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James Stewart roi du pétrole

Le Port des passionsS’il existe un film hollywoodien dont tout remake relèverait aujourd’hui de la provocation pure, c’est bien Thunder Day. De l’impossible même, sous réserve que Claude Allègre le finance. Car, à l'instar de l’ancien ministre de l’éducation, Thunder bay est une relique, le témoignage d’une époque révolue où il n’était pas question de réchauffement climatique, de développement durable et d’écologie. Une époque où les prospecteurs de pétrole passaient pour des héros. Le cas de Steve Martin ( James Stewart) et Johnny Gambi ( Dan Durya) qui, démobilisés après la Deuxième Guerre Mondiale, placent toutes leurs économies dans la recherche de gisement. Et, avec l’appui financier d’un baron du pétrole que ses actionnaires mettent sous pression, les anciens militaires de dresser une plate-forme de forage à quelques centaines de mètres d’une cote de Louisiane jusque-là spécialisée dans la pêche à la crevette. Conflit entre pêcheurs et prospecteurs, surtout que ces derniers séduisent deux sœurs, les plus belles filles du secteur. Quelques bagarres, un zeste de mélo et une tempête plus tard, tout est bien qui finit bien, les pétroliers assurant la prospérité de la région, donnant à ses habitants de quoi remplir leur réservoir tout en découvrant la dernière cachette des crustacés. L’assurance, à moyen terme, de ruiner la ressource tout en polluant… Ce dont il n’est évidemment pas question dans un scénario nettement plus attaché à la promotion d’une tumultueuse success story qu’à la protection de l’environnement. L’époque qui veut ça et c'est justement ce que souligne Dominique Rabourdin dans la présentation d’une production qu’il qualifie d’œuvre mineure, sans le dire explicitement, dans la collaboration entre James Stewart et Anthony Mann. Et, effectivement, comparé aux grands westerns du tandem ( Winchester 73, L’Appât, Je suis un aventurier…), Thunder Bay manque de puissance dramatique, de souffle et de profondeur psychologique. Il n’en demeure pas moins un bon film, certes un peu manichéen, certes franchement décalé en 2009, mais mené par un cinéaste qui sait ce que raconter une histoire signifie.

 

Actuellement disponible chez Opening


Par Marc Toullec (06/07/2009 à 18h57)
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