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Chronique DVD - Les saveurs du palais de Christian Vincent

Les Saveurs du PalaisAprès son joli succès dans les salles (près d’un million d’entrées), Les saveurs du palais arrive en DVD pour une édition soignée, avec un important making of de plus d’une heure. Replongeons-nous dans ce récit inspiré des deux ans passés à L’Elysée de Danièle Delpeuch, cuisinière particulière de François Mitterrand.

 

Hortense Laborie ( Catherine Frot) ne demandait rien à personne. Exploitante d’une truffière dans le Périgord, elle se serait bien contenter de sa situation. Mais voila, elle qui enseigne la cuisine du terroir un peu partout de par le monde, elle qui régale de ses bons produits sa région, fut recommandé par un grand chef à un haut fonctionnaire français. Ainsi lui a-t-on présenté cet homme qui veut en faire sa cuisinière particulière. Une fois à Paris, on lui apprend que ce haut fonctionnaire est le plus haut des fonctionnaires, le président de la république en personne. Hortense, accueillie fraîchement par les hommes chargés de nourrir tout le personnel de l’Elysée, ne s’en met pas moins à la tâche.

 

Les Saveurs du Palais - Catherine FrotDe Christian Vincent, nous en étions restés à Quatre étoiles, sympathique comédie avec José Garcia et Isabelle Carré (surtout pour eux) qui, une fois bouclée, nous laissait tout de même avec un étrange arrière goût. Il en est de même avec Les saveurs du palais. Si le film est soigné, nous restons sur notre faim. Sous les atours de ce divertissement bon teint, il manque une cruelle matière scénaristique, pour ne pas dire dramaturgique (même si le mot est pompeux dans le cadre de cette comédie). Cette bonne dame arrive à L’Elysée, cuisine - puisque telle est sa mission - croise à deux ou trois reprises le président de la république ( Jean d’Ormesson, dans les vagues costumes de François Mitterrand), et puis… et bien puis… pas grand-chose d’autre.

 

Il était sans doute dans les intentions des auteurs (Christian Vincent et Etienne Comart, le scénariste des Hommes et des dieux) de s’étendre sur l’amertume ressentie par l’héroïne de ses deux ans passés dans les coulisses du pouvoir, mais s’ils en dressent quelques vignettes (à travers les séquences islandaise, où Hortense est venu se réfugier), ils ne font que rester à la surface de leur sujet. Fut préféré de rester dans l’inconséquence de cette bonne cuisine qu’on concocte avec amour plutôt que de s’employer à garnir un film qui, comme tous les autres, méritaient au moins cet effort.

 

Les Saveurs du Palais - Catherine FrotChristian Vincent confirme une fois de plus son habilité de metteur en scène (faire tenir debout pas grand-chose) mais ne réussit pas à rendre passionnante cette héroïne issue de l’éternelle vieille France du terroir. Comme elle est observée sur les terres islandaises, elle n’est qu’un fantôme. Tous lui voient une vie passionnante, digne d’être racontée (la volonté de la reporter australienne à vouloir l’approcher), mais une fois le film finit, il est évident qu’elle n’a absolument rien à transmettre. Parler recettes avec le président de la république à deux ou trois reprises ne méritait pas l’ébauche d’un scénario. Mais bon, vu le succès de ces saveurs du palais, qui comme bien d’autres productions populaires françaises du même acabit se veulent avant tout distraction rassurante, on peut s’attendre que soit prochainement tourné un film sur ce quidam qui à un jour serrer la main de Pompidou… Ne reste plus qu’à choisir quelle main.

 

Le DVD

 

Les Saveurs du Palais - Catherine Frot, Jean d'OrmessonIl serait bien difficile de trouver à redire quant aux qualités à proprement dites techniques de ce DVD. Deux pistes audio, l’une en DTS 5.1 et l’autre en Dolby Digital 2.0, l’audio description et des sous-titres pour sourds et malentendants. Pour supplément, outre la bande-annonce du film, nous avons donc ce grand making of d’une heure et quinze minutes. Ce dernier est compartimenté en cinq grands chapitres : le premier consacré au personnage incarné par Catherine Frot, Hortense. La comédienne s’étend sur son personnage, sa rencontre avec Danièle Delpeuch (la vraie Hortense) et le tournage a proprement dit.

 

Les Saveurs du Palais - Catherine FrotLe second segment se focalise sur Jean d’Ormesson, qui incarne ce président amateur de cuisine « comme chez grand-mère ». Il revient sur son arrivé sur le tournage (suite au désistement de dernière minute de Claude Rich), son personnage, le travail avec Christian Vincent et Catherine Frot, et nous livre quelques anecdotes sur François Mitterrand. Notamment qu’il fut son dernier interlocuteur en tant que président de la république. Le troisième « chapitre » est entièrement consacré aux décors utilisés pour représenter le palais de l’Elysée. Cinq décors qui furent pour certains les réels décors de l’Elysée (la cour principale et la salle de réception, notamment) et pour d’autres reproduits ailleurs. Le quatrième « chapitre » met en appétit. Si on ne mange pas dans le film (ce devait être trop grossier de filmer les gens entrain de manger), nous pouvons voir les différents plats utilisés pour le tournage se faire sous nos yeux. Pour cette tâche, fut embaucher de vrais chef cuisinier, lesquels ont suivis les véritables recettes de Danièle Delpeuch. Le cinquième et donc dernier « chapitre » nous fait quitter les fastes élyséens pour les froides terres d’Islande, lieux où furent tournés les séquences où Hortense prête ses talents pour nourrir des employés français du bout du monde. Le froid, la pluie, le vent, l’endroit idéal pour ne pas y passer nos vacances.

 

Notons la présence de deux recettes tirées du livre de Danièle Delpeuch, dont celle de « La crème de mémé ». Une crème qui ne peut mieux venir résumer notre film.

 

Edité par Wild Side Vidéo


Par Frédéric Vernichon (31/01/2013 à 12h10)
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