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Flight - Robert Zemeckis : «Mon guide est le scénario»

FlightL’équipe du film Flight a volé jusqu ‘à nous pour répondre à quelques questions autour du film, mais pas seulement. Plusieurs minutes à évoquer les accidents d’avion, les catastrophes naturelles, mais aussi le pouvoir de séduction de l’uniforme sur la gente féminine ou encore l’utilisation du terme nègre dans Django Unchained. Tout un programme !

 

Quels challenges avez-vous eu à relever pour faire décoller ce Flight ?

Steve Starkey (producteur) : C’était en même temps un challenge et un véritable plaisir, parce que nous avions à travailler avec ces personnes, ce réalisateur et ce casting. Bob (Zemeckis) voulait vraiment faire ce film et a tout fait depuis le début pour le projet se réalise, malgré la pression financière bien-sûr et celle du temps, il y a avait très peu de semaines de tournage. Tous ont été extraordinaires et ont fait en sorte que ce film, avec une telle ambition et en même temps ce petit budget, existe.

 

Jack Rapke (producteur) : Le défi était aussi d’avoir un crash aérien dans un film de cette échelle et tout en respectant notre budget. Il y avait aussi bien-sûr dès le départ une vision d’un réalisateur, très claire qui a permis d’amener le film jusqu’au bout.

 

Dieu est beaucoup mentionné dans le film, il y a même la présence d’«acte divin» dans le rapport du crash. Est-ce à prendre au premier degré ? Le personnage de fanatique incarnée par la femme du co-pilote, est-il présent pour atténuer ce message ?

Flight - Bruce Greenwood, Denzel Washington, Don CheadleRobert Zemeckis, réalisateur : Vous savez c’est intéressant, parce que ce terme d’acte divin est mentionné dans le film principalement par l’avocat. Je pense que ce que le scénariste, John Gatins, a voulu dire en mentionnant l’acte divin, c’est que parfois certains évènements relevant du hasard, qui n’ont pas d’explication logique, deviennent pour de nombreuses personnes des actes divins : des avions tombant du ciel, des ouragans ou encore des tempêtes naturelles, ce genres de choses. Je ne sais pas si vous avez cette attribution en France, mais c’est ainsi que nous le faisons aux Etats-Unis. Toutes ces choses sont métaphoriques vous savez et ce qui est marrant, c’est que les gens très pratiquants aux Etats-Unis ont le sentiment eux que le film est anti-religion… donc voilà ! (Rires)

 

Denzel, qu’est-ce qui vous a le plus attiré dans votre personnage, est-ce ce côté sombre qu’il possède ou est-ce au contraire la possibilité de rédemption qui lui est offerte ?

Denzel Washington : Vous savez, il n’y a pas qu’une seule chose qui m’a attiré dans le rôle. J’ai beaucoup apprécié le scénario, ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais vu avant, les personnages étaient parfaitement écrits, complexes comme on les trouve rarement dans les scénarios et comme j'en avais rarement joué avant. Même s’il n’y a pas qu’une seule choses d’intéressante dans ce personnage, le fait qu’il ait une chance de rédemption, qu’il demande pardon et qu’il demande Dieu en aide, m’a en effet beaucoup attiré.

 

Si vous comparez ce film live à vos trois derniers, Contact, Apparences et Seul au Monde, la façon de filmer semble plus sobre, est-ce peut-être parce que l’histoire y est plus dramatique ou alors parce que vous vous êtes moins amusé tout simplement ?

Contact - Jodie FosterSeul au monde - Tom HanksRobert Zemeckis : Vous savez dans tout ce que je fais, mon guide est le scénario. Les trois films que vous avez mentionnés sont tous différents les uns des autres et c’est vrai que Flight était vraiment encré dans la réalité et j’ai senti en tant que réalisateur que c’était mon devoir de ne rien imposer à l’histoire hors des faits et des performances des acteurs. J’ai essayé d’être aussi élégant que je le pouvais pour garder un sens du style qui rendrait justice à l’histoire.

 

On dit que les femmes sont attirées par l’uniforme, le confirmez-vous ?

Denzel Washington : Non. J’étais bien trop occupé à interpréter mon rôle pour regarder si les femmes me regardaient autrement. Mais peut-être est-ce une question qu’il faut plutôt poser à Kelly ?! (Rires)

 

Kelly Reilly : Mais je ne t’ai jamais vu en uniforme !

 

Kelly quelle a été votre vision du personnage de Denzel Washington ?

Kelly Reilly : Lorsque j’ai vu le film, j’ai découvert en même temps la performance de Denzel, car je ne fais pas partie de l’univers du personnage du pilote, du mensonge crée autour de lui. Quand je tournais avec lui ce que j’ai vu c’est surtout le côté vulnérable du personnage, l’homme sans artifice, sincère et c’est ça qui rendait nos scènes intéressantes pour moi.

 

Cocaïne et alcool semblent aider le pilote dans le film. Est-ce l’idée ? Doit-on les autoriser ?

Robert Zemeckis : Mmh je ne sais pas, je ne le recommanderais pas ! Ma compréhension du personnage de Whip est qu’il prend de la cocaïne comme ça il peut boire plus, ça le tient éveillé et il peut continuer à boire !

 

Denzel, avant le tournage comment vous êtes-vous préparé pour le rôle et durant le tournage comment s’est passé la collaboration avec Robert Zemeckis, quel genre de réalisateur est-il ?

Flight - Denzel Washington, Robert ZemeckisDenzel Washington : Il n’y a pas vraiment de préparation, le processus commence en lisant le scénario et se termine le dernier jour de tournage. J’ai vraiment aimé travailler avec Bob, il a rendu les choses très faciles pour moi, il m’a donné autant d’espace que j’avais besoin pour faire les choses que je devais faire. C’était une très bonne aventure à deux et je le referais avec plaisir, s’il a un jour de nouveau besoin de moi je serai là !

 

C’est un film dans lequel le personnage va loin dans l’excès. Quel est selon vous l’élément déclencheur qui donne la force au personnage d’arrêter la spirale infernale?

Flight - Melissa LeoDenzel Washington : Je pense que regarder cette photographie de la jeune hôtesse, que Bob a réussi à faire plus grande que nature, qui elle le regarde de sa tombe, rend le mensonge très difficile à formuler alors. Tous ces mensonges sont en train de tomber les uns derrières les autres, la pression est trop forte et tout à coup il ne peut plus en faire un seul. Il regarde cette photographie et cherche du secours dans tout ce qu’il trouve, il touche son verre d’eau, qu’il souhaiterait très fort être de la vodka, parce qu’il n’en peut plus. Ce qui est intéressant et surprenant, c’est que plusieurs personnes sont venues me voir pour me dire « le personnage aurait dû mentir, il aurait pu être libre », mais alors je n’aurais pas fait le film.

 

En 2001, un pilote canadien a effectué un atterrissage et a réussi à sauver tous les passagers, exactement ou presque comme dans le film et on s’est plus tard aperçu qu’il était alcoolique. Vous-êtes vous inspiré de cette histoire pour faire le film ?

Robert Zemeckis : Non, parce que John Gatins a écrit le scénario en 1999 donc tous ces évènements sont tirés de la fiction bien avant que les réels se produisent. Ce qui est intéressant avec ce pilote canadien, Pichet, c'est que dans ce cas, ce sont les pilotes qui ont vidé le réservoir d’essence et ont dû faire un atterrissage d’urgence aux Açores. L’histoire est fascinante parce qu’ils étaient des héros d’avoir sauvé toutes ces personnes et en même temps ils étaient à l’origine de l’accident.

 

Denzel Washington : étaient-ils en train de boire ?

 

Robert Zemeckis : Non ils ne buvaient pas en pilotant, mais le pilote était un alcoolique. Je pense que ces accidents invoquent la notion que dans la société certaines personnes occupent des emplois dans lesquels ils ont la vie d’êtres humains entre leurs mains et nous n’aimons pas nécessairement croire qu’ils sont après tout juste humains, qu’ils peuvent avoir eux aussi des mauvaises journées. C’est le cas pour les pilotes, les chirurgiens, les membres du gouvernement ce genre de personnes.

 

Dans le scénario il y a une opposition flagrante entre la campagne dans laquelle le personnage n’a pas à porter de masque et la ville où tout le monde attend le héros qu’il est supposé être et où se trouvent tous les dangers. Comment avez-vous procédé au niveau technique pour appuyer ce contraste ?

Flight - Kelly ReillyRobert Zemeckis : C’est une très bonne observation parce que j’ai joué de cette ambivalence à plusieurs niveaux. A chaque fois que je fais un film, je pars des personnages et je décide de l’esthétique par rapport à eux, à leur personnalité. Cette ambivalence était liée bien-sûr à l’intrigue, mais aussi au personnage, qui vit sa vie dans la malhonnêteté, il trahit tout le monde tout au long de l’histoire et se cache aussi de tout le monde. Nous avons alors pensé à cette ferme lointaine où il peut trouver refuge et qui contient les éléments qui permettent de le comprendre à travers son passé. Juste en voyant ce lieu on peut lire cet homme et le contraste de cet endroit un peu bucolique avec ce qu’il est aujourd’hui montre que cet aspect de lui a disparu, qu’il est mort à l’intérieur en quelques sortes, très mal à l’aise dans sa propre peau. Le décor de la ferme est le seul que nous ayons construit nous-même de A à Z, parce que nous ne trouvions pas le lieu parfait, comme nous le voulions.

 

Deux dernières questions pour vous Denzel, d’abord comment s’est passé le vol pour arriver jusqu’à Paris ? Avez-vous des appréhensions aujourd’hui ?

Denzel Washington : Très bon vol de Los Angeles à Paris et je n’ai jamais appréhendé l’avion.

 

Enfin avez-vous vu Django Unchained de Quentin Tarantino et que pensez-vous de la polémique autour de l’utilisation du mot nègre ? (Polémique crée par Spike Lee, qui a déclaré qu’il refusait de voir Django Unchained car le film était irrespectueux envers les afro-américains, notamment à cause de la grande utilisation du mot nègre)

Denzel Washington : Si vous en êtes un, vous en êtes un. Non, je n’ai pas vu le film.


Par Camille Esnault (13/02/2013 à 09h53)
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