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«L'Offence» de Sean Connery

The OffenceDébut des années 70. Lassé de James Bond, Sean Connery aspire à autre chose qu’au Martini Dry et à l’usage du Walther PPK. Pas évident cependant de changer de peau à l’écran, surtout quand un studio, MGM en l’occurrence, pousse à la reprise du rôle de 007.

 

Si le comédien accepte le retour au smoking, c’est sous condition : Les diamants sont éternels contre deux projets à budget raisonnable de son choix. The Offence est le premier, un film si antiglamour, à ce point opposé à l’image publique de Sean Connery, que MGM le relègue aux oubliettes.

 

A peine distribué aux Etats-Unis, il ne l’est pas du tout en France où il reste inédit en salles jusqu’en 2007, non sans un petit passage par la télévision.

A voir Sean Connery dans The Offence, impossible de ne pas imaginer la mine déconfite des huiles du studio ; il y incarne Johnson, un inspecteur de police opiniâtre que l’horreur du quotidien ronge petit à petit, au point qu’il en perd ses repères. Saturé d’images mentales insoutenables, il pète les plombs et, au terme d’un interrogatoire entre psychanalyse de choc et brutalités, tue un suspect, un homme passablement éméché que deux agents pêchent, hagard, sur un bord de route. Selon Johnson, aucun doute : Baxter est le pédophile récidiviste que toutes les polices traquent…

 

Affublé d’une grosse moustache, sans moumoute sur le crâne et l’œil menaçant, Sean Connery ne tente rien pour gagner à sa cause le public des James Bond. Au contraire même, tant il habite de l’intérieur un personnage de flic désormais incapable de contrôler ses pulsions, ambigu dans la façon dont il « calme » la gamine qu’il retrouve dans les bois. Un monstre ordinaire autant d’une victime du devoir. Un pur névrosé.

 

Le malaise de son antihéros, Sidney Lumet l’étale à l’écran, en imprègne des décors glauques, en gorge l’atmosphère déjà oppressante d’une sinistre bourgade ouvrière d'Angleterre.

 

Découpé en cinq actes autour d’un flash-back (il s’inspire d’une pièce de théâtre mais s’en affranchit par de nombreuses scènes extérieures), The Offence tient finalement peu du polar.

 

Mi-étude d’un cas clinique mi-film noir, il bénéficie, dans les bonus de son édition numérique, du double éclairage de François Guérif, éditeur et expert en polar et de Jean-Baptiste Thoret, cinéphile professionnel. Deux voix, deux points de vue pour le situer dans l’œuvre de Sidney Lumet et dans le paysage du cinéma policier de la première moitié des seventies.

 

Faute de doublage français existant, The Offence n'est exploité qu'en version originale sous-titrée.

 

Actuellement disponible en DVD chez Wild Side


Par Marc Toullec (01/10/2009 à 10h45)
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