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Chronique DVD - The Story of G.I. Joe de William A. Wellman

Les forçats de la gloireErnie Pyle est correspondant de guerre. Pendant la seconde guerre mondiale, il va suivre un petit groupe de fantassins américains impliqués dans deux moments clés de la guerre : la campagne d'Afrique du Nord et celle de l'Italie. Il va centrer ses articles sur le métier de soldat certes, mais aussi et surtout sur la vie quotidienne de ces hommes de l'infanterie américaine, tiraillés entre leur devoir, leurs relations amicales et sentimentales. A la tête du bataillon, le lieutenant Walker, qui conduit ses hommes à la bataille de San Vittorio.

 

Les forçats de la gloire« Je n'ai jamais vu ça de ma vie. » C'est ce que répète un soldat, désorienté qui revient du front pour faire un rapport à ses supérieurs. Dans ce film, on ne voit pas l'ennemi ou si peu. Les bombardements arrivent sans prévenir. Les balles fusent, on ne sait pas vers qui elles se dirigent, lequel des soldats va être touché, lequel va mourir. Lorsque l'on assiste à la première mort du film, on ne voit que la réaction de ses camarades. La seule chose qui compte c'est de survivre. Ici la mort n'est pas un ressort mélodramatique, juste la seule réalité de l'homme en guerre.

 

Les forçats de la gloire - Robert MitchumLe réalisateur William A. Wellman filme la guerre au plus prés des soldats. La camera est au ras du sol, autant dans la boue que ces fantassins. Il la filme telle qu'elle est. Refusant de tomber dans le pathos, Wellman suggère. Même sa vedette, Robert Mitchum qui campe le lieutenant Walker est tué hors-champs. Son corps est rapporté sur le dos d'une mule, puis est allongé parmi les autres cadavres. S'il prend le parti du minimalisme c'est pour mieux retranscrire la vérité. Car là est tout l'enjeu. G.I Joe (Les Forçats de la gloire) est le seul film américain, tourné pendant le conflit qui n'a pas de caractère de propagande. Le patriotisme n'est pas poussé à l'extrême, et l'ennemi n'est pas dénigré. C'est autant une fiction qu'un documentaire et cette alliance subtile se fait grâce au personnage de Ernie Pyle. La ressemblance entre le véritable reporter et l'acteur Burgess Meredith y est pour beaucoup. Correspondant de guerre, il a collaboré avec Wellman sur le scénario. Les deux hommes se sont entendus sur la simplicité du style journalistique à adopter pour retranscrire la vérité. Le tournage s'effectue en studio mais le film contient aussi des images d'archives. Sur le plateau, les acteurs professionnels sont en nombre restreint. Quelques 150 vétérans de la campagne d'Italie sont au casting.

 

Le montage final ne donne pas un sens à la guerre, il s'en tient aux faits et gestes. Et c'est peut être ce que l'on peut reprocher au film. L'œuvre se veut véridique, avec une rigueur journalistique mais aussi plus humaine. On ne peut que saluer le refus de la propagande. Mais paradoxalement le manque de parti pris rend le film impersonnel. Si le fait qu'aucun soldat n'est plus important qu'un autre donne tout sa force au documentaire, la fiction elle, s'en trouve lésée.

 

 

Les forçats de la gloireLes bonus du DVD nous proposent le documentaire de The Battle of San Pietro de John Huston, un des plus bouleversants témoignages sur les horreurs de la guerre. Choix intéressant car il permet au spectateur de confronter une autre manière de filmer la guerre. Contrairement à Wellman, Huston lui, préfère en montrer le plus possible. On apprécie également le livre Le Ciel ou la Boue écrit spécialement par Michael Henry Wilson, journaliste et historien du cinéma qui accompagne le DVD. Il offre une mine de renseignements sur le tournage du film mais aussi des photos et des documents d'archives rares.

 

Disponible chez Wild Side Vidéo le 1er février.


Par Laura Terrazas (01/02/2012 à 10h32)
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