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Le Dernier Rempart : Un bon Arnie, un mauvais Jee-Woon

Le Dernier Rempart - Arnold SchwarzeneggerL'un arrive, l'autre revient. Le réalisateur coréen Kim Jee-Woon est parti tenter sa chance aux États-Unis, orchestrant le retour en fanfare d' Arnold Schwarzenegger. Le résultat de cette rencontre absurde est Le Dernier Rempart, où le «dernier héros d'action», campe un shérif à l'ancienne opposé à un trafiquant de drogue vicieux. Amis de la délicatesse, la sortie est par là...

 

Le Dernier Rempart - Arnold SchwarzeneggerPour les deux hommes, Le Dernier Rempart avait incontestablement des allures de quitte ou double. Pour l'Autrichien le plus célèbre du monde, il s'agissait de faire son grand come-back et de reconquérir les cœurs - certes faciles à prendre - des amateurs de testostérone façon années 80, lui que l'on avait vu seulement dans de courtes mais remarquées apparitions au sein du festival gériatrique des Expendables. Le pari est gagnant : dans le rôle un peu convenu mais attachant de shérif âgé mais pas rouillé qui tient à la tranquillité de sa petite bourgade, Arnold Schwarzenegger est comme on l'a laissé : indestructible, avec cette trogne et cet accent cassé inimitables, trainant son corps d'ex-Monsieur Univers au milieu d'un film dont il est l'unique raison d'être. Le plaisir de retrouver les plateaux se lit sur son visage et le retour est glorieux : certes un peu moins mis à contribution physiquement qu'auparavant, Arnold flingue, détruit et tabasse du malfrat, réussissant à faire fi des affres du temps qui passe grâce au style sec et nerveux d'un Kim Jee-Woon qui le filme avec respect et brio, lui offrant une poignée de scènes de bravoures à l'efficacité redoutable.

 

Le Bon, la Brute et le Cinglé - Ji-Woon KimMais en ce qui concerne Kim Jee-Woon, le résultat est un peu plus mitigé. Loin d'être le premier réalisateur asiatique qu'Hollywood déporte pour palier à son manque d'idées ( John Woo, Ang Lee sans oublier ses camarades coréens Chan-wook Park et Joon-ho Bong), la traversée du Pacifique n'a pas été sans encombre pour l'auteur du plus grand thriller de ses dix dernières années (l'extrême J'ai rencontré le diable) et d'une poignées d'autres grands films ( A Bittersweet Life ou le western barré Le Bon, La Brute et le Cinglé, sans doute le plus proche dans l'esprit de ce Dernier Rempart). Niveau mise en scène, son style froid fonctionne toujours, que ce soit lors des scènes nocturnes qu'il filme avec une aura toute particulière ou lors de la géniale fusillade au milieu de la ville. On est même surpris de voir son univers résister à Hollywood, autant dans son habituelle franchise au niveau de la violence (personne ne sera choqué dans les salles, mais le sang et les plaies sont bien là) que dans son sens de l'humour à froid parfois très simpliste, avec des personnages légers (tels que celui tenu par Johnny Knoxville) même pas énervants.

 

Le Dernier Rempart - Arnold Schwarzenegger, Forest WhitakerMais malheureusement, malgré tout cela, le film patine un peu et est entaché de plusieurs défauts très hollywoodiens sur lesquels il est difficile de faire l'impasse. Construit dans l'unique but de préparer un peu poussivement au dernier tiers, certes excellent, du film, Le Dernier Rempart tente désespérément de nous faire suivre aussi l'histoire du côté du FBI (avec à sa tête le toujours sympathique Forest Whitaker) sans jamais réussir à passionner : forcément méprisants, trop sûrs d'eux, ces cyniques en costume, que le scénario oppose maladroitement à la force physique du petit shérif au grand cœur, sont malheureusement omniprésent dans la première moitié du film, laissant le spectateur un peu frustré d'avoir à suivre aussi longtemps ces bras cassés avant que les choses sérieuses ne commencent enfin. La même chose peut être dite sur le méchant trafiquant de drogue ( Eduardo Noriega), pas effrayant pour un sou, un peu beauf avec sa super voiture de course, ennemi par défaut qui ne trouve son utilité que dans le grand duel final. Seul Peter Stormare, en homme de main sans pitié, réussit à trouver sa place en face d'Arnie. Et au fond, c'est un problème plus profond qui mine Le Dernier Rempart. Comme un manque. L'impression qu'aussi réussi que soit le final du film, il reste bien loin de l’extravagance et de la lumineuse simplicité (ou stupidité ?) qui faisait briller des films comme Commando ou Predator. Est-ce la nostalgie à l’œuvre ? Peut-être. Mais pour un film qui cherche autant à nous offrir un cinéma d'action d'avant-hier, il est logique de le comparer à ces classiques qu'il n'arrive pas, malgré ses efforts, à rejoindre...


Par Emilien Villeroy (23/01/2013 à 15h45)
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