Se connecter | Créer un compte



News

 

Chronique DVD - Kill list de Ben Wheatley

Kill List - Neil Maskell, Struan Rodger, Michael SmileyDeuxième long-métrage d’un jeune cinéaste anglais, Kill List débarque sur support numérique après avoir raflé des prix dans quelques Festivals et reçu un joli accueil dans les salles, notamment critique. Occasion nous est donnée de nous y plonger et d’en apprécier ses rafraîchissantes vertus.

 

Comme quoi il ne suffit pas d’être armé d’un gros budget pour accoucher d’un film intéressant. Kill list serait même l’inverse des blockbusters qui occupent le champ médiatique. Point de dizaine de millions de dollars, pour ne pas dire de centaines, mais huit cent milles dollars adroitement gérés et mis entre les mains d’un homme dont nous devrions réentendre parler (pas plus tard que le 26 décembre d’ailleurs, avec Touristes). Co-auteur, avec sa compagne, du scénario, Ben Wheatley signe un film en tout point surprenant. Ça débute par une dispute de couple, se poursuit avec un dîner entre amis, entrecoupé par une nouvelle dispute, et emprunte d’étonnants chemins une fois son héros décidé à se remettre au travail.

 

Kill List - Michael SmileyCar voila huit mois que Jay n’a pas bossé. Plus l’envie. Il faut dire que son job n’a rien de routinier. Cet ex soldat, qui a combattu en Irak, s’est reconverti dans un business qui rapporte : l’assassinat rémunéré. Tueur à gages quoi. Avec son meilleur ami, celui avec lequel il se chamaille et est lié à la vie à la mort, ils se font les bras armés pour personnes qui ont « un caillou dans la chaussure ». Pour son grand retour, Jay commence par se faire taillader la main par le client qui a beaucoup d’argent à dépenser en échange de quelques « services ». Histoire de sceller un pacte. Beaucoup d’argents pour exécuter les personnes présentes sur une liste. Ils se mettent à la tâche.

 

Et à notre petit polar anglais, qui doucement prenait ses droits, de nous emmener dans un périple qui lui fera quitter son petit chemin tranquille pour se frotter à l’horreur tout en frôlant le fantastique. Hanté par une mission qui l'a fragilisé (d’où son arrêt brutal dans le travail), Jay, notre père de famille, va peu à peu nous montrer un autre visage. Celui d’un homme violent, passant ses nerfs sur ses victimes. Le résultat n’a rien de bien professionnel et ferait même tâche. Ne serait-ce sur le parquet.

 

Kill ListL’homme part en vrille, sous les yeux de son ami qui tente de le recadrer. Mais la mission doit continuer. Et à celle-ci de les plonger au cœur d’une forêt où se trouve château comme dans les contes mais aussi quelques badauds aux comportements étranges… Nouvelle bifurcation pour notre film qui nous conduit du jour à la nuit, telle une longue descente dans l’enfer personnel de son héros, chasseur bientôt traqué et à la merci de plus grand que lui. La mise en scène entretient le mystère, passant par différentes ambiances pour mieux attiser notre curiosité. Et le tout en se faisant habile et intelligent, sans céder à aucune facilité. Balader nous sommes, et balader nous somme heureux d’être, mais en aucun cas bêtement manipulés. De ces films qui une fois terminés nous laissent aux prises avec une énigme qu’on s’empresse d’essayer de résoudre.

 

Le DVD

 

Kill List - Myanna BuringTechniquement, que ce soit pour l’image comme pour le son, tout se trouve très soigné. On notera une piste française en Dolby Digital 5.1 et une version originale en DTS 5.1 et Dolby Digital 2.0. Les suppléments ont l’allure des habituels contenus promos, avec making of et entretiens, mais nous permettent d’en savoir un peu plus sur l’homme présent derrière la caméra et la fabrication de ce film. Le making of n’est guère pertinent, ne faisant que survoler les débats pour vendre l’ambiance du film (avec l’aide de sa musique). Les entretiens sont donc beaucoup plus intéressants. Durant vingt cinq minutes se succèdent Ben Wheatley, les deux producteurs du film et deux des comédiens principaux ( Neil Maskell et MyAnna Buring). De quoi faire le tour de ce projet et approcher les personnes qui en furent les heureux artisans.


Par Frédéric Vernichon (06/12/2012 à 15h58)
Envoyer à un ami Ajouter un commentaire
 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook

Zoom Avant

Zoom Avant