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Inédit : Hyper tension 2

Hyper Tension 2Hyper Tension 2Du premier Hyper tension, le tueur à gages incarné par Jason Statham sort aplati comme une crêpe, étalé sur le bitume au terme d’une chute depuis un hélicoptère. Mort ? Pas encore et son cœur fonctionne toujours si bien qu’il trouve preneur.

 

Et le miraculé de se retrouver dans un bloc opératoire improvisé dans une chambre sordide, où les chirurgiens au service d'une triade lui prélèvent le palpitant pour le remplacer par un organe artificiel, une pompe alimentée par une pile. L’appareil en bouillie après le vol plané de son porteur à travers un pare-brise, l’opéré recharge aussitôt son nouveau cœur via de toutes les sources électriques à sa portée. Des batteries de voiture, l’équipement de réanimation d’une ambulance, une centrale, une armoire technique… Tout, y compris un frotti-frotta convulsif sur la piste de course d’un hippodrome bondé et le contact avec une mémé à déambulateur. Son objectif : reprendre possession de l’organe en cavale, destiné à un caïd décati.

 

Dingue le scénario ? Il l’est d’autant mieux qu’il empile frénétiquement les personnages déjantés, les situations dignes d’un cartoon provocateur (et un fusil à pompe dans le rectum), les digressions improbables (une manifestation de hardeurs en grève du sexe, un pastiche de Godzilla…), les angles de prises de vue les plus acrobatiques… Une accumulation ahurissante qui ferait presque passer le premier Hyper tension pour un modèle de sobriété.

S’il pète constamment les plombs sur une heure trente, jouant chaque scène pour elle-même et sans tenir compte des suivantes ou précédentes, Hyper tension 2 ne disjoncte jamais. Un tour de force.

 

A un film pareil, il ne fallait surtout pas des suppléments récupérés dans la nasse de la promotion. Surtout pas et, effectivement, les bonus de Hyper tension 2 sortent de la routine, davantage sur le fond que dans la forme d’ailleurs. Ainsi, dans un making-of en deux parties, les réalisateurs, une bière en main, avouent avoir considéré comme « ridicule et bidon » le projet de cette suite, avant de se raviser et de l’écrire en roue libre, notamment motivés par la volonté de déshabiller Amy Smart lors d’un strip-tease, convaincus aussi que les producteurs allaient tailler dans le vif, les censurer. « Les studios ne font pas ça » résument-ils en ce qui concerne l’intégrité intacte du film qu’ils avaient en tête. La seconde partie du making se concentre plutôt sur le tournage au quotidien, dont d’abord le choix comme cadre d’un Los Angeles déglingué, crasseux et que le cinéma ne révèle que rarement.

 

Intarissables, toujours enclins à la plaisanterie et au second degré ravageur, Mark Neveldine et Brian Taylor assurent non seulement les commentaires audio, mais (exclusivité du Blu-ray) l’accompagnement aussi le film (plein écran ou dans une petite fenêtre selon le mode choisi) à l'image, partageant l'espace numérique avec des modules coulisses, de témoignages et interviews… Un exercice aussi drôle qu’informatif. Une sorte de bêtisier souvenir agrémente également le menu, donnant une idée de l’ambiance assez délirante qui régnait sur le plateau.

 

Actuellement disponible en DVD et Blu-ray chez Sony.


Par Marc Toullec (22/10/2009 à 10h01)
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