrigue sado-gore, embrouillée, débile et violente. Quant aux Inrocks, ils crachent sur cet « Abou Ghraib chic », riche en rebondissements absurdes et tortures ridicules, risible et improbable.