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Chronique DVD - Marley de Kevin MacDonald

MarleyIl fallait pour accompagner le documentaire dirigé par Kevin MacDonald une édition à la hauteur. Et tout consiste à venir célébrer l’artiste et prophète rastafari un peu plus de trente ans après sa mort.

 

MarleyD’un point A à un point Z. Telle est la trajectoire empruntée par cet imposant documentaire consacré à Bob Marley. Kevin MacDonald, aidé par moult documents d’archives et entretiens avec les proches de la légende du reggae, nous narre sa vie, de sa naissance, dans un petit village reculé de Jamaïque, à sa mort, sous le ciel de Miami. Entre les deux événements, trente six ans se seront écoulés, où le petit garçon né d’un père blanc et d’une mère noire sera devenu une icône mondiale, prophète d’un mouvement musical et de la pensée rasta. Il ne s’agît bien sûr pas ici d’écorner la légende. Mais après tout, à quoi bon écorner quand il n’y a pas grand chose à écorner ? Juste à approfondir, aller au-delà des idées reçues et faire le tour d’un homme qu’on nous décrit timide et réservé, musicien passionné et perfectionniste, aussi exigeant avec soi-même qu’il pouvait l’être avec les autres.

 

Les différents intervenants nous relatent son enfance, son premier contact avec la musique, la formation des Wailers, l’invention (par hasard) du reggae et la popularité montante d’un garçon qui allait conquérir les publics du monde entier. Tous se souviennent, souriants et parfois émus, de cette odyssée qui a vu un gamin pauvre s’élever au-dessus de ses maîtres et prôner la paix dans un pays divisé, entre deux parties qui se faisait la guerre. Comme il y aura ce concert au Zimbabwe, pour fêter l’indépendance récemment acquise. Concert surréaliste où devant le chaos et des musiciens fuyant les gaz lacrymogènes, Marley reste seul sur scène, imperturbable dans sa transe.

 

MarleyS’il était tout entier dédié au message qu’il avait à transmettre, Marley atteint peu à peu un tout autre statut, accueilli partout où il passe comme une voix qu’il faut écouter, tel un messie venu prêcher la bonne parole. S’il a fait sortir le reggae de Jamaïque, il aura aussi contribué à faire connaître la doctrine rastafari. Le documentaire nous éclaire un peu plus sur cette philosophie souvent vue de façon superficielle. On peut s’étonner du choix des premiers rastas d’avoir fait de Haïlé Sélassié 1er leur prophète (le premier intéressé n’en devait pas moins être surpris), mais demeure la volonté de s’approprier une philosophie dans laquelle chacun pouvait enfin se trouver. Le christianisme vendus par les blancs esclavagistes devenant le rastafari des noirs jamaïcains. Et si tout cela guidait Bob Marley, on peut vérifier à longueur d’entretiens avec ses amis que ça ne leur a pas si mal réussis. Leur bonne humeur est la meilleure carte de visite pour Marley, le documentaire.

 

Les DVD

 

MarleyLes petits plats dans les grands. Autour du documentaire et ses deux heures et dix neuf minutes, nous trouvons encore matériaux pour explorer le personnage. Et deux disques n’étaient pas de trop.

Sur le premier, outre le film, nous est proposé de voir et écouter trois titres tirés du concert donné par Marley et Les Wailers au Manhattan Center le 21 juin 1975. Live jusqu’ici inédits, et édité dans les conditions sonores de l’époque (mais l’image est de très bonne qualité), où succèdent « Natty Dread », « Bend down low » et « Them belly full ». Le tout réuni dure seize minutes.

 

Sur le second disque, c’est avec un réel plaisir que nous retrouvons Bunny Wailer, dans l’intégralité de l’entretien qu’il a accordé pour les besoins du documentaire. Ami d’enfance de Bob Marley, avant de devenir son demi-frère (par l’alliance du père de l’un et de la mère de l’autre) et finalement créé avec lui, et Peter Tosh, Les Wailers, Bunny nous parle de son pote et de l’histoire du groupe avec une bonne humeur et dans un look qui nous réchauffe un peu en ce début décembre frisquet. L’intégral de l’entretien dure dix huit minutes. Viennent ensuite la suite des entretiens de Stephen, Ziggy et Cedella Marley (trois des onze enfants de Bob ; ceux que Bob a eu avec Rita, la seule femme qu’il ait épousée - même si c’était à la sauvette), lesquels se remémorent les moments passés avec leur père (10’), papa strict qui les encourageait à toujours donner le meilleur d’eux-mêmes. Suit un entretien, cette fois dans le cadre de la promo du film, de Neville Garrick, directeur artistique et ami de Bob Marley et les Wailers. Son interlocuteur, puisque Neville est présent dans le documentaire, revient sur son rôle dans la production du film (il a permit à MacDonald et les producteurs d’entrer en contact avec les proches de Marley) et sur sa relation avec Bob, comme son rôle à l’intérieur de la « famille » Wailers. Cet entretien dure vingt deux minutes.

 

MarleyUn troisième entretien donne la parole à Kevin MacDonald, auquel est demandé de s’étendre sur son arrivée sur ce projet, sa connaissance initiale de Bob Marley, ce qu’il a pu retenir de toutes ces rencontres (soixante dix, mais n’en fut conservées que cinquante au montage) et comment il voit Bob Marley à présent. Cet entretien dure quatorze minutes.

 

Nous trouvons aussi un petit documentaire de vingt minutes qui nous démontre l’étendu de l’influence de l’artiste. De la Jamaïque, où il est héros national, au Japon, en passant par quelques pays d’Afrique (Tunisie, Ghana, notamment) et même le Tibet, où les moines écoutent Bob Marley comme ils en apprécient la philosophie rasta, finalement très proche du bouddhisme.

 

MarleyEgalement présent un moment coupé du montage final, où Kevin MacDonald donne à écouter à quelques intervenants l’extrait d’une impro informelle entre amis qui laisse deviner la bonne humeur de Marley, qui commence par entonner une chanson et devient un moment de drague avec une femme présente ce soir là. Notamment aux écouteurs, Rita Marley (sa femme) et Cindy Breakspeare (la mère de Damian Marley). Instant émotion.

 

Cette édition vous permet également de télécharger la copie numérique du film et intègre un livret de 48 pages. Olivier Cachin, journalise musical et animateur radio sur le Mouv’, revient sur le parcours de Marley aux travers des quelques chapitres importants de sa vie et carrière musicale. L’objet est illustré de photos et récapitule toutes les grandes dates des concerts donnés par Bob Marley et Les Wailers de par le monde.


Par Frédéric Vernichon (11/12/2012 à 12h19)
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