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Je suis une légende (le roman, pas le film), 28 semaines plus tard, George Romero et ses zombies… Against the Dark a de qui tenir dans son tableau d’une ville en proie à un contagion qui transforme ses habitants en morts-vivants buveurs de sang. Des vampires ? Possible, bien que ceux-ci se repaissent également de viande saignante !
Quoi qu’il en soit, tandis que plusieurs chasseurs de l’armée de l’air se préparent à bombarder la zone contaminée, une poignée de survivants et des miliciens errent dans les couloirs d’un hôpital infesté de croquants… Conventionnel le scénario de Against the Dark et, hormis l’idée du chirurgien qui écorche des vivants sur la table d’opération afin d’abreuver sa gamine, pas une idée originale ne vient remonter le médiocre niveau du projet.
Dans le rôle de Tao, chef des miliciens et expert dans l’usage du sabre, Steven Seagal semble s’être trompé de film. A ce qui déroule autour de lui, il affiche une indifférence souveraine, tranchant dans le vif et cognant comme s’il s’agissait de vilains ordinaires.
De conviction, le comédien n’en met pas plus dans les propos d’un making-of qui, vaille que vaille, tente de gratifier le projet d’une certaine ambition. Pas très concluant. (Sony).
Dans le but de conquérir et d’unifier le Japon, un shogun conclut un pacte avec un esprit malfaisant. Terme du marché : la victoire contre la « soustraction » de quarante-huit parties du corps de son fils aîné, partage au profit d’autant de démons. Résultat : un bébé dont il ne reste plus grand-chose.
Abandonné par sa mère et recueilli par une sorte de sorcier herboriste qui lui fabrique et lui greffe des organes de rechange à partir des cadavres d’enfants tués dans la bataille, la créature grandit. Désormais jeune homme et fort d’une épée mythique à laquelle un bras sert de fourreau, il entreprend de recouvrer la pleine jouissance de ses vrais membres en tuant un à un les démons à l’origine de ses malheurs. Le suit dans sa quête une voleuse espiègle, Dororo…
Adapté d’une BD d’ Osamu Tesuka, le père du manga moderne, Dororo se situe au carrefour du film de samouraï et du fantastique. Un cocktail plutôt réussi même si certains monstres ramènent à la grande époque caoutchouteuse des Godzilla, particulièrement un gros dragon qui se redresse grâce à sa queue et à un gros, vraiment très gros, bébé. Quelques scènes kitsch au cœur d’une œuvre pourtant, dans ses premières minutes du moins, sous influence d’ Akira Kurosawa.
Assez rigoureuse, la réalisation évite cependant à ce que Dororo s’éparpille et parte dans tous les sens, entre le chambara de stricte obédience samouraï et les délires du film de monstre nippon, le kaiju-eiga.
Bien qu’ils auraient pu tenir sur le disque du film, les suppléments s’entassent sur une seconde galette. Bonus pittoresques comme les rituels qui encadrent les avants premières à Tokyo et Hong Kong. Plus instructifs dans le cas d’un making of seulement long d’une quinzaine de minutes et particulièrement porté sur la préparation des cascades et effets spéciaux. Le meilleur : huit minutes de scènes inédites, dont la fabrication des yeux et oreilles du bébé, ainsi que la scène de la tête volante aux cheveux tentacules dans un brouillon qui surenchérit dans la folie. (Kazé).
Un oublié de la carrière du plus grand des cinéastes indiens, Satyajit Ray. Oublié des distributeurs français de 1962 à 2008, année où Epicentre Films en fait l’acquisition et en assure la diffusion.
Œuvre mineure ? Non, œuvre immense, chronique du Bengale (le réalisateur en est aussi originaire) où revient Narsingh, un chauffeur de taxi plaqué par sa femme et privé de sa licence pour avoir dépassé un concurrent dont le passager était un haut fonctionnaire de la région.
Eternellement flanqué de son homme à tout faire, Narsingh s’arrête en chemin, non loin de son village natal. Là, il se lie d’amitié avec un Chrétien dont la sœur institutrice gagne son cœur, se rend à l’évidence des trafics auxquels se livre un homme d’affaire prêt à s’associer avec lui, affronte des autochtones jaloux de sa Chrysler, se lie avec une fille aux mœurs légères… Un bonheur furtif et beaucoup de désillusions pour le fier Narsingh.
Au-delà de l’aspect documentaire qui en dit long sur l’Inde profonde, le système des castes, l’évolution des mœurs et les conditions de vie, L’Expédition développe des thèmes universels. Rien dans le film qui ne soit propre à l’Inde du début des années 60. En enracinant ses personnages dans une réalité forte, omniprésente et parfois oppressante, Satyajit Ray rayonne bien au-delà. Pure, précise, à la fois dynamique et apte à l’épure, sa mise en scène vibre d'une modernité de tous les plans.
Regrettable qu’aucun portrait de lui n’accompagne le film dont les bonus se résument à une galerie de photos.
Même si, modestement en 4/3, le master noir et blanc n’est pas exempt de défauts (des scratches et rayures), il n’en demeure pas moins satisfaisant, de même que le son mono pour une seule version originale. (Epicentre Films).
Deux serial killers pour Steven Seagal : un mystique féru d’astrologie et un maniaque du couteau. En Inspecteur Harry de Memphis, il finit par casser bras et genoux à l’un, égorger l’autre, tandis qu’une jolie agent du FBI le soupçonne d’être le Révérend, l’un des tueurs en question.
Rien que de très quelconque dans ce petit thriller incapable de se démarquer de prédécesseurs tels Le Silence des agneaux et Seven.
Le réalisateur n’étant ni Jonathan Demme ni David Fincher, le chef opérateur ayant tendance à systématiquement éclairer pot des décors qui nécessitaient un jeu d’ombres plus sophistiqué et Steven Seagal tenant à distribuer son quota habituel de torgnoles, Killing Point ne porte pas loin.
Seul bonus, long d’une vingtaine de minutes, le making-of non plus, bien que tentant de « grandir » le projet et sa vedette taxant Jeff King de « peut-être le meilleur réalisateur avec qui j’ai travaillé. » Peut-être, vraiment… (Seven 7).
Quelque part auprès d’une route qui traverse la Vallée de la mort, aux abords d’un relais routier, un phénomène surnaturel emprisonne quiconque s’y hasarde. En l’occurrence deux flics, des truands en fuite, une serveuse ex-petite amie de l’un d’eux, une toubib biker… Au terme d’une fusillade suivie d’une explosion, tous se retrouvent captifs de lieux délimités par un mur invisible. Une sorte de quatrième dimension, de zone de transit où opère le Reeker, une sorte de fossoyeur de l’au-delà, ancien serial killer chargé d’organiser le passage de vie à trépas des voyageurs.
De bonnes idées, des idées macabres assez folles et de l’humour noir, il y en a dans No Man’s Land, comme il y en avait déjà dans le premier Reeker du même Dave Payne. Surtout dans la manière d’opérer du fossoyeur des limbes et une entrée en matière assez remarquable. La suite l’est moins, plombée par des dialogues creux, le comportement irrationnel des protagonistes (A la recherche d’une clef de bagnole, l’un des fuyards pique une tête dans une fosse septique !) et des maladresses de réalisation que ne rattrape pas une pourtant très belle photographie… Une suite inégale, d'une qualité à peu près égale à celle de son modèle.
Trois bonus agrémentent tout particulièrement les menus de No man’s land : un petit making-of chapitré particulièrement intéressant concernant sur les effets spéciaux et les cascades, les membres de l’équipe technique qui se présentent, plusieurs d’entre eux et les comédiens qui avouent leur peur, depuis les araignées jusqu’au chômage. Ludique. (Seven 7).
Le dramaturge, grand scénariste et réalisateur David Mamet se serait-il « rabaissé » à tourner un film de kickboxing, façon Van Damme ? C’est ce que laisse supposer le marketing de Redbelt, mais, entre un monde, un gouffre le sépare d'un Bloodsport de base.
Pas de vraie bagarre jusqu’au final, encore David Mamet s’arrange-t-il pour sortir le combat du ring. Car ce n’est pas la baston en tant que telle qui motive le cinéaste de La Prisonnière espagnole, mais ce qui y conduit. Ce qui amène un humble professeur de ju-jitsu ( Chiwetel Ejiofor), adepte de la non-violence, à se battre. La vitrine de son dojo brisée par une balle, d’autres dettes accumulées, la mort d’un disciple policier, des rencontres dans le show business, dont l’une qui lui vole le concept d’affrontement traditionnel avec handicap… Un engrenage dont David Mamet présente chaque rouage avec précision, nettement plus attentif au facteur humain qu’aux règles d’un cinéma de genre qu’il ne rejette pourtant pas. Une démarche certes anti-commerciale, mais attachante, lucide.
De son propos, David Mamet s’explique dans les commentaires audio auprès de Randy Couture, vrai catcheur et commentateur sportif dans le film. Un bonus passionnant, d’ailleurs autant qu’un honnête making of et un sujet sur le ju-jitsu, étonnant à apprendre que le réalisateur le pratique de longue date, démonstration à l’appui. Une interview de David Mamet, façon «Actors Studio» de James Lipton, une autre de Dan White (le patron de la controversée Ultimate Fighting Championship), la présentation des différents combattants du film et un portrait en raccourci de Cyril Takayama (interprète du magicien que rencontre le héros dans un bar) contribuent également à la richesse d’une excellente édition. (Sony).
Les années 30, une région côtière d’Italie où de riches Britanniques viennent, pendant l’été, mondaniser et étaler leur fortune autant que leur oisiveté. Riche de naissance, la belle madame Erlynne ( Helen Hunt) ne l’ait certainement pas. Elle s’arrange néanmoins pour en donner l’illusion, auprès d’hommes qui la couvrent de cadeaux. Le jeune Robert Windermere compte-t-il du nombre, est-il son amant ? C’est bientôt ce que pense sa très prude épouse, Meg ( Scarlett Johansson) qui, désespérée, répond positivement aux avances d’un playboy international. Evidemment, les apparences sont trompeuses, surtout qu’entre la supposée trompée et la supposée amante, il y aurait comme un lien familial…
Jolie, décorative la chronique mondaine de Mike Barker qui, de la pièce d’ Oscar Wilde à l’origine du scénario, ne filme que le vernis, minimisant dans sa portée la satire sociale du texte d’origine.
Plus convaincant dans le thriller ( Un coup d’enfer, Le Chantage), Mike Baker était-il d’ailleurs le réalisateur le plus approprié au projet ? Certainement pas, ses caméras se promenant dans les décors comme on visite prudemment un musée. Pas un mot du cinéaste dans les suppléments puisque ceux-ci s’affranchissent de toute explication de texte. (Fox Pathé Europa).
Autant pour venger sa famille que pour monter sur le trône, un seigneur et les membres de son clan éliminent un à un ses rivaux. Ne reste plus qu’un seul homme à passer au fil de l’épée : un prince qui, exilé depuis quatorze ans, bénéficie de la protection rapprochée d’une farouche guerrière.
Production américano-coréenne, Shadowless Sword débute par un combat et s’achève sur la charge vers une gigantesque forteresse. Entre les deux, les affrontements ne manquent pas, excellemment chorégraphiés dans un style emprunté au cinéma de Hong Kong, à notamment Tigre et dragon. Peu d’effets spéciaux numériques pour les contingenter, sinon pour effacer les câbles dont les comédiens et leur doublure font abondamment usage, dans les airs, mais également lors d’une séquence amphibie.
Décors et costumes bénéficiant d’un soin extrême, les deux comédiennes principales étant d’une beauté renversante et une touche mélodramatique venant relever le dénouement, Shadowless Sword se hisse à un bon niveau, sans pour autant prétendre au statut de classique instantané.
Aucun supplément ne vient malheureusement soutenir l’effort artistique de ses promoteurs. (CTV/TF1).
2008. Un attentat nucléaire jette les Etats-Unis dans la Troisième Guerre mondiale et donne au gouvernement républicain les arguments à la radicalisation de sa politique. Pendant ce temps, un scientifique allumé invente une forme d’énergie inépuisable, une star de cinéma ( Dwayne Johnson) disparaît et réapparaît, amnésique et pressé de se fabriquer un double, tandis qu’un groupuscule marxiste filme ses états avec une star du porno ( Sarah Michelle Gellar) dans le but de soutirer un million de dollars aux autorités… Comme si cela ne suffisait pas, se greffent sur le scénario la théorie d’une faille dans l’espace temps à la suite d’un ralentissement de la rotation de terre, ainsi que des jumeaux qui n’en sont peut-être pas, une campagne électorale...
Vraiment dingue le script écrit par Richard Kelly d’après sa propre bande dessinée, une sorte de farce de politique fiction qui s’appuie sur les bavures de l’administration Bush pour mieux disserter sur le sens de la vie et pilonner les « american idols ». Démarche séduisante, audacieuse de la part du réalisateur de Donnie Darko. Un réalisateur qui cherche du côté de chez Dr. Folamour, verse aussi dans le trivial...
Bien que les conclusions philosophiques de Richard Kelly ne percent pas un final aussi délirant que fumeux et que la confusion s’installe peu à peu dans un récit excessivement touffu, Southland Tales vaut mieux que les deux années de purgatoire qui ont suivi sa programmation en compétition officielle au Festival de Cannes 2006. D’ailleurs, depuis, le film a perdu une quinzaine de minutes et gagné une voix off. Double intervention qui ne modifie guère la donne.
Bilan : un ovni, une œuvre à la fois brillante et inaboutie dont les aspects satiriques ne se diluent que trop souvent sur une durée excessive de près de deux heures trente.
De sa démarche et de ses intentions politiques, Richard Kelly s’en explique longuement dans les commentaires audio et dans un digest constitué d’un extrait d’entretien et de la conférence de presse de Cannes. Y prennent également la parole Dwayne Johnson et Sarah Michelle Gellar. Un bonus un peu léger pour un DVD distancé éditorialement par un Blu-ray qui, aux suppléments, ajoute un making of d’une trentaine de minutes, sujet généraliste où Richard Kelly revient sur ses intentions politiques satiriques et où il est également question du tournage du numéro musical de Justin Timberlake, de l'effet spécial de la main tranchée et d'une cascade. Un bon mélange de fond et de formes. (Wild Side)
De retour d’une mission humanitaire en Chine, des Américains ( Emily Mortimer, Woody Harrelson) embarquent dans le Transsibérien où ils croisent le chemin d’un autre couple, dont l’homme ( Eduardo Noriega) transporte de la drogue transformée en poupées russes et un joli magot. Puis, ce sont deux flics ripoux ( Ben Kingsley et Thomas Kretschman) qui lui tombent dessus, nettement plus féroces que les trafiquants…
Par le réalisateur du Machinist, un bon thriller ferroviaire qui exploite avec le même bonheur l’intérieur et l’extérieur du train, l’exiguïté de l’un et les grands espaces enneigés de l’autre. Si le scénario n’innove guère, il présente au moins le mérite d’une narration serrée, riche en rebondissements et sans temps mort.
Dans le making-of, unique et décent supplément au menu, Brad Anderson commence par expliquer que la genèse du projet remonte à un voyage dans le Transsibérien, du temps de ses études en Russie. Quant à Woody Harrelson, il parle de lui comme d’un « jeune Orson Welles ». Ce qui, même dans le cadre de la promotion, est poussé le compliment un peu loin ! (Sidonis/PanOcéanis/Sony).
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Entre le film de torture à la Saw et la revanche à la Justicier dans la ville, un film d’horreur qui obéit aux règles du thriller à la Seven. Vengeance donc, signée d’une équation gravée à même les chairs et exercée contre les membres d’un gang et leurs proches. A chaque « victime », le vigilante donne le choix : se sacrifier ou tuer l’être qui lui est le plus proche, ceci au terme d’une face à face sur des chaises équipées pour l’occasion… Machiavélique. Un flic déglingué ( Stellan Skarsgard) mène l’enquête, flanqué d’une nouvelle partenaire. Et, indice après indice, le tandem de remonter jusqu’à une certaine Jean Lerner ( Selma Blair), une illustratrice de livres pour enfants que les événements poussent au crime.
Protagonistes plus que louches, ambiance de déliquescence urbaine à la Taxi Driver, éclairages blafards, style caméra à l’épaule, décors usés ou crasseux, détails macabres… Rien dans WAZ qui n’échappe aux caractéristiques du thriller horrifique le plus poisseux. Si l’originalité n’est pas le fort de Tom Shankland, il sait cependant ménager le suspense, entretenir une atmosphère sombre et distiller des volutes particulièrement fétides. Non sans une certaine complaisance, le « toujours plus glauque » semblant avoir été le mot d’ordre sur le plateau. Un plateau tout de même joyeux, voire badin comme le montre, dans les bonus, un petit making of que complètent trois interviews croisées (le réalisateur, le producteur et le scénariste) et les coulisses du tournage des séquences de supplice.
Egalement en supplément de programme : deux scènes inédites dont la version longue et non censurée d’une séance de torture particulièrement abominable. (Fox Pathé Europa).
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