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À ne pas manquer : Caché de Michael Haneke sur Arte

CachéVolontiers prédicateur, rétrograde voire même franchement hautain, le cinéma à thèmes de Michael Haneke ne laisse jamais indifférent. Mais en 2005, c'est principalement l'incompréhension qui frappa les spectateurs du passionnant et aride Caché, austère réflexion sur le non-dit, les secrets et la culpabilité avec Daniel Auteuil et Juliette Binoche. Attention, ceci n'est pas un thriller.

 

Un épais mystère

Caché - Daniel Auteuil, Juliette BinocheC'est pourtant sur un épais mystère semblant venir tout droit du Lost Highway de David Lynch que s'ouvre Caché : un couple bourgeois et intellectuel commence à recevoir anonymement des cassettes vidéo sur lesquelles ils voient leur maison filmée pendant des heures, accompagnées de mystérieux dessins. Prise d'abord avec incrédulité, cette sombre surveillance fait doucement plonger cette famille rangée dans l'anxiété, alors que de vieux souvenirs remontent douloureusement à la surface. Mais mieux vaut désamorcer très vite sa curiosité face à un Haneke qui ne cherche nullement à divertir ou surprendre son public avec des twists en pagailles : aucun effet de style, aucun enjolivement du mystère, tout le programme de Caché est compris dans son titre, plongée exigeante et brutale en plein cœur du style froid, très lent et angoissé de son auteur, voué entièrement à décevoir ceux qui n'attendent du film que ce qu'il semble être. Détracteur des fins ouvertes, fuyez pendant qu'il est encore temps.

 

Le cœur est ailleurs...

Caché - Daniel Auteuil, Juliette BinocheCar si Haneke trompe, agace et se joue de l'amateur de sensations fortes en le mettant face à de longs plans fixes et silencieux aussi brillants que secs, allant jusqu'à cacher des moments cruciaux au milieu de plans d'ensemble façon caméra de surveillance (voir l'incroyable dernier plan du film, véritable épreuve cinématographique demandant une attention totale du spectateur s'il ne veut pas rater un des rares éléments clés d'une histoire aussi opaque), c'est parce que le cœur de Caché est ailleurs : dans la mémoire qu'on essaie de faire disparaitre ou d'enjoliver par le mensonge et la culpabilité oubliée, jamais assumée mais qui revient hanter des années après. Ici, c'est le Pourquoi qui compte, pas le qui ni le comment. Et en plaçant en toile de fond de son film un événement de l'histoire récente Française dont on ne révèlera pas ici la teneur (car c'est bien une des seules choses qu' Haneke s'autorise à divulguer clairement), il offre à son film une réalité bien plus forte et cruelle, universelle puisqu'elle condamne à travers l'histoire d'un seul homme l'aveuglement de toute une nation, de tous les hommes même (un procédé qu'il reprendra d'ailleurs dans son Ruban Blanc, perdant malheureusement en chemin la subtilité et sècheresse de Caché pour user d'un déterminisme assez affligeant).

 

Une claque sèche

CachéPlongeant dans ce lent cauchemar moderne une poignée de comédiens excellents ( Daniel Auteuil, tout en ambiguïté, l'excellent Maurice Benichou ou encore la grande Annie Girardot dans un de ses derniers rôles), Michael Haneke signe une de ses plus grandes réussites, une claque sèche et mémorable dont la mystérieuse ambiance revient hanter le spectateur comme le fantôme d'une mauvaise conscience partagée...

 

Pour ceux qui aiment... Michael Haneke.

 

Diffusion le 27 février à 20h50 sur Arte


Par Emilien Villeroy (27/02/2013 à 17h41)
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