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Blancanieves ou un moment de cinéma captivant

Blancanieves Pablo Berger réinterprète le conte des frères Grimm en le plongeant dans une Espagne des années 20 mythique et mystique. Blanche-Neige y évolue toujours brimée par une marâtre brillamment interprétée par Maribel Verdù, mais qui s’émancipera en tant que personne et que femme en occupant la place la plus symboliquement masculine de la société espagnole, celle de torero.

 

BlancanievesTrois versions de Blanche-Neige ont été tournées l’année dernière et celle de Pablo Berger n’a rien de commun avec les autres et relève bien plus de Bunuel que d‘un Rupert Sanders ou d’un Tarsem Singh. Son Blancanieves est plus prétexte à un hommage manifeste au cinéma, à travers d’abord celui évident au cinéma muet, de Murnau, de l’ Herbier ou encore plus loin de Browning et à son noir et blanc ici sublimé. Une réinterprétation de ce cinéma, déjà remis au goût du jour avec The Artist, maîtrisée et rigoureuse, qui nous replonge directement dans cet âge d’or, comme une expérience en même temps hors du temps.

 

BlancanievesC’est ainsi qu’il faut vivre le long-métrage de Berger, comme cette expérience dans laquelle on se laisse emporter sans réfléchir, juste pour ressentir. C’est bien le but du réalisateur, qui déclare avoir choisi l’histoire des frères Grimm pour sa taille limitée et sa simplicité d’interprétation et donc d’appropriation. Il voyait en elle le matériel idéal pour développer sa narration autour de valeurs comme la transmission, l’hérédité, le mérite ou encore la place de la femme dans la société espagnole. Ce pays, ses traditions et son cinéma hantent le long-métrage. Son scénario fait de Blanche-Neige un torero, fille d’un des plus célèbres du métier et d’une danseuse de flamenco et petite fille, de Dona Concha, interprétée par la magnifique Angela Molina, muse tour à tour de Bunuel et Almodovar. La bande son hispanisante, renforce l’expérience qui obtient des résonances bien actuelles alors lorsque ce qui anime les mauvais personnages n’est plus la beauté ou la jeunesse éternelle, comme dans le conte originel, mais la recherche de gloire et de popularité, sans avoir rien effectué de méritant pour l’obtenir.

 

BlancanievesEn même temps qu’il jette un regard vers à un cinéma qui a disparu Blancanieves regarde le monde qui l’entoure et devient ainsi, en même temps que contemporain très inventif et novateur, bien plus qu’a pu l’être le film d’ Hazanavicius. Alors même si le pastiche a quelques longueurs et nous lasse par moment, l’émerveillement reprend le dessus et nous restent seulement ces moments de cinéma captivants.


Par Camille Esnault (23/01/2013 à 12h21)
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