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Zaytoun : meilleurs ennemis

Zaytoun Zaytoun regarde le conflit iraëlo-palestinien d’un œil peu original et un peu naïf. Mais malgré ses nombreuses maladresses, il réussit une prouesse, lorsqu’on en vient à aborder ce genre de sujet : un espoir irraisonné qui nous donne envie d’y croire.

 

 

Un optimisme rare

 

Zaytoun - Stephen Dorff Eran Riklis est un habitué des terrains de guerre. Le réalisateur israëlien affiche une filmographie hantée par le conflit qui oppose son peuple à celui de Palestine. Il l’abordait déjà dans La Fiancée Syrienne en 2004, puis dans Les Citronniers en 2008. Loin de vouloir s’en éloigner, l’intrigue de Zaytoun, même si elle s’enracine dans le conflit du début des années 80, entre Israël et le Liban cette fois, jette un œil sur la Grande histoire à travers la petite, celle de la rencontre entre un jeune réfugié palestinien et un pilote israëlien. Cette rencontre un peu naïve entre deux exilés au but commun, retourner sur leur terre qui pour l’un s’appelle Palestine et pour l’autre se nomme Israël, est emplie d’un optimisme assez rare pour ce genre de sujet.

 

Voyage initiatique

 

Zaytoun - Abdallah El AkalC’est là la grande force du réalisateur Eran Riklis : ne jamais verser dans le pathos, même lors de scènes crues et réalistes appliquées au tragique de la situation, mais construire un long-métrage infiniment positif, plein d’espoir et même parfois comique. A travers une forme inventive qui passe du thriller de guerre, au road-movie, jusqu’au récit d’initiation, Zaytoun nous fait suivre deux personnages ennemis à travers les paysages désertiques qui séparent le Liban et la Palestine, obligés de compter essentiellement l’un sur l’autre pour pouvoir rentrer sain et sauf. A travers ce voyage chacun découvrira cet autre que ses ancêtres lui ont appris à détester et ce face à face forcé, cette guerre qui n’a pas de fin, n’existeront plus pour une seconde grâce à cette rencontre particulière, cet exemple unique.

 

Stephen Dorff ou le pouvoir du blond californien

 

Zaytoun - Stephen Dorff, Abdallah El AkalSi cet espoir insufflé dans un conflit qui n’en n’a plus est la force de Zaytoun il en est aussi sa faiblesse. Cette rencontre utopique met de côté les complexités d’un conflit qui est aujourd’hui encore irrésolu. Mais en dehors de ces imperfections, les thèmes du déracinement et de l’exil, invoqués par le symbole de l’olivier (Zaytoun en arabe) sont abordés efficacement, peut-être grâce au talent du réalisateur, peut-être grâce à celui des acteurs, Stephen Dorff et son blond californien, de Abdallah El Akal, et son regard naïf d’enfant sur la guerre, le plus perçant de tous.


Par Camille Esnault (01/03/2013 à 12h59)
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