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«L'argent ne fait pas le bonheur, rendez-le»

Le Grand Retournement - Edouard Baer, Alain Pralon, François Morel, Patrick Mille, Jacques Pater, Thibault de Montalembert, Christine Murillo, Franck de la Personne, Jean-Damien Barbin, Jacques Weber, Benjamin Wangermee, Élie TriffaultC’est la crise, la bourse dégringole, les banques sont au bord de la faillite, le crédit est mort, l’économie se meurt… Pour sauver leurs mises les banquiers font appel à l’État. L’État haï est soudain le sauveur ! Les citoyens paieront pour que le système perdure, que les riches restent riches, les pauvres, pauvres.

 

Le Grand Retournement - Edouard BaerL’Histoire se souviendra d’un trader, celui par qui tout commença, celui qui fit s’effondrer la Bourse à cause d’une malheureuse ou formidable réaction en chaine. Edouard Baer, le trouble-fête, fait trembler l’économie mondiale et le visage des banques va se révéler encore plus sournois qu’il n’était. La mise en scène parfaite de la pièce de Frédéric Lordon nous offre une analyse claire, presque pédagogue, de la situation actuelle de notre monde. Dans le décor chaotique d’une usine désaffectée se succèdent une réunion au sommet des grandes banques, le palais de l’Elysée et la révolte des citoyens qui ne tardera pas à venir. L’analyse est pointue, tout comme les dialogues écrits en alexandrin. Le réalisateur évite de filmer une simple représentation théâtrale et préfère s’approcher au plus près de ces personnages. Les banquiers souffrent presque de leurs gros plans, comme si la caméra voulait grossir leurs défauts jusqu’à les rendre monstrueux.

 

Le Grand Retournement - Jacques WeberCar oui, ce sont de véritables monstres… de théâtre. De Jacques Weber à Franck De La Personne, le casting est impeccable. Tout en maitrisant un texte difficile, les acteurs n’exagèrent le trait que lorsque c’est nécessaire. On accorde une mention spéciale à Patrick Mille qui révèle un talent certain dans un registre auquel il n’est pas habitué. Il fait figure de vérité et on comprend aisément qu’il porte la voix de Gérard Mordillat, dont le parti pris est évident. En utilisant les codes du théâtre classique, il propose un éclaircissement de la situation, accuse la complicité de l’Etat et énonce très clairement son incompréhension face au silence des victimes, le peuple. Le Grand Retournement fait partie de ces films qui, dans quelques années, témoigneront d’une époque. Il s’agit en fait ici de raconter notre histoire avec l’urgence du présent. Le long métrage se termine d’ailleurs tout à fait en accord avec l’actualité, avec des images de révoltes qui ne sont pas sans rappeler celles qui nous parviennent de nos voisins européens.

 

Par Laura Terrazas


Par La rédaction (23/01/2013 à 16h45)
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