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Blancanieves - Pablo Berger : «le muet est la forme cinématographique la plus pure qui soit»

Blancanieves Nous avions rencontré Pablo Berger à l'occasion de son passage à Paris, «ville du cinéma» selon le réalisateur. Moment passionnant avec un cinéaste passionné, pour qui le cinéma est une question de vie ou de mort.

 

 

Vous revenez au cinéma muet et au noir et blanc avec votre film, était-ce dans l'optique de faire un film hommage à ce cinéma ?

Dans un certain sens oui, c'est un hommage au cinéma, mais ce n'était pas ma principale raison pour faire ce film. La raison principale est qu' à mon avis la forme cinématographique la plus pure vient du cinéma muet. Je pense que ce qui fait du cinéma un art unique et tellement différent des autres c'est la façon de traiter l'image. Nous avons des gros plans, des plans rapprochés, des travellings, des superpositions. Quand je regarde des films muets, je ressens des choses que je ne ressentirais pas avec des films parlants donc je voulais faire partager ce sentiment à un plus large public. En tant que réalisateur j'aime connecter les gens entre eux, j'aime partager mes expériences, je suis très romantique vis à vis du cinéma : je fais des films parce que je crois profondément qu'ils sont la forme la plus puissante pour raconter des histoires. Donc oui il y a cette dimension d'hommage au cinéma muet, mais il y a surtout la volonté de regarder en arrière pour créer quelque chose de nouveau et de le partager avec un plus large public.

 

Vous reprenez l'histoire de Blanche-Neige, des Frères Grimm, qu'est-ce qui s'est imposé en premier e fond ou la forme, le noir et blanc ou les deux étaient intrinsèquement liées ?

BlancanievesCe que j'aime le plus à propos des contes de Grimm, c'est qu'ils ont tous et Blanche-Neige particulièrement, une grande simplicité, une pureté, la base de bons ingrédients dramatiques. Le fond et la forme sont en quelques sortes tellement élémentaires, qu'ils m'ont autorisé à créer quelque chose de beaucoup plus large. Si j'avais dû adapter un roman de 300 pages par exemple, je me serais senti comme esclave de l'auteur. Dans le cas des frères Grimm vous n'avez pas cette sensation, parce que les ouvrages ne leur appartiennent même plus, l'histoire de Blanche-Neige est tombée dans le domaine public et appartient maintenant au peuple. C'est une histoire qui synthétise de nombreuses traditions et les Grimm l'ont mise sur papier, c'est la seule chose qu'ils ont faite. Quand je me suis attaqué à l'histoire je me suis senti comme un musicien de Jazz : j'avais cette mélodie, Blanche-Neige, et je l'ai joué. Parfois, dans le jazz vous pouvez vous éloigner de la mélodie, mettre votre propre situation, vos propres personnages et quand vous le souhaitez vous revenez à la mélodie. Ça m'a donné tellement de liberté que c'était vraiment une expérience plaisante de faire un film inspiré par un conte, pas basé, car ce n'est vraiment pas le même processus, Blanche-Neige m'a vraiment servie d'inspiration.

 

Peut-être est-ce le conte qui permet le mieux de transposer les maux de notre époque la quête de pouvoir et de célébrité. D'ailleurs c'est ce qui motive tous les mauvais personnages : le nain tente de tuer Blanche-Neige parce qu'elle lui vole la vedette ou encore le manager se nourrit de celle de Blanche-Neige ?

En Espagne cette idée de célébrité est transportée par tous les médias, les couvertures de magazine, la télévision. Tout le monde ne rêve que de cette célébrité. Donc bien-sûr pour moi c'était une occasion idéale de dénoncer ça en changeant le miroir par une couverture de magazine, vous savez être célèbre juste pour être célèbre. Mais si nous revenons à l'histoire originelle de Blanche-neige, le personnage de la belle-mère, n'est pas la belle-mère de Blanche-Neige justement, mais sa mère biologique. L'ambiguité entre la mère et sa fille est alors d'autant plus grande et pourrait être parfaitement transposée aujourd'hui : en plus de ce complexe d'Oedipe, il y a également des éléments qui renvoient au mythe d'Electre. Tous ça entremêlé permet de mettre en relief le phénomène actuel des mères qui se voient vieillir douloureusement, perdre leur beauté et en même temps leurs filles grandir et devenir ce belles jeunes femmes, c'est un sentiment complexe. Le fait que dans l'histoire originale, le personnage ne soit pas une belle mère, ça m'a toujours fasciné !

 

BlancanievesEn opposition les bons personnages ne se soucient pas de la célébrité, mais vont jusqu'à mourir pour l'amour de l'art, le torero risque à chaque fois sa vie, la grand-mère meurt en dansant. Est-ce que vous avez exprimé ici votre rapport à l'art, au cinéma ?

Ce rapport entre la vie et la mort qui existe dans l'existence, finalement c'est comme une corrida. Je voulais avoir dans ce film des personnages malfaisants, des situations vraiment terribles, mais combinés en même temps à tellement d'amour. Dans cette optique, la grand-mère meurt en dansant pour sa petite-fille, le père accepte la mort parce qu'il ne peut plus voir son enfant, donc pour moi mourir pour l'amour des vôtres ou encore pour votre art va de soi. Je pense que si l'on prend ma vie en tant que réalisateur, à chaque fois que je fais un film, j'ai l'impression que ça peut être mon dernier, je donne tout. Je pense toujours au film d' Herzog, Fitzcarraldo avec Klaus Kinski, faire un film d'une certaine manière est une question de vie ou de mort. On doit arriver à la fin du voyage quoi qu'il arrive, quoi que ça demande. Quand un réalisateur fait un film, il y met son univers personnel donc dans Blancanieves il y a bien-sûr l'histoire de frères Grimm, mais il y a aussi la question de ce qu'est qu'être père, dans mon cas je me la suis posée avec l'arrivée de ma fille ou encore la question de ce que c'est de faire un film, vous mettez votre vie entre parenthèses pour créer quelque chose.

 

On sent justement que Blancanieves est une déclaration d'amour au cinéma : on voit les références multiples : au cinéma expressionniste allemand, mais aussi aux films d'horreur d'Universal, surtout à la fin, comme ceux de Tod Browning, également au cinéma gothique. Est-ce que ça vous semble juste ce que je dis ?

Oui ce que vous dites est totalement juste, le fait est que, en tant que réalisateurs, nous vivons notre vie à travers le cinéma, c'est notre fenêtre sur le monde. Nous sommes aujourd'hui très différents des réalisateurs d'autrefois, comme John Huston ou John Ford, ils parcouraient le monde, faisaient des safaris, ils faisaient 6 mariages... (rires) Nous sommes vraiment ennuyeux comparés à ces grands cinéastes ! Donc le cinéma devient vraiment primordiale pour notre façon de travailler, de voir le monde et automatiquement mon film devient truffé d'hommages au cinéma muet et surtout au cinéma muet français, celui que j'aime le plus, j'adore Abel Gance, Jean Epstein ou encore Marcel l'Herbier, Julien Duvivier même Jean Renoir fait des films muets, c'est définitivement ma période cinématographique préférée. Mais je n'aime pas uniquement le cinéma muet, comme vous avez dit, je me tourne aussi vers les films d'Universal, Dracula est vraiment une référence et le cinéma gothique aussi, avec des films comme Rebecca. J'ai aussi des références classiques comme Citizen Kane. Mais je n'ai vraiment pas essayé de faire une copie de tous ces films, mais un film bien-sûr inspiré de tout ce savoir, surtout accessible au spectateur d'aujourd'hui, de construire une narration avec différents rythmes, mais aussi différentes auto-références, Tod Browning. Le film peut même être considéré comme un jeu pour les cinéphiles, qui devront trouver le références cinématographiques.

 

Votre film est aussi une déclaration d'amour à la culture espagnole : le figure du roi dans le conte devient pour vous un torero, la reine une danseuse de flamenco, puis vous avez choisi des acteurs emblématiques : Angela Molina, qui est absolument magnifique et qui a joué dans Cet obscur objet du désir de Bunuel notamment, Maribel Verdù aussi. On peut dire ça ?

BlancanievesLa chose amusante est que je suis Basque, je vient de Bilbao, je suis peut-être plus proche de la France que du sud de l'Espagne, parce que la culture espagnole dont on parle, le flamenco, la corrida, est en réalité la culture d'Andalousie. Pour moi elle a toujours été très mystérieuse et exotique, mon approche est donc celle de quelqu'un d'extérieur, mais en même temps de quelqu'un d'initié. La corrida est aussi très cinématographique, c'est du mouvement, tout comme l'est le cinéma j'ai toujours trouvé un côté assez magique au fait qu'elle parvienne à intégrer le public au processus. Pour le flamenco, c'est juste que c'est une musique qui s'adresse directement à votre cœur, tellement bouleversante. Ces ingrédients, bien que je ne crois pas en la notion de nationalisme, je me sens comme un réalisateur Européen avant tout, le film est d'ailleurs une co-production européenne, entre l'Espagne et la France, construisent l'identité de chaque pays, et quelques fois je pense qu'il est intéressant d'utiliser ces éléments locaux pour essayer de créer une chose commune et nouvelle. Pas d'imiter, mais un mélange surprenant, vous savez les français ont une grande culture et pourquoi ne pas utiliser des ingrédients hispaniques pour faire quelque chose de local et en même temps d'universel.

 

Nous parlons de la Corrida avec laquelle le film a un rapport ambigu, parce qu'elle est en même temps sacralisée en la montrant comme un art et pourtant c'est toujours le taureau qui l'emporte, il blesse le père et est épargné à la fin. Qu'est-ce que vous avez voulu dire ?

Je ne sais pas pourquoi je sauve toujours le taureau...(rires). J'écris en partant toujours d'images, avec mon subconscient d'abord et ensuite je mets de l'ordre, je dois trouver un ordre dramatique. Dans ce genre de situation certaines images ne sont pas forcément claires et sont produites par le subconscient. Mais j'ai toujours été fasciné par le taureau, ce qu'il représente et toutes les connotations qui lui sont lié. A la fin, la corrida peut être un peu comme une représentation du monde, il y a la vie et la mort, un protagoniste et un antagoniste. Dans la fiction comme dans la vie vous ne savez pas qui va gagner cette bataille et dans mes films ceux qui gagnent sont toujours les taureaux, et le véritable taureau du film est au même plan que les autres personnages. Je dois ajouter que c'est vraiment difficile de travailler avec un taureau parce que ce n'est pas comme un acteur à qui vous pouvez indiquer de rester ici sans bouger ou de faire telle ou telle chose. Pour faire faire au taureau ce qu'il fait dans le film il faut y aller doucement, tout le monde doit être très concentré, parce que c'est dangereux, effrayant. Ça devient très compliqué de créer un personnage avec un taureau, mais avec la magie du cinéma, le montage, les effets spéciaux on a réussi à faire ce qu'on voulait !

 

J'ai lu que vous aviez aussi eu des difficultés avec le coq du film ?

Oui ! Notre film comporte tout ce dont Hitchcock avait dit « ne travaillez jamais avec dans un film » : des enfants, des animaux, même beaucoup d'animaux. Le coq était vraiment compliqué, c'est très français un coq non ?! Précisément il était très difficile avec le dresseur, parce qu'il a vécu avec lui pendant cinq mois, dans sa maison, donc tous les jours à cinq heures du matin il le réveillait en chantant. Donc il n'attendait qu'un chose, c'est que le film se termine parce qu'il devenait fou, il ne dormait plus il était toujours très fatigué. Mais nous avons utilisé plusieurs coqs, un qu'il traitait comme un animal domestique pour que l'on puisse le porter, le câliner, comme dans le film, mais nous en avions également quatre ou cinq autres sauvages, de la même allure, de la même race. Mais le docile se comportait vraiment comme une star de cinéma, une diva, il ne voulait pas bouger quand on lui disait, il ne voulait pas jouer au moment prévu, il ne voulait pas mettre le petit foulard qu'il porte... Mais l'image du coq pour moi restera toujours celle du film de Bunuel, Los Olvidados. Cet animal est en quelques sortes un élément surréaliste et il ne peut être autre chose qu'un animal domestique, je ne sais pas pourquoi cette idée est restée avec moi depuis le début de la rédaction du scénario.

 

The Artist - Bérénice Bejo, Jean DujardinQuand on voit votre film, on ne peut s'empêcher bien-sûr de penser à un autre sorti l'année dernière, The Artist. Comment avez-vous réagi lorsqu'il est sorti, de façon positive parce qu'il ouvrait la voie ou alors au contraire ça vous a un peu découragé ?

Quand le film The Artist est sorti en salle j'avais déjà tourné Blancanieves. Ce projet est venu directement après mon premier film, Torremolinos 73 qui est sorti en France en 2005 et à cette époque le scénario était déjà terminé et sur la première page il y avait noté que c'était un film muet en noir et blanc. Torremolinos 73 a été un très grand succès en Espagne et a eu une vie à l'international, il a été sélectionné dans de nombreux festivals, donc j'étais dans une position où je me disais « ok bon il est temps maintenant de faire mon deuxième film ». J'avais le projet de Blancanieves mais tous les producteurs s'arrêtaient à la première page, dès qu'ils voyaient écrit « muet noir et blanc » ils n'allaient pas plus loin. Le scénario a continué de passer entre les mains de plusieurs producteurs, qui le trouvaient souvent aussi trop coûteux, avant de trouver un producteur qui envisage lui aussi le cinéma comme une question de vie ou de mort, qui aime prendre des risques, quelqu'un comme Ibon Cormenzana ou encore Jerôme Vidal, producteur français avec qui nous avons aussi fait le film. Nous avions enfin un partenariat fort avec ces producteurs qui croyaient vraiment au projet, mais ça nous a pris 8 ans pour trouver assez d'argent pour financer le film. Personne n'y croyait, les gens nous prenaient pour des fous donc The Artist n'a rien changé, ce n'est pas comme s'il m'avait aidé, parce que quand il est sorti j'avais déjà passé toutes ces épreuves et j'avais même fini de tourner mon film. Mais au début je n'étais pas vraiment enchanté lorsqu'il est sorti, parce que après 8 années de travaille arrive un film avec exactement le même concept, c'est-à-dire un film muet en noir et blanc adressé à un public très large. Parce que nous ne sommes pas les seuls à faire ça, de nombreux réalisateurs ont tenté l'expérience, mais pour un public plus avisé, plus cinéphile. The Artist et Blancanieves partagent cette ambition de s'adresser aux cinéphiles, aux critiques, au public de festivals mais également aux personnes qui ont l'habitude d'aller dans des multiplex ou qui n'ont jamais vu de film muet de leur vie. J'ai dû alors au début me dire « bon ok, le concept principal ne m'appartient plus » mais le jour suivant je me suis rendu compte que finalement c'était tout l'opposé, c'était une bonne chose parce que The Artist est un si grand succès qu'il a ouvert les portes et maintenant arrive Blancanieves et j'espère derrière lui encore d'autres films muets en noir et blanc. Je pense que c'est une bonne chose que les réalisateurs regardent en arrière et n'oublient pas le processus de narration qui est l'essence du cinéma et c'est ce qui fait que chaque film est unique, donc j'espère vraiment que d'autres films comme ça vont arriver et peut-être que la prochaine fois ils viendront d'Angleterre ou d'Italie. Evidemment je ne dis pas que tous les films devraient être en noir et blanc et muets ! Mais j'espère qu'il y aura toujours cette espace pour continuer d'expérimenter parce que c'est vrai, le muet demande plus d'effort de la part du spectateur mais s'il tombe sous le charme, il peut facilement se laisser hypnotiser par le cinéma muet. Je crois vraiment que les sensations sont beaucoup plus exacerbées que face à n'importe quel autre cinéma : les passions sont plus fortes, les émotions aussi, on pleure plus, on rit plus parce qu'on doit être beaucoup plus ouvert, plus attentif.

 

Votre film est bien parti en tout cas, il a déjà reçu 2 prix au festival de San Sebastian et il est sélectionné pour représenter l'Espagne aux Oscars. Est-ce que vous vous attendiez à un tel accueil ou au contraire avez-vous eu peur de l'accueil qu'on pourrait réserver à un tel film ?

Un réalisateur doit toujours rester très positif. Chaque matin pendant huit, vous devez vous lever en vous disant que l'histoire que vous défendez est la meilleur que vous ayez eu à tourner et vous devez le faire avec passion et avec tout votre cœur. Evidemment vous avez besoin d'avoir des compagnons de voyage, pour les fois où vous avez des moments de faiblesse, moi j'ai ma femme, qui est aussi ma collaboratrice de longue date, nous avons une maison de production, j'avais aussi mes producteurs. Nous croyions tellement en ce projet que nous avons toujours pensé que nous allions y arriver et je pense que de ce point de vue je suis très basque, parce que nous les Basques sommes très entêtés, déterminés, nous sommes un peu comme des taureaux. Je ne me posais pas de questions, je devais le faire, je suis en un certain sens très romantique, je n'abandonne jamais ce en quoi je crois, ce que j'aime. Même après toutes ces années plus ou moins difficiles je n'ai pas de rancoeurs envers ceux qui n'ont pas voulu produire Blancanieves je en suis pas du genre à dire « Ah vous voyez, je vous l'avais dit ! ». Non ! Je comprends c'est difficile, imaginez en 2005 de produire un film muet, noir et blanc, coûteux. Moi d'un autre côté je suis persuadé que le public est toujours avide de nouvelles expériences et que parfois les distributeurs, les producteurs, la télévision le sous-estiment et sont persuadés qu'il faut leur donner la même chose que ce qui a déjà marché. Réalisateurs, Scénaristes, nous avons une autre vision, nous n'avons aussi pas le même parcours et nous ne pensons pas en terme de succès, je pense « c'est une histoire que je veux raconter. Pourquoi ? Parce que j'ai besoin de la raconter ». Si la base de la narration est claire et qu'elle suscite l'empathie, l'émotion, le reste, si c'est du noir et blanc, de la 3D, la façon dont tu tournes le film, n'a pas d'importance. Ce qui compte le plus c'est que s'il y a une histoire et de la sincérité, le public suivra toujours.

 

Qu'est-ce que vous souhaiteriez que le spectateur retienne à la fin du film ?

BlancanievesJe voudrais vraiment que le spectateur ressente le film, sans même y réfléchir, qu'il devienne comme une espèce d'expérience sensorielle. Ce que j'aimerais, c'est que durant ces 2 heures il s'oublie lui-même, et pénètre l'écran comme une sorte de voyage dans le temps, dans le monde de Blancanieves. Pour moi, ce serait le meilleur que je pourrais espérer de mon film.

 

Vous dites que vous aimez aller là où on ne vous attend pas où allez-vous aller ensuite ?

Maintenant je voyage beaucoup, je vis dans une valise ! Je ne sais plus si j'arrive ou si je pars (rires). En ce moment je suis ici à Paris et j'en suis vraiment heureux parce que la France est sans aucun doute la capitale du cinéma, ce n'est absolument pas Hollywood. Mes films sont produits, distribués en France, et je suis sérieux, il y a en France de très bon journalistes cinéma, donc c'est un plaisir toujours de venir. Pour les cinéastes venir à Paris c'est idéal. J'ai déjà un scénario de prêt, parce que ça m'a pris tellement de temps pour faire Blancanieves que j'ai eu le temps d'écrire quelques petites choses, mais j'ai besoin d'un mois pour m'arrêter, me poser et déterminer quel sera mon prochain mouvement. J'ai des offres de différents producteurs, j'ai aussi été en Amérique donc j'ai été tenté par des producteurs hollywoodiens. Je ne sais vraiment pas, je vais peut-être écrire un nouveau scénario ! Mais je ressens vraiment le besoin de me laisser du temps pour penser. Mais ce que je sais c'est que je fais toujours le contraire de ce que je suis censé faire, comme vous l'avez dit. Mon premier court-métrage s'intitulait Mama, avec lui nous avons gagné tous les festivals de cinéma d'Espagne, nous avons été un peu partout, à Clermont-Ferrand, j'avais 23 ans et on m'a offert de faire un long-métrage en Espagne et j'ai dit « non je préfère aller à New-York », parce que j'avais envie d'aller à l'université, d'étudier le cinéma. J'ai donc quitté l'Espagne, j'ai vécu 9 ans à New-York et tous mes contacts étaient en Amérique et j'ai écrit un scénario pour lequel j'avais besoin d'aller en Espagne ! Puis une fois en Espagne après le Torremolinos 73 - Javier Camarasuccès de Torremolinos 73, on m'a proposé de faire le même genre de film, une tragi-comédie avec des acteurs très connus et au lieu de ça, j'ai voulu essayer de faire quelque chose de totalement différent, de fou, du muet!(rires) Même si ma carrière a été longue, dans le temps, avec des films qui sont restés, j'espère que mon prochain sera pareil, que je ferais quelque chose de nouveau, que je n'ai pas encore expérimenté. J'apprécie vraiment ce genre de voyage vers l'inconnu qu'est de faire un film.

 

Peut-être un film hollywoodien alors ?

Peut-être ! (rires)


Par Camille Esnault (23/01/2013 à 12h58)
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