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Je m'appelle Ki ou le récit d'une mère céli-battante des temps modernes

Je m'appelle KiKi. C'est comme cela que l'on prénomme la jolie polonaise. Elle a du charme, pas mal de charisme, et sans conteste de l'énergie à revendre. Jeune mère égocentrique, pas tout à fait comblée par son nouveau «ménage à trois», on la voit doucement mais sûrement s'évader, à la recherche de nouvelles saveurs, d'un nouvel élan de vie. Son désir de changement lui permettra t-il d'être (enfin) satisfaite par son existence ? Pas si sûr ! Car tout quitter pour se réinventer se révélera semé d'embûches.

 

Je m'appelle KiKi ressemble à ce que l'on pourrait aisément diagnostiquer comme ambivalente, pour ne pas dire cinglée. On comprend dès les premières scènes son mal-être au coeur même de son couple, comme si «elle savait qu'elle méritait mieux». Elle, chipie décontractée (pour ne pas dire sans gêne ne se sent décidément pas faite pour une vie ordinaire. Bosser ? D'accord, si cela est vraiment obligatoire, elle y va. Mais à SON rythme, et en usant uniquement de ce dont elle est le plus fière: sa plastique. Tour à tour modèle nue pour les Beaux Arts, puis danseuse de charme au sein d'un club plus ou moins mal famé elle y va, ose et ferme les yeux pour se donner du courage, gardant à l'esprit les quelques billets qui la récompenseront en échange, ne se préoccupant en rien des ennuis que ce genre d'emploi pourrait lui causer. (ndlr: notamment lorsque l'un des clients du club où elle se trémousse se révèlera être le directeur de l'aide sociale qui lui permet de se nourrir...) Narcissique, elle pense valoir de l'or, mais oublie trop souvent que les opportunités ne lui tomberont jamais du ciel.

 

Je m'appelle KiElle n'est pas gênée, et pense qu'il va de soi que l'ensemble de la planète soit aux petits soins à son égard. C'est donc tout logiquement qu'elle s'incruste, avec son fils, chez une de ses amies, n'en pouvant plus de son compagnon. Dès lors, elle s'approprie l'espace de manière indécente, faisant fi de l'avis mitigé de sa copine et du colocataire présent, Miko. Elle pense d'ailleurs, comme toujours, que le jeune homme ne pourra résister à son charme et l'aidera coûte que coûte. Aux premiers abords, l'homme n'apparaît pas très avenant envers Ki et son fils, sans doute lassé de cette double présence qu'il n'a pas choisi, au sein même de son cocon. Mais les jours passant, Miko s'attache, bien plus au bambin qu'à l'héroïne, et accepte d'aider cette dernière lors d'un contrôle de l'aide sociale, en se faisant passer pour le père de substitution, voulant éviter de séparer mère et enfant.

 

Je m'appelle KiKi voit dès lors une preuve tangible de l'intérêt que l'homme lui porte, et décide de tout miser sur lui. Parallèlement à cette recherche de stabilité affective (et on peut le dire, matérielle), la jeune femme s’essaie à la réalisation d'un court métrage, voulant montrer aux femmes et au monde tout entier à quel point le rôle de mère vole la vie des femelles, les empêchant de se réaliser pleinement. Car finalement, elle aime son fils, mais le considère comme un boulet, un poids trop lourd à porter. Elle reste dans une optique d'adolescente, sortant jusqu'au bout de la nuit sans se préoccuper des conséquences. Elle refourgue son enfant à la première de ses connaissances semblant capable de le supporter pour la nuit, ou l'emmène carrément avec elle lors de ses virées où drogues et alcool font parti intégrante de ses loisirs nocturnes. On a la sensation que la jeune femme ne veut pas grandir, cela semble à ses yeux un comportement tout à fait normal, jusqu'au jour où le petit Piotrus s'évanouira dans les bras de l'une de ses amies droguée...

 

Je m'appelle KiAu fil du temps, voyant sa situation se dégrader et son entourage fuir tour à tour, Ki prendra peu à peu conscience que la condition de mère, célibataire de surcroît, lui demandera bien plus que ce qu'elle n'était prête à donner jusqu'alors. Un film qui vaut la peine d'être vu, et qui fera réfléchir les plus jeunes d'entre nous avant de mettre au monde leur premier bambin.

 

Par Sophie Masson


Par La rédaction (19/12/2012 à 17h12)
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