Se connecter | Créer un compte



News

 

Une Estonienne à Paris : Jeanne Moreau déracinée

Une Estonienne à Paris Une Estonienne à Paris est le premier long-métrage d’ Ilmar Raag. Entre l’Estonie et la France, il développe, un peu maladroitement parfois, une fable sur les amours mortes et le temps qui passe.

 

Une Estonienne à ParisUne Estonienne à Paris a beaucoup des défauts qu’on peut retrouver dans de nombreux premiers longs-métrages : un scénario un peu faible, qui s’essoufle vite et se conclut tout aussi vite, des personnages allégoriques, qui ne réussissent pas vraiment à prendre corps, enfermés par les idées qu’ils représentent et pas mal de bon sentiments. Si on ne peut s’empêcher de noter toutes ces maladresses d’Une Estonienne à Paris, premier long-métrage de Ilmar Raag, on ne peut non plus s’empêcher d’être totalement séduit par le rendu final. On ne se lasse pas des pérégrinations du personnage qu’interprète Jeanne Moreau, d’abord tatie Danièle aux répliques assez savoureuses pour finir en sorte de Madame Claude sponsorisée par Chanel. L’autre partie du casting n’est pas en reste, avec une Laine Mägi toute en délicatesse qui garde la tête haute devant la géante Moreau.

 

Une Estonienne à Paris - Jeanne MoreauLa mise en scène délicate, jamais excessive permet le développement tout aussi délicat d’une relation qui naît devant une autre qui est perdu depuis longtemps, l’amitié fraternelle remplace l’amour passionnel et charnel et permet à deux âmes déchues de briller encore un peu. On aurait aimer connaître un peu plus ces deux âmes grises. Peut-être est-ce l’Estonie qui nous manque à nous comme aux personnages déracinés, car trop vite expédié dans un prologue si bon qu’on aurait souhaité en voir plus et pouvoir ainsi saisir cette atmosphère Baltique. Le film ne prend pas le temps de l’instaurer et se précipite à Paris et ses très beaux quartiers sensés être le côté pile de cette face, l’Estonie, qu’on n’a seulement eu le temps d’apercevoir.

 

Une Estonienne à Paris - Jeanne MoreauNéanmoins le charme agit et on ressort de ce film définitivement un peu plus léger que l’on était entré, séduits par cette fable sur le temps qui passe et les relations qui changent avec lui.


Par Camille Esnault (26/12/2012 à 18h00)
Envoyer à un ami Ajouter un commentaire
 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook

Zoom Avant

Zoom Avant