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Gérard Depardieu : «Avec Maurice Pialat, j'avais le privilège de rire, beaucoup»

Le Garçu - Gérard Depardieu, Maurice PialatHier soir, Gérard Depardieu a rendu un hommage vibrant au cinéaste disparu le 11 janvier 2003, Maurice Pialat. Loin de toute polémique médiatique, le colosse au grand coeur est monté sur la scène de la Cinémathèque pour le vernissage de l'exposition «Pialat, Peintre et cinéaste», sous les applaudissements de l'assemblée, pour quelques minutes d'émotion pure, comme un instant figé dans un ailleurs...

 

Loulou - Gérard Depardieu, Isabelle HuppertA celui qui lui a sans doute offert ses rôles les plus poignants ( Loulou, Sous le Soleil de Satan, Le Garçu), Depardieu témoigne : «C'est vrai qu'avec Maurice, j'avais le privilège de rire, beaucoup. Je me suis jamais fait chier avec lui. J'ai toujours été surpris et en même temps on était un peu comme deux animaux, avec un regard implacable sur les autres. On n'était pas forcément gentils, mais on n'était certainement pas méchants.»

 

Sous le soleil de Satan - Gérard DepardieuA fleur de peau, l'acteur est apparu fragile, pudique et tout en retenu sur un thème qu'il connaît bien, la mort : «J'ai vu peut-être deux personnes en colère dans leur bière : il y avait le visage de Maurice, qui restait humain et en colère, et puis le visage de Guillaume, mon fils, qui était aussi pareil, en colère. Moi je dois dire qu'après leur mort, j'ai fait la gueule à Dieu pendant longtemps. J'ai vu plein d'amis qui sont partis : François Truffaut, Jean Carmet, ma mère, mon père, plein de gens, qui étaient libérés, heureux, Barbara aussi, mais les deux seuls qui me restent dans ma tête, dans mon âme, c'est eux deux, la même colère. C'est-à-dire qu'ils n'étaient pas tout à fait morts. C'est pour ça d'ailleurs qu'ils sont en moi» Il évoque aussi cette «longue agonie» de Maurice Pialat à laquelle il a pu assister : «Je lui parlais comme on parle toujours à des gens qui sont sous morphine (...), on leur parle très fort et lui, il m'a dit : ‘il faut faire attention aux femmes…'. (...) Tous ses films sentent l'amour, la tendresse, la paternité, l'existence et puis surtout cette humanité qu'il avait. Et aussi cette monstruosité. Quand on est monstrueux, on n'est certainement pas parfois aimables, mais surtout on aime plus que l'amour.»

 

A ses côtés, les amis de toujours, ou les témoins d'un cinéaste en mouvement, capable des pires colères et de la plus grande affection envers ceux qu'il chérissait. Sylvie Pialat, la dernière épouse du cinéaste, son fils Antoine et bien sûr l'éclatante Sandrine Bonnaire, sans oublier la présence d'un autre grand absent, Daniel Toscan du Plantier.

 

Le Cycle Maurice Pialat, ou le remords à l'œuvre se tient à la Cinémathèque jusqu'au 4 mars.


Par Laure Croiset (20/02/2013 à 11h57)
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