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À ne pas manquer : les Aventuriers de Robert Enrico

Les AventuriersUne femme, deux hommes. Entre eux, l'amitié à la vie à la mort. En 1967, Robert Enrico adapte un roman de José Giovanni et entraine un improbable mais attachant trio de Paris au Congo dans un grand voyage doux-amer et injustement méconnu : Les Aventuriers.

 

 

Les Aventuriers - Alain Delon, Lino VenturaC'est l'histoire de trois marginaux dont les chemins se sont croisés pour ne plus jamais se séparer. Laetitia ( Joanna Shimkus), une jeune artiste qui tente de percer. Manu ( Alain Delon), un pilote d'avion trompe-la-mort. Et puis Roland ( Lino Ventura), un mécanicien automobile à la grande gueule et au cœur d'or. Aventuriers ? Oui, mais de la vie. Vivant à l’écart du monde dans un grand atelier situé à la périphérie de la ville, ils décident un jour de partir aller chercher un trésor à l'autre bout du monde. Parce qu'ils en ont besoin certes, mais surtout parce qu'ils le peuvent. Parce qu'ils sont libres.

 

Les Aventuriers - Alain Delon, Lino VenturaC'est avant tout l'odyssée de trois grands enfants insouciants et sans port d'attache qui nous est contée dans Les Aventuriers. Précieuse, réaliste et touchante, l'amitié totale qui unit les trois personnages est l'âme même de ce film tendre, grâce à l'étonnante alchimie qui se dégage d'un triangle d'acteurs étonnant mais incroyablement attachant : Lino Ventura, forcément gigantesque, Joanna Shimkus, inoubliable et dont on regrette sincèrement la disparition des écrans au début des années 70. Et puis évidemment Alain Delon, plus beau que jamais en cette année 1967 où il tournera aussi Le Samouraï, le chef d'oeuvre de Melville, dans lequel son rôle de tueur solitaire Costello se situe justement à l’extrême opposé du Manu des Aventuriers : souriant, casse-cou, Delon a rarement été aussi humain au cinéma. Voir ces trois acteurs jouer (dans tous les sens du terme) ensemble est ainsi un vrai bonheur, injectant au film fantaisie, humour et tendresse avec une poignée de scènes qui cherchent avec enthousiasme à capturer sur la pellicule une vision de l'amitié sincère et touchante.

 

Les Aventuriers - Alain DelonMais l'insouciance a vite fait d'être rattrapée par la vie. Basculant dans l'émotion dans son dernier tiers, à l'issue d'une scène clé aquatique remarquable de pudeur et de beauté, Les Aventuriers se transforme alors en une sourde tragédie d'autant plus touchante qu'elle atteint en plein cœur le bonheur partagé par les personnages et le spectateur depuis le début du film. La musique mémorable du très grand François De Roubaix (disparu beaucoup trop tôt et à qui on doit aussi la partition du Samouraï !) prend alors des allures de réquiem intime, sifflotant doucement sa belle mélancolie. Le tout jusqu'à un dénouement terrible se déroulant au Fort Boyard, alors encore laissé à l'abandon et envahi par les herbes folles et les gravats, que Robert Enrico filme avec brio, absurde paquebot de pierre perdu au milieu de l'océan et superbe théâtre à la conclusion déchirante de ce film dévastateur et émouvant.

 

Diffusion lundi 28 janvier à 20h50 sur Arte


Par Emilien Villeroy (28/01/2013 à 15h29)
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