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Chronique DVD - Satan, Mon Amour de Paul Wendkos

Satan, mon amourPlus de quarante ans ont passés depuis la sortie de Satan, mon amour. A l’heure où le diable a droit à de nombreux reportages fait cinéma, il est très agréable de nous retrouver face à la belle Jacqueline Bisset, aux prises avec des adorateurs du prince des ténèbres d’un genre élégant mais non moins déviant.

 

Satan, mon amour - Jacqueline BissetIl n’est pas anodin si Satan, mon amour vient aujourd’hui intégrer la collection des « introuvables » de Wild Side Vidéo. Cuisant échec à sa sortie en salle en 1971 aux Etats-Unis, il fut comme jeté aux oubliettes, ne réapparaissant qu’il y a quelques années par l’intermédiaire du DVD. Cette invisibilité lui a sans doute conféré sa petite aura de film culte. Un film fantastique qu’on peut placer dans le sillage de Rosemary’s Baby de Roman Polanski, sorti trois ans plus tôt, qui fut lui un grand succès au box-office. Tant qu’il en lança une mode : tous ces films où il est question de possessions et diableries.

 

Satan, mon amourOn nous conte ici l’histoire d’un couple californien sans histoires. Lui est journaliste musical, elle, a montée avec sa meilleure amie sa propre boutique de prêt-à-porter. Ce matin là, Myles ( Alan Alda) doit justement aller interviewer un grand pianiste dans sa splendide demeure, Duncan Ely ( Curd Jürgens). Une fois face au maestro, celui-ci jette son dévolu sur ses mains. De grandes mains qui ne peuvent être que celles d’un pianiste. Et effectivement, Myles eut plus jeunes certaines ambitions, mais dût passer à autre chose, faute, peut-on le deviner, d’un talent insuffisant. Elles sont si fascinantes ces mains que le maître de maison en appelle sa fille pour qu’elle puisse les apprécier. Serait-ce à cause de ces mains que Myles devient vite un habitué des lieux ?

 

Satan, mon amour - Barbara ParkinsLe film ne nous le cache jamais, donc ne faisons cas d’aucuns mystères, oui ce sont ces mains qui précipite Myles dans sa mésaventure. Séduit, enivré par les compliments et attentions que lui porte le grand homme, il ne voit pas à quel étrange projet on le destine. Au cours d’une cérémonie, où il est question d’incantations et d’une mystérieuse substance bleue, il tombe dans un sommeil profond, pour ne plus jamais se réveiller. C’est Duncan Ely, qui vient de passer l’arme à gauche, qui se chausse de son corps. Il rejoint sa femme, qui le trouve différent, mais n’est pas contre de profiter de l’important héritage laissé à Myles (donc Duncan) et faire l’amour avec cet homme d’une vigueur nouvelle.

 

Elle se méfiait de cet entourage qui lui semblait embobiner Myles (« pourquoi sont-ils trop gentils ? » lui disait-elle), et ses doutes ne vont pas en se calmant. S’en est évident que ce n’est pas Myles (il fait soudain l’amour comme un dieu et joue du piano comme un virtuose), mais là n’est pas réellement le soucis. Au moins a-t-elle un mari plus performant. Là où le bas blesse, c’est le temps qu’il passe loin d’elle, pense-t-elle dans les bras d’une autre femme, la fille de Duncan Ely. Sa jalousie la convainc bientôt que le père et la fille, amants, souhaitent à son tour lui chiper son corps. Et à juste raison.

 

Dans cette ambiance résolument déviante, permis par la tutelle de ce diable qu’on prie et invoque, le film empruntera la logique de son héroïne, pas moins machiavélique que ses opposants. Peu importe qui emprunte le corps de Myles, ce corps là est à elle et rien ne saurait lui en priver. Ni la mort, ni quelconques adorateurs. Quitte à invoquer à son tour l’ange le plus sombre.

 

Le DVD

Le film fut restauré et sans doute à juste titre. Ces terribles années qui passent… La copie ici proposée est absolument remarquable, faisant justice à la photographie colorée de cette valse avec le diable (Le titre original est d’ailleurs The Mephisto Waltz). Version française et Version originale sous-titrée en mono. Fut confié à Alain Schlockoff (créateur et rédacteur en chef de L’Ecran Fantastique), à travers un entretien de treize minutes, la présentation du film, mais aussi de son auteur (un metteur en scène de télévisions), et de nous en confier - selon lui - les principales qualités.

 

Edité par Wild Side Vidéo


Par Frédéric Vernichon (11/02/2013 à 16h12)
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