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Maniac : le sadisme, le gore et le remake

ManiacRemake du film éponyme de William Lustig (1980) inspiré d’histoires vraies, Maniac perd en cours de route les charmes de l’ambiance crasseuse des films de série Z qui justifie leur style sadique et gore. D’un New-York anxiogène des années 80 entre grandeur et étroitesse angoissante, à un Los Angeles lisse et surcodifié, le film perd son âme.

 

Maniac - Elijah WoodLe moustachu génialement interprété par Joe Spinell s’est transformé en post-adolescent boutonneux et coincé avec Elijah Wood moins effrayant que dans Sin City ou le court-métrage vampirique de Paris, Je t’aime. Le personnage du serial-killer aurait-il perdu son intérêt cinématographique dès lors que les conventions du cinéma évoluent tandis que les siennes stagnent ? Traumatisme d’enfance œdipien au possible, hallucinations de victimes morts-vivantes qui viennent hanteur l’anti-héros, hobby et attitudes téléphonées : vous en aurez pour votre argent question découpages au rasoir ou au couteau de chasse, vous flairerez l’arnaque question intrigue, profondeur des personnages et gratuité du sadisme malsain construit moins pour déstabiliser le spectateur avec les pulsions du personnage que pour contenter les pulsions du spectateur lui-même.

 

ManiacProblème de genre et d’époque ? La série Z serait-elle enfermée dans l’écrin des années 70/80 ? Les personnages dans les films de serial killer, à l’instar des personnages de films de zombies sont affectés d’une ignorance étrange, ils ne savent pas qu’un type renfermé sur lui-même et dont l’unique passe-temps est de restaurer de vieux mannequins de magasins est forcément dangereux. Avec eux, c’est le film qui ignore les clichés de son propre genre. Maniac ne déroge pas à la règle sauf que ce qui offre un ressort comique et jubilatoire indéniable au film de zombie (la niaiserie abyssale de ses personnages), gratifie ici le film d’une bêtise qui aurait pu être évitée avec une dose moins forte de complaisance. La caméra subjective nous rend le premier meurtre surprenant et tous les suivants fatigants. A dans trente ans pour un nouveau remake ?

 

Par Léo Pinguet


Par Léo Pinguet (03/01/2013 à 13h08)
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